Archives mensuelles : novembre 2012

Visages de ma campagne

Visages de ma campagne

Je l’avais déjà un peu évoqué dans un précédent article, nous habitons un tout petit hameau avec très peu de maisons. Les anciens propriétaires de notre maison nous en avaient dit beaucoup de bien, ils aimaient ce lieu et n’ont pas tari d’éloges sur ses habitants. C’était forcément rassurant, mais ça faisait aussi partie de la transaction et de la « pub » ; ils nous auraient dit que tous les voisins étaient des cons, on aurait moyennement eu envie de nous y installer… Dans une semaine, cela fera trois mois que avons emménagé, et force est de constater qu’ils avaient raison ! Les gens sont accueillants, souriants, serviables mais pas du tout envahissants. Cet avis est apparemment partagé dans les environs, puisque la factrice et le vétérinaire (j’aime mes références !) ont même été jusqu’à employer l’expression petit paradis pour qualifier notre hameau (ils n’y habitent pas, donc leur avis est plus ou moins objectif). En plus de la bonne ambiance qui y règne, je suppose que cela tient aussi à notre situation un peu « en dehors du monde », aux paysages et aux maisons qui sont plutôt jolies et bien entretenues. Le petit détail en plus, c’est qu’à part pour se rendre ici, aucune voiture n’a de raison de passer à B. Les routes sont ainsi organisées que le hameau ne se trouve sur le passage d’aucun autre village, il faut bifurquer pour arriver jusqu’à nous. Il y a donc très peu de voitures, elles roulent lentement, et c’est bien agréable. A l’inverse, nous croisons pas mal de piétons, puisque nous sommes sur le chemin de Compostelle. Bon ça c’est surtout l’été, en novembre les pèlerins se font forcément plus rares…Mais j’aime bien l’idée de vivre au calme le long d’un chemin de cette renommée, sur la route de tellement de monde.

Dans un registre beaucoup moins poétique, notre hameau me fait penser à un camping…

Bon alors évidemment, nos douches ne sont pas communes et je n’ai encore croisé personne un rouleau de papier toilette à la main, mais il y beaucoup de points communs ! Pendant nos promenades nous croisons toujours un voisin, voire plus. Le tour de B. est en effet devenu notre petit rituel après le goûter quand le temps s’y prête, et le week-end c’est une façon rapide de prendre l’air sans avoir à  prendre la voiture (et à perdre 10mn le temps de ligoter d’arnacher les enfants sur leurs sièges-auto). Ce n’est certes pas bien grand, mais entre le ramassage de feuilles mortes, les animaux à regarder (moutons, cheval, canards, poule, chiens et chats), les formes des arbres à commenter et le bassin des voisins à admirer, ça prend un certain temps !  La plupart du temps devant sa caravane maison, parfois devant l’abri à poubelles, le voisin est un être habillé simplement (oui, un peu comme un sac, mais à la campagne on s’en fiche et moi ici j’ai l’impression d’être classe, alors j’aime bien !) et il a le verbe facile. Les voisins s’appellent par leurs prénoms et se tutoient parfois. Nous avons une petite feuille de récap’, avec un plan simplifié du hameau, un numéro pour l’emplacement de chaque maison et en légende le nom des gens et leur date d’arrivée. Dans les campings il y a les mêmes pour pouvoir retrouver un mobile’home ! Oui, je connais parfaitement les us et coutumes des campings… je me fais peur là !!! Pour nous distraire, nous n’avons pas de soirée disco ni de jeux apéro mais ce qu’on appelle ici les Voisinades ! Le principe est tout simple :  l’été, des tables dans un champ, des salades, des grillades et bien sûr quelques litres de vins. Quand un voisin déménage, il organise un mini vide grenier dans son jardin pour se débarrasser de ce dont il n’aura plus besoin mais qui pourrait servir aux autres. Nous avons hâte de voir si en partant, Mme D. pourrait nous revendre quelques outils de jardins ! Sous certains aspects, ça rappelle aussi un  peu Desperate Housewives, mais versions bouseux ! Sans les meurtres et les histoires de tromperies. Quoi qu’en fait je n’en sais rien, si ça se trouve mes voisins ont des secrets sulfureux !

