Visages de ma campagne

Visages de ma campagne

Je l’avais déjà un peu évoqué dans un précédent article, nous habitons un tout petit hameau avec très peu de maisons. Les anciens propriétaires de notre maison nous en avaient dit beaucoup de bien, ils aimaient ce lieu et n’ont pas tari d’éloges sur ses habitants. C’était forcément rassurant, mais ça faisait aussi partie de la transaction et de la « pub » ; ils nous auraient dit que tous les voisins étaient des cons, on aurait moyennement eu envie de nous y installer… Dans une semaine, cela fera trois mois que avons emménagé, et force est de constater qu’ils avaient raison ! Les gens sont accueillants, souriants, serviables mais pas du tout envahissants. Cet avis est apparemment partagé dans les environs, puisque la factrice et le vétérinaire (j’aime mes références !) ont même été jusqu’à employer l’expression petit paradis pour qualifier notre hameau (ils n’y habitent pas, donc leur avis est plus ou moins objectif). En plus de la bonne ambiance qui y règne, je suppose que cela tient aussi à notre situation un peu « en dehors du monde », aux paysages et aux maisons qui sont plutôt jolies et bien entretenues. Le petit détail en plus, c’est qu’à part pour se rendre ici, aucune voiture n’a de raison de passer à B. Les routes sont ainsi organisées que le hameau ne se trouve sur le passage d’aucun autre village, il faut bifurquer pour arriver jusqu’à nous. Il y a donc très peu de voitures, elles roulent lentement, et c’est bien agréable. A l’inverse, nous croisons pas mal de piétons, puisque nous sommes sur le chemin de Compostelle. Bon ça c’est surtout l’été, en novembre les pèlerins se font forcément plus rares…Mais j’aime bien l’idée de vivre au calme le long d’un chemin de cette renommée, sur la route de tellement de monde.

Dans un registre beaucoup moins poétique, notre hameau me fait penser à un camping…

Bon alors évidemment, nos douches ne sont pas communes et je n’ai encore croisé personne un rouleau de papier toilette à la main, mais il y beaucoup de points communs ! Pendant nos promenades nous croisons toujours un voisin, voire plus. Le tour de B. est en effet devenu notre petit rituel après le goûter quand le temps s’y prête, et le week-end c’est une façon rapide de prendre l’air sans avoir à  prendre la voiture (et à perdre 10mn le temps de ligoter d’arnacher les enfants sur leurs sièges-auto). Ce n’est certes pas bien grand, mais entre le ramassage de feuilles mortes, les animaux à regarder (moutons, cheval, canards, poule, chiens et chats), les formes des arbres à commenter et le bassin des voisins à admirer, ça prend un certain temps !  La plupart du temps devant sa caravane maison, parfois devant l’abri à poubelles, le voisin est un être habillé simplement (oui, un peu comme un sac, mais à la campagne on s’en fiche et moi ici j’ai l’impression d’être classe, alors j’aime bien !) et il a le verbe facile. Les voisins s’appellent par leurs prénoms et se tutoient parfois. Nous avons une petite feuille de récap’, avec un plan simplifié du hameau, un numéro pour l’emplacement de chaque maison et en légende le nom des gens et leur date d’arrivée. Dans les campings il y a les mêmes pour pouvoir retrouver un mobile’home ! Oui, je connais parfaitement les us et coutumes des campings… je me fais peur là !!! Pour nous distraire, nous n’avons pas de soirée disco ni de jeux apéro mais ce qu’on appelle ici les Voisinades ! Le principe est tout simple :  l’été, des tables dans un champ, des salades, des grillades et bien sûr quelques litres de vins. Quand un voisin déménage, il organise un mini vide grenier dans son jardin pour se débarrasser de ce dont il n’aura plus besoin mais qui pourrait servir aux autres. Nous avons hâte de voir si en partant, Mme D. pourrait nous revendre quelques outils de jardins ! Sous certains aspects, ça rappelle aussi un  peu Desperate Housewives, mais versions bouseux ! Sans les meurtres et les histoires de tromperies. Quoi qu’en fait je n’en sais rien, si ça se trouve mes voisins ont des secrets sulfureux !

