Archives mensuelles : mars 2013

13

13

13 comme 13 ans ! Treize ans d’amour, de projets communs, treize ans à marcher sur le même chemin. Des moments tendres, beaucoup de joie, des disputes pour des broutilles, des passages difficiles, des changements de cap, des changements de vie, mais toujours main dans la main ! Treize ans c’était hier et c’était il y a un siècle. Tout est passé tellement vite, et pourtant il y a cette sensation d’avoir toujours tout partagé.Des déménagements, un mariage, un chat et deux enfants plus tard, rien n’est plus comme au début ; sauf parfois, en fermant les yeux et en s’enlaçant, il est possible de faire des sauts dans le temps. Il reste le meilleur, la tendresse, le bonheur de se respirer, une main furtivement attrapée, les fous rires, le plaisir de se retrouver à deux. Avec le temps mille choses ont changé, et c’est souvent tant mieux. Nous sommes devenus adultes ensemble, et nous avons su grandir de la même façon. Les années, la maturité, l’arrivée dans ce monde de grands nous aura beaucoup plus rapprochés qu’éloignés, et j’aime ça !

Treize ans c’était hier, mais nous n’avions que 16 et 17 ans, et nos vieilles photos nous font déjà sourire ! Il y a ces visages lisses et ces corps un peu plus fermes que nous jalousons presque, mais il y a aussi ces coiffures qui ne ressemblaient à rien (pour Papa-des-Champs surtout !) ou ces couleurs que même pour le Carnaval nous ne ressortirions pas. Nous avions du tabac au fond des poches, mais jamais assez de clopes pour finir la journée, des bas de jean’s effilochés (ah oui ça, ça l’est toujours…effilochés ET boueux maintenant !), et des techniques d’approche plutôt foireuses. Nous avions envie de nous connaître, peur de se parler mais terriblement envie de se faire comprendre ! Notre histoire est la simplicité même. Il y a treize ans nous étions bien trop jeunes pour nous poser beaucoup de questions, nous n’angoissions pas sur notre avenir, nous avions mille espérances mais rien de bien contraignant. Notre rencontre était évidente, notre amour tellement naturel, notre vie ensemble tellement simple !

Souvent, je me dis qu’il était bien plus facile de se rencontrer à l’époque, à un âge où nous étions si libres ! Nous n’avions pas encore de pression professionnelle, pas encore de vraies mauvaises habitudes, pas d’expériences foireuses qui nous auraient empêchés d’avancer. Nous avons pu prendre notre temps. Vivre ensemble au bout de plusieurs années certes, mais en se connaissant déjà assez pour que ça tienne la route. Nous avons pris le temps de vivre, de découvrir, d’avancer à notre rythme. Nous n’avions la pression ni du temps ni de l’âge. A voir parfois les trentenaires se dire qu’il est temps, de faire un enfant, de vivre à deux, de tomber amoureux, ou que sais-je encore, nous apprécions d’avoir eu cette liberté. Nous n’avons pas une foule d’expériences, nous n’avons certes pas connu grand chose (et grand monde !) d’autre, mais nous nous en passerons. A traverser les années ensemble, nous avons pourtant quelquefois l’impression d’avoir vécu plusieurs vies. Depuis les années lycée du début, il y a eu tellement de changements, tellement d’étapes, de lieux différents, un entourage toujours mouvant, des projets en constante évolution… Finalement, nous sommes nos repères mutuels. S’il y a bien une chose qui n’a pas changé depuis mes seize ans, c’est lui ! Il est à lui seul mon repère, ma stabilité, mon point d’ancrage. Si j’ose le changement, si les nouveaux départs ne me font pas peur, c’est parce que je sais qu’il sera là et qu’ensemble tout sera plus facile.

Bon anniversaire à nous :o)

Bye Bye Tétine

Bye Bye Tétine

Les tétines, j’ai toujours trouvé ça super moche. Bien avant de penser à fonder une famille, avec Papa-des-Champs on s’était dit que jamais on n’en donnerait à nos enfants. Parce qu’en plus d’être moche, les tétines sont souvent trop grosses, masquent le visage des bébés, parfois encore elles font des marques pas jolies du tout. Et puis ça empêche de bien parler et ça donne quand même un peu l’air niais, bref une horreur ! On se disait aussi que tétouiler un bout de plastique, beurk, et que même si ça peut aussi faire des dégâts sur les dents, le pouce est bien plus mignon. Pour nous le pire c’était la tétine dans le bec des « grands », chez un gamin de 4-5 ans dans la rue en pleine journée ça nous agaçait un peu. Enfin on se disait surtout que c’était pas terrible, et qu’on ferait autrement avec nos enfants… Qu’on trouverait bien un autre moyen de satisfaire à leur besoin de succion.