Pour rester dans un registre télévisuel (et pourtant je ne suis tellement pas télé-vore que nous nous sommes débarrassés de la nôtre…), le village auquel nous sommes rattachés est une réplique de Walnut Grove. Le village de La Petite Maison dans la prairie :-) Comme là-bas, notre bourg se concentre autour d’une rue principale. Je ne suis même pas sûre qu’elle porte un nom, l’adresse de l’école étant juste « le bourg ». Chez nous, l’école comprend deux classes, mais chacune compte quatre ou cinq niveaux. L’hétérogénéité scolaire est donc de mise. Les cours ne se font pas dans l’église, celle-ci a d’ailleurs perdu sa fonction religieuse pour être aménagée en salle municipale où s’organisent les diverses fêtes et manifestations culturelles du village. Et dans le jardin de laquelle a lieu le grand méchoui de la mi-août ! Toujours l’esprit camping… Comme dans la série, nous avons un hôtel (en fait des chambres d’hôte), un bar-restaurant qui fait également bureau de poste, et un magasin. Là où le charme s’éteint, c’est qu’il n’est pas tenu par une affreuse bonne femme égoïste et prétentieuse… et que nous ne sommes pas obligés d’acheter notre farine ou notre sucre à crédit ! Je n’ai pas non plus croisé de petite peste blonde à l’école, ouf ! Par contre, ma voisine la plus proche, la seule du hameau à être originaire du village, se prénomme Laura ! Ca ne s’invente pas. Enfin, avec l’arrivée de l’hiver tous les habitants sont obnubilés par leur stock de bois ( Papa-des-Champs le premier !!!) et tout le monde s’active pour couper ses bûches et aller tronçonner le bois mis à notre disposition dans la forêt.

Demain, c’est décidé, Poussin se rendra à l’école en sautillant dans les champs ! Quant à moi je vous laisse, je vais préparer une tarte aux pommes :-)

Je ne pouvais pas faire autrement… :o)

Petit Ecolier

Petit Ecolier

Il y a une petite semaine, j’évoquais l’entrée imminente de notre Poussin à l’école. Le grand jour approchant à grands pas, je vais maintenant m’étendre un peu plus sur le sujet.

Poussin étant né en janvier 2010, il ne devait normalement commencer la maternelle qu’à la rentrée 2013. A trois ans et demi bien tassés donc, ce qui fait un peu tard mais qui n’est pas dramatique non plus. A Nantes, une rentrée en toute petite section à 2 ans et demi n’était pas envisageable, question d’effectifs je suppose. J’avoue ne pas m’être renseignée du tout, n’étant pas plus que ça au taquet pour que Poussin commence l’école dès 2012. Mon petit garçon allant à la garderie deux matinées par semaines (approche de la vie en collectivité, activités motrices/artistiques qu’on ne fait pas forcément à la maison) et moi-même ne travaillant pas, il n’y avait pas vraiment d’urgence à le scolariser. Je ne me suis donc pas du tout préoccupé de l’école courant 2012, nous n’avions aucune pression concernant l’apprentissage de la propreté (qui du coup s’est fait tout seul et tout naturellement à 2 ans et 3 mois). Bref, l’école n’était absolument pas au centre de nos préoccupations.

