Non mais là y’en a partout…

Non mais là y’en a partout…

Je n’aime pas le bazar, le fouillis, le bordel, les trucs qui traînent, les papiers qui s’entassent, ce qui n’est pas à sa place et ce qui n’a rien à faire là !

C’est comme ça. C’est génétique certainement, c’est maladif sans doute, c’est névrotique ou tout ce qu’on veut, mais c’est comme ça ! Quand ça traîne chez les autres, c’est pas grave. Parfois ça a même du charme. Mais chez moi, non. Chez moi, quand ça traîne et que ça dépasse, ça fait moche et négligé. J’avais pourtant pensé que dans une maison de campagne ce serait différent, parce que le négligé au milieu des vieilles pierres, ça fait chaleureux et vivant. Mais en fait non. En tout cas pas dans ma maison. C’est pas grave, j’en ai pris mon parti, j’assume et je range. Et je râle après ceux qui ne rangent pas, ou qui rangent mal. Normal !

Avant d’avoir des enfants, comme tout le monde j’étais naïve. Je savais qu’un bébé ça changerait tout, que rien ne serait plus comme avant, etc etc… mais finalement ce n’étaient que des mots. Je n’avais absolument pas conscience de ce qui se cachait derrière. En clair, j’avais plein de jolis principes et je me permettais même de critiquer les méthodes ou les attitudes de certains parents (je le fais encore, sauf que maintenant j’ai le droit et que je suis un peu plus indulgente…!). Par exemple, je ne comprenais pas pourquoi un salon pouvait encore ressembler à un champs de bataille alors même que les enfants étaient couchés depuis longtemps ! Bien sûr pas chez les familles qui vivent dans peu d’espace et où il n’y a pas tellement de possibilités pour ranger les jouets. Encore que, Ikéa fait de super caisses en plastique.. Mais quand il s’agissait d’un appartement ou d’une maison avec assez de chambres, je ne comprenais pas pourquoi tout n’était pas rangé une fois le moment des jeux terminé. Bon, ça ne m’a jamais empêchée de dormir, mais honnêtement j’admets avoir pensé que ces gens étaient des feignasses, parce que c’est quand même pas compliqué de ramasser trois jouets !

Puis Poussin est né.

Les premières semaines, il y avait des moments où notre appart ressemblait à une ville dévastée par un tsunami. Après les bains, après les changes avec jets de pipi (sur maman, sur le matelas à langer et sur le parquet), quand je devais interrompre la préparation d’un plat ou un lavage de salle de bain pour répondre aux besoins urgents de ce petit truc chevelu qui hurlait comme une mouette malade… Mais le soir, tout était rangé ! J’étais éreintée, sur les nerfs, en larmes et pleine de cernes, mais si quelqu’un était venu à l’improviste il aurait trouvé un foyer propre et parfaitement ordonné. On l’aura compris, avec le recul je pense que j’ai été bien nouille, et qu’au lieu de jouer à Caroline Ingalls j’aurais du profiter des rares siestes de mon bébé pour dormir aussi ! Quoi qu’il en soit, sur le coup je pensais que « oui, c’est chaud mais ah ah ah, la maison nickel avec un bébé, c’est possible ! J’suis pas une feignasse moi, j’assure ». Oui, je suis à tarter, parfois…

Ensuite les choses se sont régulées, j’étais beaucoup moins fatiguée et mon bébé a grandi. La journée, j’installais souvent son petit tapis dans le salon plutôt que dans sa chambre, et j’y apportais une partie de ses jouets. Le soir, tout était rangé. Le tapis bien plié dans un coin de sa chambre, les jouets dans le coffre, et le salon retrouvait son aspect normal. En 15 minutes à peine, finie l’aire de jeux, retour au salon d’adultes avec chaque chose à sa place. Facile ! Les mois passaient, et je trouvais toujours que vraiment, ceux qui ont un salon plein de jouets et rempli de trucs qui traînent, c’est parce qu’ils le veulent bien. Et puis ils n’ont qu’à apprendre à leurs gosses à ranger ! Mouais…