Et puis Poussin est né.

J’en ai déjà parlé rapidement, l’allaitement qui me tenait tant à coeur à foiré. Ce n’était donc pas de ce côté-là que le besoin de succion de mon bébé serait comblé, or cela semblait indispensable à son apaisement. Et surtout à son endormissement. Plein de bonne volonté, nous lui avons prêté nos petits doigts. A tour de rôle, parce qu’au bout d’un moment ça fait un peu mal, un bébé glouton accroché à l’auriculaire. Et c’est un peu handicapant, aussi, d’avoir un poussin vorace greffé dans la continuité de la main…Même une fois endormi il nous était difficile d’enlever notre doigt sans réveiller la bête !  Les premières nuits à la maison, il est arrivé à Papa-des-Champs de rester une bonne heure assis sur une chaise, penché sur le berceau de Poussin, le doigts dans son bec. Maintenant on en rigole, mais sur le moment on était crevés, Papa-des-Champs avait le dos en miettes et le petit doigt tout ridé d’humidité (lui il appelle ça en pois chiche !).

Au bout d’une dizaine de jours, nous avons longuement discuté et nous sommes tombés d’accord. Il était devenu nécessaire d’essayer la tétine… Mais juste pour aider notre bébé à dormir, surtout pas pour lui fourrer dans le gosier à tout bout de champ ! Une toute petite tétine, la plus neutre possible. A ne lui donner qu’à la maison, juste pour qu’il trouve son sommeil. Pour sauver nos nuits, et nos journées. Surtout une fois seule avec lui la journée, sans personne pour prendre le relais. Nous avons donc été lui choisir la tétine la moins moche possible à la pharmacie. Après quelques lancés de tétine parce qu’au début ce n’est pas facile de la garder en bouche (et parce que c’est super drôle à aller chercher sous un lit à 3h du mat’ !) Poussin a pris le pli de s’endormir avec , et ‘elle lui est devenu indispensable.

Nous avons tenu nos objectifs, et il ne l’a toujours eue que pour dormir, jamais à l’extérieur (à part pour les longs trajets en voiture). En promenade il s’endormait naturellement en écharpe ou en poussette, et en grandissant il a pris l’habitude de la poser de lui-même une fois réveillé. Bon, période d’opposition aidant, il a parfois fallu lui demander expressément d’enlever ce truc de sa bouche, voire de la mettre en hauteur pour éviter qu’il nous feinte… Mais dans l’ensemble il a toujours été plutôt raisonnable et de toute façon nous étions intraitables ! Depuis quelques mois, nous le préparions doucement au fait de laisser tomber sa tétine.

Il n’était pas question de le brusquer ni de le forcer, mais de l’accompagner et de l’encourager. Nous voulions qu’il décide seul du moment où il arrêterait. Quelques semaines avant Noël, il semblait décidé et nous avons convenu ensemble que le soir du 24 décembre il ne prendrait pas sa tétine pour dormir. Entre le réveillon, les cadeaux, l’excitation de Noël, il aurait autre chose en tête et le sevrage serait certainement plus facile. Sauf que quelques jours avant la date fatidique, Poussin a changé d’avis ! Nous avons essayé de le rassurer et de l’encourager, mais devant sa motivation proche du néant il était inutile d’insister. Au contraire nous lui avons laissé carte blanche : « ce n’est pas grave si tu n’es pas prêt, tu as le droit d’en avoir encore besoin, tu nous diras quand tu voudras essayer ».