Puis nous avons acheté notre maison, dans un village où nous avons la chance d’avoir une école. Pour l’anecdote, avant même que nous signions le compromis de vente, le maire était déjà informé que deux enfants allaient arriver sur la commune et rependait la nouvelle à tous ses administrés ! Sur un territoire où chaque élève de plus est un gage de survie pour l’école, cela a réjouit tout le village ! Dans ces conditions, une rentrée en septembre 2012, à deux ans et demi, aurait été carrément envisageable. Nous avons toutefois préféré ne pas tenir compte de cette possibilité. Déjà, nous n’étions pas certains de pouvoir déménager à temps. D’autre part, après une année bien chargée en émotions avec l’arrivée d’une petite soeur, cumuler un changement de maison et une rentrée à la maternelle dans la même semaine nous paraissait beaucoup trop anxiogène pour notre Poussin. Surtout pour un poussin qui n’a pas toujours été très à l’aise pour quitter son cocon familial. (Et c’est un euphémisme quand je repense à certains matins où le dépôt à la garderie était…houleux !). Il avait malgré tout entendu parler de l’école, notamment à la garderie où les puéricultrices y préparaient les « grands » nés en 2009 avec lesquels Poussin passait beaucoup de temps (ils avaient à peine quelques semaines d’écart, et il en dépassait certain d’une petite tête!).

Si, il y a quelques mois, il répondait un NON ferme aux personnes qui lui demandaient  s’il irait à l’école, depuis notre arrivée ici les choses ont évolué. A plusieurs reprises Poussin a réclamé la garderie, mais ici il n’y en a pas (ou trop loin) et notre réponse l’a un peu déçu. Nous lui avons ainsi expliqué que cette année il resterait à la maison mais que l’année prochaine il irait à l’école où il ferait plein d’activités, apprendrait des tas de choses et rencontrerait d’autres enfants. Il s’est aussi intéressé à un dessin représentant une classe de maternelle, perdu dans un petit magasine un peu oublié du type Toupie ou Abricot. Nous avons passé des heures à décrire cette image, à commenter tout ce qu’on peut faire à l’école, et Poussin semblait emballé. C’est en discutant avec une voisine que l’idée d’une rentrée en janvier est née. Au début nous étions hésitants (janvier = hiver = fatigue, oh le pauvre Poussin va débarquer dans une classe où tout le monde se connaît déjà, en cours d’année il va devoir rattraper les habitudes déjà prises, etc…). Mais on sentait bien qu’il était mûr pour l’école et qu’il pourrait vraiment s’y plaire. D’autant qu’à la maison, avec une Belette de 8 mois, c’est parfois difficile d’organiser des activités de grands et je sens bien que Poussin a envie de découvrir plein de choses. Finalement, en faisant quelques recherches sur le net à l’affût de témoignages et de conseils, ce sont les aspects positifs d’une rentrée précoce et en cours d’année qui ont retenu notre attention (éveil, capacité d’adaptation des petits, ambiance moins angoissante après l’ébullition de septembre, etc…)*. En parallèle, nous avons acheté deux petits livres qui expliquent la maternelle et qui ont eu énormément de succès à la maison ! Je connais les textes par coeur à force des les raconter, et d’ailleurs Poussin aussi puisque je le surprends parfois en train de les « lire » tout seul (Que c’est adorable de le voir reprendre les mêmes expressions, parfois au mot près, devant les images correspondantes ! Tout comme c’est impressionnant de le voir raconter avec ses mots à lui et de prendre ainsi la mesure de sa compréhension !).

Nous avons alors pris contact avec la mairie puis avec l’école. Notre démarche a été accueillie avec enthousiasme et tout est allé très vite. En moins d’une semaine tout était plié, y compris la visite de l’école dont Poussin ne voulait plus repartir ! Le seul petit changement concerne la date de la rentrée, qui a été avancée à la fin des vacances de la Toussaint, c’est-à-dire demain !!! En effet, apparemment par chez nous l’académie n’accepte les moins de 3 ans que s’ils commencent l’école avant la fin de l’année civile. Notre Poussin étant motivé, cela ne nous a pas posé de problème. Je suis certaine qu’il va s’y plaire, et à moi aussi elle me plaît bien cette petite école un peu particulière.