Pour rester dans un registre télévisuel (et pourtant je ne suis tellement pas télé-vore que nous nous sommes débarrassés de la nôtre…), le village auquel nous sommes rattachés est une réplique de Walnut Grove. Le village de La Petite Maison dans la prairie :-) Comme là-bas, notre bourg se concentre autour d’une rue principale. Je ne suis même pas sûre qu’elle porte un nom, l’adresse de l’école étant juste « le bourg ». Chez nous, l’école comprend deux classes, mais chacune compte quatre ou cinq niveaux. L’hétérogénéité scolaire est donc de mise. Les cours ne se font pas dans l’église, celle-ci a d’ailleurs perdu sa fonction religieuse pour être aménagée en salle municipale où s’organisent les diverses fêtes et manifestations culturelles du village. Et dans le jardin de laquelle a lieu le grand méchoui de la mi-août ! Toujours l’esprit camping… Comme dans la série, nous avons un hôtel (en fait des chambres d’hôte), un bar-restaurant qui fait également bureau de poste, et un magasin. Là où le charme s’éteint, c’est qu’il n’est pas tenu par une affreuse bonne femme égoïste et prétentieuse… et que nous ne sommes pas obligés d’acheter notre farine ou notre sucre à crédit ! Je n’ai pas non plus croisé de petite peste blonde à l’école, ouf ! Par contre, ma voisine la plus proche, la seule du hameau à être originaire du village, se prénomme Laura ! Ca ne s’invente pas. Enfin, avec l’arrivée de l’hiver tous les habitants sont obnubilés par leur stock de bois ( Papa-des-Champs le premier !!!) et tout le monde s’active pour couper ses bûches et aller tronçonner le bois mis à notre disposition dans la forêt.

Demain, c’est décidé, Poussin se rendra à l’école en sautillant dans les champs ! Quant à moi je vous laisse, je vais préparer une tarte aux pommes :-)

Je ne pouvais pas faire autrement… :o)

5 Responses »

  1. j’adore ta façon de nous faire partager ton bonheur et ta découverte de la campagne.
    Impossible à envisager pour moi.

    Quelques photos du village peut être ?

  2. Pour les photos j’y pense depuis des semaines. Mais alors soit j’oublie tout simplement l’appareil quand on va se balader, soit je m’aperçois que la batterie est vide au dernier moment, et plus récemment j’ai testé l’oubli de carte mémoire… Bref il y aura sûrement un article avec des photos quand j’aurais récupéré des neurones !

    Parfois on s’étonne aussi d’être si bien ici, il y a quelques années on n’aurait jamais imaginé dépasser la petite couronne ! :o)

  3. chouette j’ai hate de voir les photos de ton village.

    J’ai testé la campagne : ça me va parfaitement en vacances, au max trois semaines.
    Mais le silence m’est vite pesant surtout pour dormir c’est la panique mdr

    Je pense par contre que ça plairait fortement à mes enfants et à mon mari mais professionnellement ça n’est pas faisable.

  4. le confort d’une rue « non passante », avec des poussins ou des chatons qui grandissent et expérimentent courses folles ou sprint de draisienne et VTT , c’est un réel + . A savourer sans modération en attendant que l’âge les conduise à rêver d’autonomie de déplacement.
    (ns avons aussi le pique-nique annuel , ds notre rue les « adultes » gardent un oeil sur les rares « petits », quelle que soit leur maison d’origine …et se font dévaliser de bonne grâce qd ils sont sollicités pour la tombola de la fête de l’école …sans parler de leur immense tolérance aux cris et chahuts divers d’un troupeau de garçonnets… )

  5. Loulou, effectivement le silence pour dormir ça fait bizarre au début ! La nuit noire aussi d’ailleurs !

    « Dil, la rue parfaite pour l’apprentissage du vélo a également fait partie des aspects positifs vantés par nos vendeurs ! Bon pour l’instant le Poussin est loin de manier la draisienne en mode course folle (et c’est peu de le dire !) mais d’ici quelques temps ce sera parfait. C’est aussi hyper appréciable pour les enfants ces rapports avec les voisins et ce côté protecteur, j’aime beaucoup.

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