Depuis des semaines, nous le sentions hésitant. A nous annoncer « j’arrête » le matin puis à nous dire qu’il ne voulait plus au moment de se mettre au lit. Une bonne volonté mais une crainte bien compréhensible qui prenait le dessus. Je ne suis pas du tout adepte des systèmes de carottes et de récompenses, ce n’est pas de cette façon que j’ai envie d’élever mes enfants. Je préfère expliquer l’intérêt de faire tel ou tel truc, qu’ils y adhèrent (ou non) et qu’ils fassent en fonction. Papa-des-Champs est d’accord avec moi, ça tombe plutôt bien ! Seulement là, nous avons pensé que Poussin avaient besoin d’un coup de pouce. Je lui ai donc proposé de fêter son futur arrêt de tétine en choisissant un petit cadeau. Pas dans le sens « on t’achète une console si tu as la moyenne » mais dans le sens « petit plaisir pour fêter une réussite ». Bref, ce qui lui faisait envie c’était une petite voiture, bleu foncé. Soit ! Nous en parlions de temps en temps, mais le déclic était toujours difficile pour Poussin.

Dimanche dernier nous parcourions un vide-grenier quand, au milieu d’objets tous plus kitch les uns que les autres, trônait une magnifique voiture bleue ! Exactement comme celle dont Poussin rêvait ! Ses yeux étaient d’ailleurs tout brillants. Après consultation nous avons convenu de l’acheter et de la garder jusqu’au jour où la tétine disparaîtrait. Ce jour est arrivé bien vite puisque dès la sieste suivante, Poussin a décidé de dormir sans tétine. Bon et puis finalement il n’a pas dormi du tout et l’expérience fut reportée au soir… Sur le moment ce fut un peu difficile, il y a eu quelques larmes et il a fallu aider notre petit garçon à tenir bon. Un peu de fermeté (« ben non Chaton, on ne laisse pas tomber au bout de seulement 10mn… ») et beaucoup de câlins ont suffit à lui faire passer sa première nuit sans tétine !

Depuis il a eu sa voiture, à sa demande nous avons rangé la tétine inutile dans une boîte à souvenirs, et il ne la réclame plus du tout. Les endormissements sont parfois un peu longs (normal !) et il me demande d’allonger un peu le câlin du soir, mais tout se passe bien. Vu l’âge auquel j’ai enfin eu le courage de ne plus sucer mon pouce, je suis impressionnée par mon petit bonhomme de trois ans, et drôlement fière ! Et puis c’est tellement bon de câliner un Poussin tout doux du bec !!!

tétine Luc et Léa

On signe à la maison ! (Enfant et LSF)

On signe à la maison ! (Enfant et LSF)

Il y a quelques temps j’écrivais un premier article sur l’apprentissage de la langue des signes par les bébés : à retrouver ici.  Comme promis, je viens maintenant vous donner quelques nouvelles et vous raconter comment cela évolue chez nous !

Après une première tentative avec Poussin en son plus jeune âge, c’était donc au tour de Belette de découvrir les joies des signes et de la LSF. Je l’avais pressenti, elle est carrément réceptive ! Tout de suite elle a mis en action ses petites mains et a essayé de reproduire les signes que nous faisions. C’était impressionnant et vraiment encourageant ! En fait, à peine le premier article publié elle a commencé à signer, soit vers 11 mois. Au contraire de son frère qui avait mis un peu plus de temps à produire des signes mais qui du coup s’exprimait véritablement par ce biais-là, Belette était clairement dans l’imitation. Ses premiers signes ont été faits en miroir, elle nous voyait signer « encore » par exemple, et reproduisait notre geste. Elle n’était pas encore dans la communication, elle s’entraînait mais ne nous parlait pas encore. D’ailleurs, alors qu’au même âge Poussin commençait à dire quelques mots, Belette est beaucoup moins loquace. Elle avait commencé par dire papa puis maman de façon moyennement distincte il y a quelques mois, mais se contente maintenant du mot caca… (Et Mam’Mam’ quand elle est toute triste et qu’elle veut un câlin de sa maman d’amour !). En fait, elle utilise le même mot (caca) pour désigner plein de choses, seule son intonation varie. La classe! Selon le contexte et l’intonation, ça peut donc vouloir dire papa, coucou, câlin, ou le prénom de son frère. Comme le fait subtilement remarquer son frère : « elle dit caca pour tout ! »… Bref, tout ça pour dire que le langage et la communication évoluent différemment chez mes deux enfants, et que ceci doit très certainement expliquer le rapport différent qu’ils ont chacun avec la langue des signes.