L’école de notre village est installée dans un joli bâtiment ancien qui, étrangement, me rappelle les grandes écoles « de ville » construites au XIXème siècle, avec de vieilles cheminées et d’immenses fenêtres. Je ne sais pas s’il y avait beaucoup d’élèves à l’époque, en tout cas aujourd’hui c’est bien trop grand et le bâtiment est constitué de l’école au rez-de-chaussée, et l’étage supérieur a été divisé en appartements loués par la mairie. Actuellement, il y a une petite trentaine d’enfants, maternelle et primaire confondues. Et oui, c’est l’effet  Petite maison dans la prairie, nous reprenons presque le principe de la classe unique ! Il y a en fait deux classes, de 16 et 18 élèves (17 et 18 en comptant Poussin). La première accueille les TPS, PS (cette année il n’y en a pas), MS et GS de maternelle ainsi que les CP. La seconde va donc du CE1 au CM2. J’aime bien ce principe du multi niveau couplé à un petit effectif (avec 30 gamins ça doit tout de suite être beaucoup plus difficile !). J’ai hâte de voir mon Poussin avec tous ces grands, je suis curieuse de voir les progrès qu’il va faire au contact de ce nouvel univers et de toutes ces nouvelles choses à découvrir. Je pense que ce mélange des âges sera une merveilleuse source d’ouverture sur le monde et nourrira sa curiosité. J’aime également l’entraide et la bienveillance qui peuvent se nouer au sein de cette collectivité partagée entre petits et grands. Quant à l’effectif réduit, il doit certainement contribuer à se sentir plus rapidement intégré et en sécurité, sans compter que cela doit être un avantage pour les apprentissages. Evidemment, ces expériences et ces connaissances s’acquièrent aussi dans une école plus classique, et une configuration traditionnelle offre certainement des avantages dont nous ne disposons pas ici (moyens financiers, le fait que si l’enfant ne se sent pas bien avec son instit ou dans sa classe, il pourra en changer l’année suivante…pour ne citer que quelques exemples). Il n’est pas question pour moi de comparer et d’établir un jugement sur ce qui serait mieux ou pas. A la base, j’ai grandit en ville et je comptais aussi y élever nos enfants, ne l’oublions pas ! ;-)

Auparavant, jamais je n’aurais imaginé ce type de structure pour nos enfants. Maintenant que nous y sommes, je me dis qu’elle correspond plutôt bien à notre nouvelle vie et à nos attentes. Tout ne sera évidemment pas parfait (j’ai déjà tiqué sur la collation en cours de matinée !) mais le côté atypique me séduit. Comme dans beaucoup d’autres situations, j’ai envie de me réjouir des aspects positifs de ce que nous vivons plutôt que de me concentrer sur le moins bien. C’est dans cet état d’esprit que je m’apprête à desserrer la main de mon Bébé Poussin devant la porte de sa nouvelle classe. J’espère que cette grande aventure de l’école sera pour lui source de plaisirs, qu’il conservera cette curiosité et cette soif de savoir que nous lui connaissons aujourd’hui, et que plus tard il gardera un souvenir ému et tendre de ses premières années d’école.

Je viendrai bien sûr vous raconter lequel de nous deux aura le plus pleuré (Papa-des-Champs sera là aussi, mais même si son coeur est tout tendre, il ne pleure presque jamais !). Je vous dirai aussi si finalement l’école est nulle, si je ne veux plus confier mes enfants à cette bande de rustres et si je préfère m’enfuir avec mon fils sous le bras pour lui faire la classe à la maison ! :-D

 

Vraiment très bien conçu, c’est devenu un nos classiques !