Bizarrement, je suis devenue beaucoup plus indulgente et tolérante quand mon fils a été capable de passer d’une pièce à l’autre en y transportant des objets… Ce qui correspond à peu près à l’apprentissage de la marche. D’un coup, il a eu les mains libres pendant ses déplacements, et il en a profité ! Il en a profité pour semer tout un tas d’objets partout dans la maison, le bougre ! Ses jouets n’ont plus simplement fait le déplacement chambre-salon, mais ils se sont aussi retrouvés dans la salle de bain, sous les meubles de la cuisine, derrière le panier du chat, sur  notre lit… Le Poussin étant grand, il a très vite su ouvrir les portes, ce qui lui facilitait grandement la tâche pour répandre son bazar et changer nos affaires de place ! Au début je rangeais encore, le soir, en me contorsionnant pour aller rechercher une pince à cheveux sous le canapé, en faisant trois fois le tour de l’appart pour retrouver un marque-page… On faisait un petit tas avec ses jouets, tout bien mis dans un coin, pour pouvoir vite tout ranger le lendemain matin. A partir de là, j’ai commencé à trouver des excuses aux gens dont l’intérieur est rempli de jouets, et à comprendre qu’en devenant une famille, notre appart allait définitivement changer d’aspect !

Maintenant ça fait partie de mon quotidien, les jouets qui traînent dans le salon et les objets retrouvés dans des endroits insolites. J’essaie encore de faire des petits tas à remettre dans les chambres des enfants le lendemain, mais pas toujours. Je range le linge, la tasse de café que trop souvent je dois abandonner à côté du PC pour aller récupérer une Belette qui a terminé sa sieste, je remets à leur place les bavoirs et je jette les mouchoirs sales, mais souvent je laisse les jouets. Parce que j’ai la flemme, parce que finalement ça m’amuse de voir ce tracteur planqué derrière un fauteuil (parce qu’en fait le fauteuil tout à l’heure c’était une grange !), ces tasses de dînettes posées sur l’égouttoir à vaisselle (et j’imagine le Poussin sur la pointe des pieds qui a du galérer à les hisser !)… Et parce qu’ainsi, le lendemain matin, un petit garçon en pyjama peut reprendre ses jeux là où il les avait laissés.

Bon, ça m’agace quand même de retrouver cette satanée voiture de pompier dans la salle de bain, parce qu’un jour on va vraiment s’étaler en lui marchant dessus la nuit… Si le jardin n’était pas systématiquement parsemé de jouets (et de ces putains de tréteaux vermoulus, Papa-des-Champs si tu me lis !)ce serait sympa aussi. Si je pouvais passer un accord avec mes enfants, je m’arrangerais pour qu’on range ensemble l’essentiel, et qu’en échange ils puissent disséminer un certain pourcentage de jouets dans les pièces communes. Et qu’on épargne la bibliothèque, qui n’est pas un endroit pour poser des cailloux, ni une auberge pour doudous mâchouillés, et encore moins un présentoir à mouchoirs sales (ni à tournevis, Papa-des-Champs !!!).

La maternité m’a rendue moins maniaque et plus tolérante, mais pas complètement détachée ! Ca tombe bien, j’avais pas non plus envie de trop changer ;-)

 

3 Responses »

  1. huhu j’ai bien ri en lisant ton post ^^
    C’est marrant comme les enfants apprennent à la fois ce que sont les vrais responsabilités mais aussi à lâcher (un peu) prise.
    Pour moi ce n’est toujours que des mots mais vu que les jouets de Cleo trainent déjà partout, je vois déjà la tournure que ça risque de prendre ;D

  2. En ce moment avec la fin des travaux et les enfants, si je ne lâche pas un peu prise je vais finir hystérique… :D
    Les jouets de chat qui traînent c’est sympa aussi, et il y a forcément un moment où les bébés ont envie d’y jouer !

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