Belette est ainsi entrée dans l’univers des signes en nous imitant, puis en signant certains mots, juste après les avoir entendus. Cela fait d’ailleurs un moment qu’elle se met à faire coucou avec sa main rien qu’en entendant le mot, ou qu’elle mime la comptine dès qu’elle entend « marionnettes ». Elle a ensuite véritablement communiqué avec nous, en signant toute seule ! Lors d’un goûter, Papa-des-Champs venait de lui faire manger un yaourt, il repose le pot vide, et boum elle signe « encore » ! Depuis, elle a appris de nouveaux signes. C’est simple, dès que nous signons, elle nous imite. Notamment lorsque nous introduisons de nouveaux signes, elle tente de les reproduire, plus ou moins efficacement. Puis elle se les approprie et les fait de manière spontanée  Là où Poussin prononçait toujours le mot qu’il était en train de signer (comme nous, en fait), Belette se tait (ou éventuellement elle dit « caca »…). Au fil des jours, elle communique de plus en plus avec nous, et ça nous plaît beaucoup ! Après le « encore », elle est maintenant capable de signer spontanément « c’est bon » (en se collant des grains de riz sur les narines !) et « caca » lorsqu’on change sa couche. Ce week-end j’ai également remarqué qu’à table elle a tendance à signer « pain » pour réclamer à manger, qu’il s’agisse de pain ou d’autre chose. Sachant que le pain est son met préféré et qu’avant même de signer elle savait nous en demander en gesticulant / grognant / criant, ça me paraît plutôt logique qu’elle associe « pain » et n’importe quel truc qui se mange et qui a l’air bon ! Cet enthousiasme de Belette pour les signes et la facilité avec laquelle elle semble utiliser ses petites mains nous motivent évidemment à poursuivre l’aventure !

Le second versant de notre motivation, c’est que notre Poussin est lui aussi hyper emballé par la langue des signes ! Il ne se souvenait pas l’avoir utilisée plus petit, mais il a très vite voulu nous imiter lui aussi. Tout de suite il s’est montré curieux et a repris les signes que nous faisions. Je l’avais dit dans le précédent billet, il n’a jamais été très « gestuel » et n’est pas spécialement à l’aise lorsqu’il s’agit de coordonner les mouvements de ses mains. Il est pourtant plein de bonne volonté et avec un peu de patience on arrive donc à lui apprendre des comptines mimées. Pareil pour les signes de LSF, même s’il est un peu brouillon au début, il parvient à néanmoins à faire des gestes qui ressemblent à quelque chose ! Poussin aime donc nous voir signer et il est ravi de participer à ce mode d’expression. Il a une bonne mémoire et il suffit de lui montrer un signe une seule fois pour qu’il se l’approprie et l’utilise de lui-même les jours suivants. Ce qui est encore plus sympa, c’est qu’il demande sans cesse à apprendre de nouveaux signes. Quotidiennement, il nous demande « comment on fait » pour tel objet ou tel mot. C’est là que le livre édité par Signe avec moi est pratique ! Je l’ai à portée de main, il me suffit de chercher dans l’index alphabétique et hop j’ai la réponse ! Bon, parfois le mot cherché ne s’y trouve pas (dernièrement nous avions besoin de « lessive » et « essence »), et je le cherche ensuite sur le net, ce n’est pas bien grave. A ce propos, si quelqu’un connaît une appli pour téléphone, je suis preneuse ! Ce qui est chouette c’est de voir Poussin se rendre compte qu’il existe un langage différent, une alternative à la communication verbale. Mine de rien, cela lui permet également d’entraîner sa motricité fine, d’apprendre à maîtriser ses gestes, à coordonner ses mouvements. Plusieurs fois, il a demandé à apprendre un signe que je ne connaissais pas et avant même que j’aille chercher une réponse, il a de lui-même proposé un signe. Et pas nécessairement farfelu, mais bien souvent cohérent et en lien avec la réalité, comme le sont souvent les signes « officiels » ! Il est aussi très fier d’apprendre un nouveau signe à son papa qui rentre du travail, ou à sa petite soeur.

Depuis quelques semaines, nous signons donc de plus en plus, et c’est vraiment agréable de voir toute la famille participer ! L’expérience m’emballe encore plus qu’il y a deux ans, où mon Poussin tout bébé avait un peu vite laissé tomber la langue des signes pour la parole. Encore une fois, nous réalisons que les expériences changent avec les enfants, que ce que nous avons vécu avec l »un sera totalement différent avec l’autre, et que ces variations de la parentalité sont extrêmement enrichissantes !