* Les forums de « mamans » sont parfois bien utiles et peuvent devenir une précieuse mine d’infos quand on arrive à se forger un chemin à travers les histoires de bb1, de gygy ou de DPA ! (Ceci dit ça peut être très drôle de s’y perdre, ou atterrant… :-p )

 

Il s’appelle Bébé

Il s’appelle Bébé

Il s’appelle Bébé, et c’est le sixième membre de notre famille (ben oui : les parents, les enfants et le chat, ça fait déjà 5 !). Bébé est arrivé chez nous il y a un peu moins d’un an, le matin de Noël. Tout de rouge vêtu et sentant bon la vanille. Bébé mesure 30 cm et il est en plastique. Il est pratique, il résiste à l’eau et il peut donc prendre des bains (il était même livré avec un petit canard de bain !). Je crois que c’est le Père Noël qui l’a déposé chez nous, un cadeau spécial pour notre Poussin qui allait devenir grand frère. De quoi s’amuser dans le bain, mais surtout un petit truc à choyer et avec lequel faire « comme Maman ».

Au début, Poussin s’est amusé à partager ses bains avec son bébé, mais le reste du temps il l’oubliait un peu et Bébé restait dans un coin de sa chambre. Quand Belette est arrivée et que Poussin nous tournait autour pendant les biberons et trempait ses mains dans la baignoire pour nous aider à la savonner, je lui proposais régulièrement de faire comme moi, mais avec son bébé. Gros flop… Les rares fois où Poussin allait chercher son bébé, il le reposait cinq minutes plus tard pour tapoter délicatement dans le dos de sa soeur (« allez rote Belette ») ou pour tripoter ses pieds dans l’eau, pour insister à lui remettre une couche, ou juste pour faire chier réclamer mon attention avec force et fracas… Et puis Bébé a commencé à prendre plus de place dans la vie de notre petit garçon. Il se faisait soigner, changer, baigner (dans une caisse de jouets en plastique avec une souris de pc en guise de poire de douche !) et câliner. Bébé a même commencé à squatter le lit que le Père Noël avait offert au doudou de Poussin ! Là c’est un peu dommage, puisque le Papa-Lutin du Père Noël a fabriqué un lit sur mesure pour le doudou alors que Bébé mesure 4 ou 5 cm de plus que lui et qu’il doit donc se contorsionner pour se coucher. Bref, la vie de Bébé a radicalement changée, et c’est à cette période-là qu’il a enfin reçu son nom. Nom d’une originalité sans bornes comme vous l’avez remarqué, mais parfois les classiques sont des valeurs sûres !

En pleine phase d’imitation, Poussin s’est donc mis à s’occuper de plus en plus, et de mieux en mieux de son bébé. Celui-ci a commencé à avoir une existence très très similaire à celle de notre Petite Belette. Repas aux mêmes heures, bain en parallèle, remplissage de couche en simultané, siestes communes… Poussin coquin profitait des moments où sa soeur n’était pas dans son transat pour y installer son bébé, et il lui a même chipé des couches ! Bien trop grandes pour Bébé évidemment, mais pas grave ! Là on a rusé parce qu’il était hors de question que Bébé nous ruine en salissant une dizaine de couches par jour avec ses cacas imaginaires… A son contact, les couches deviennent lavables, on les roule en boule quand elles sont remplies d’ « un énorme caca tout dé-gou-tant » puis elles sont dépliées et rangées dans les affaires du bébé, prêtes pour une prochaine utilisation.

Bébé évolue ainsi parfaitement. Tout comme Belette ! Il mange maintenant des légumes, il faut parfois le bercer un peu pour le calmer, parfois il rappelle plusieurs fois en pleurant avant de s’endormir complètement, il partage nos promenades, et quand il gigote trop la nuit il inonde son pyjama. Fait intéressant, il arrive parfois que Bébé change de prénom pour prendre celui… de Belette !

Il est évident que j’adore voir mon Poussin jouer de cette façon ! C’est adorable de le voir en pleine activité devant sa petite cuisinière, et de l’entendre me répondre « je prépare des haricots pour Bébé » quand je lui demande ce qu’il fait ;  c’est tordant de l’écouter quand il répète « mais arrête de zigoter, t’es pénib’ Bébé » quand il le change, et attendrissant de le regarder quand il le borde. Ce que j’aime le plus, ce sont tous les petits gestes tendres qu’il a pour son bébé, c’est le ton de sa voix quand il lui parle, lui chante des berceuses ou le console, sa façon de lui faire un câlin en lui chuchotant « je t’aime Bébé, n’aies pas peur »… En plus d’être adorable, je me dis que forcément, cet aspect de sa relation à Bébé prend aussi sa source dans ma façon de faire avec sa soeur, ou même avec lui. (Aussi dans la façon de faire de Papa-des-Champs, bien sûr, mais étant moins présent que moi la journée, on imagine bien que c’est surtout mon quotidien de  préparer les haricots verts, changer les couches ou gèrer les siestes difficiles de la Belette). Je trouve cette relation-miroir absolument rassurante. J’aime l’idée d’avoir su transmettre à mon fils des gestes tendres, que la douceur soit pour lui au centre des rapports avec les bébés. Je n’ai jamais douté de ma tendresse pour mes enfants ou de mon coté maternant, mais le fait de voir que j’arrive à dégager cette tendresse-là, et qu’elle serve de modèle à mon fils, c’est extraordinaire ! Malgré mon énervement récurent, mes haussements de voix réguliers, et ma manie de toujours vouloir faire vite, ce que mon Poussin retient et copie de ma façon d’être mère, ce sont les moments câlins, les mots rassurants et la prévenance. Quelle fierté !!! Je remarque également avec bonheur qu’il est très doux avec sa soeur. Il la cajole, lui dit qu’il l’aime, lui trouve des tas de surnoms affectueux, et il a à coeur de la protéger. Ca ne l’empêche pas de reprendre les jouets qu’elle lui chipe ou de dire que « des fois elle est casse pieds Belette », mais la toile de fond est toujours emprunte de douceur et de prévenance.

Dit comme ça, c’est un peu gnan-gnan, mais j’aime vraiment voir mes enfants évoluer dans cette ambiance douce et sereine. C’est extrêmement rassurant pour moi de voir que mon impulsivité ne les contamine finalement pas plus que ça, et que mon tout premier spectateur du quotidien puise mes mots et mes gestes les plus tendres. S’il a un jour des enfants et qu’il garde avec eux les attitudes qu’il a aujour’d’hui avec Bébé, je serais sans aucun doute la maman la plus fière du monde !

Bébé en promenade

 

Tête à tête avec une Belette

Tête à tête avec une Belette

Elle a un peu plus de huit mois, elle a passé un peu plus de temps dans mon ventre, et mes bras sont les premiers à l’avoir accueillie. Depuis nous passons toutes nos journées ensemble et elle squatte encore régulièrement mon lit la nuit. Pourtant, j’ai la vague impression de ne pas la connaître assez. En tout cas pas autant que son frère au même âge. Logique, puisque lui était la seule petite chose sous ma responsabilité, alors qu’elle a débarqué au milieu des bruits et des jeux de son aîné. En plus d’avoir forcément moins de temps à lui consacrer en « seule à seule », l’espace visuel et sonore de la maison est déjà bien occupé par Poussin ! Quand je faisais de longues tirades à mon petit garçon pendant son bain, ses repas ou ses changes, je ne peux pas adresser trois mots à ma Belette sans entendre le Poussin en écho ou sans devoir répondre à l’une de ses (nombreuses !) questions. Parfois aussi, c’est juste impossible de dépasser le niveau sonore de ses chants, bruitages, cris de joie ou braillements… C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on m’entend régulièrement hurler un énergique « Ça suffit maintenant, ARRÊTE !!! » qui en plus d’apeurer le chat parvient quelques fois à faire taire le Poussin…

Bref, même si je tiens plus que tout à ma Bébé Belette et que j’essaye au mieux d’être à l’écoute de ses besoins, notre relation ne demande qu’à s’étoffer. Je ne doute pas que dans quelques temps, notre complicité à toutes les deux verra le jour et qu’elle ne cessera de s’épanouir. ( Dans 15 ans on pourra s’échanger du maquillage et on ira se faire épiler ensemble… hiiiii ! Ou alors on se contentera de s’installer à la terrasse d’un café pour regarder les passants et faire de charmants commentaires sur leur tenue et leur allure. Je pourrais aussi lui faire découvrir de vieux enregistrements de Ça se discute  pour encore mieux ricaner… Une sorte de tradition familiale !)

Mon tête à tête avec Belette va bientôt commencer. Dans une semaine ! Tous les matins, hors mercredi et vacances scolaires. Eh oui, le Poussin entre à l’école !!! Nous resterons donc entre filles plusieurs heures par jour. C’était déjà le cas lorsque nous habitions à Nantes et que Poussin passait deux matinées par semaine à la garderie, mais à cette période-là, Belettoune était encore toute petite et ses principales activités se limitaient à manger et dormir. Souvent pendant ces matinées elle siestait et moi j’en profitais pour  m’occuper de la maison ou feignasser un peu. Aujourd’hui, il arrive que Belette se réveille de la sieste avant son frère, ou que nous restions ensemble pendant qu’il va bricoler / faire des courses / ou autre avec Papa-des-Champs. Mais c’est moins long qu’une matinée d’école, et pour les siestes on ne sait jamais trop combien de temps nous avons devant nous, puis je fais toujours en sorte qu’on ne fasse pas trop de bruit. A partir de lundi prochain, ce sera complètement différent ! Nous pourrons faire plein de bruit, nous aurons plein de temps, et nous pourrons nous raconter tellement de choses ! Du temps rien que pour ma Belette !!!

J’adore jouer avec mes deux enfants, j’adore être la maman de Poussin ET de Belette, j’aime le temps qu’on passe ensemble, je ris de voir mon bébé essayer de chiper les jouets de son frère, et je suis touchée de voir mon petit garçon lire une histoire à sa soeur ou lui montrer comment faire pouiter un doudou. Et j’ai aussi envie de passer du temps rien qu’avec l’un, ou rien qu’avec l’autre, ou tous les quatre en famille. J’aime prendre du temps juste avec Poussin, répondre à ses questions et lui expliquer la vie, lui faire faire des activités de grands, le sentir lové dans mes bras pendant que je lui chuchote une histoire à l’oreille. En parallèle, j’ai hâte de savoir quelles sont les histoires que ma Belette va préférer et me réclamer quatre fois de suite, de la voir  découvrir qu’un jouet fera de la musique si elle appuie sur un bouton (et non que son frère se précipite pour l’aider, même si évidemment c’est adorable !). Je suis pressée d’entendre ses babillements puis ses premiers mots, de me promener juste avec elle pour lui faire découvrir dans le calme les animaux du village, et pouvoir marcher en silence en me perdant dans mes pensées pendant qu’elle s’endormira en écharpe ou en poussette. Tout simplement, je veux lui faire découvrir tous ces bons moments que j’ai adoré vivre une première fois avec son frère. Bien sûr il est hors de question de calquer une relation sur une autre, seulement de lui donner par moments l’occasion d’être mon seul point d’attention. Comme lorsque pendant ma grossesse, son papa et moi allions à nos séances d’haptonomie pendant les matinées de garderie de Poussin, ou que nous en faisions à la maison le soir une fois qu’il était couché. C’était bien agréable de se couper un peu du monde et de partager du temps avec ce nouveau bébé. J’avais un peu la même sensation lors des visites chez le gyneco ou pendant les échographies, l’impression de pouvoir me concentrer uniquement sur ma petite fille. Elle est arrivée dans un tourbillon de vie et de joie, je veux maintenant lui montrer qu’elle peut juste s’asseoir et profiter de sa maman. A son tour elle découvrira le principe du Mon doudou, ma Maman et moi. 

Un câlin Belette c’est tout doux !