Working Mum

Working Mum

Avant même d’avoir des enfants, je savais que j’aimerais m’arrêter de travailler pour les élever. Pas seulement le temps de la petite enfance, mais aussi après. Au-delà du côté maternant des premières années, j’ai toujours eu envie de rester avec eux pour la suite. Pour aller les chercher à l’école, leur proposer des activités sympa, faire les choses à notre rythme, avoir du temps tout simplement ! Papa-des-Champs trouvait ça plutôt chouette aussi, l’idée que nos enfants puissent grandir avec l’un de nous à leurs côtés, sans avoir à les lever pour la crèche, à se prendre la tête pour trouver LA nounou, bref en leur faisant la vie à notre sauce. Le choix s’est porté sur moi plutôt que lui assez naturellement, certainement parce que lui a toujours eu un métier qui lui plaisait tandis que j’avais plus de mal à trouver ma voie. Quand je suis entrée dans le monde professionnel en passant un concours de la fonction publique, je savais que ce n’était que temporaire, que je n’y ferai pas carrière, parce que ce boulot m’intéressait sans me passionner et que je savais bien que je ne m’y épanouirai pas des années. Avec le recul, j’en viens à me demander si ce flou dans mes projets ne venait justement pas du fait que j’interromprais de toute façon cette « carrière » une fois devenue maman ? En même temps, ce qui me passionnait vraiment, ça a toujours été la littérature et l’écriture, des domaines pas tellement représentés sur le marché du travail !

J’ai donc tout balancé sans hésitation. En quittant Paris j’ai démissionné (à mon boulot ils n’avaient jamais vu ça, quelqu’un quitter la fonction publique sans rien derrière, ni chômage ni congé parental, rien de rien !). Nous étions déjà en projet d’enfant depuis plusieurs mois, nous avions un énorme besoin d’aller voir ailleurs, et nous pouvions vivre avec un seul salaire pour deux. J’avais le projet de reprendre des études, en attendant d’être enfin enceinte, histoire de ne pas non plus m’enkyster à la maison. Finalement j’ai appris ma grossesse peu avant de m’inscrire à la fac (le dossier était rempli, restait plus qu’à le déposer) et j’ai préféré me centrer sur cette nouvelle aventure. Depuis, je m’épanouis à la maison ! Certaines journées sont bien sûr difficiles, mais c’est ce que j’aime et je n’imagine pas une seule seconde renoncer à ce quotidien de mère au foyer. Cela surprend parfois, parce que soit les gens trouvent cela ingrat, soit ils s’imaginent que j’ai loupé le train de l’émancipation féminine, ou encore ils pensent que je ne suis qu’une feignasse qui n’en branle pas une. Ben oui mais concrètement moi j’aime ! Pour le côté feignasse, ceux qui ont ce préjugé ont certainement en tête le stéréotype de la beauf passant ses journées devant sa télé à côté d’enfants braillant dans un parc… Mais comme je n’ai ni télé ni parc, je ne me sens pas concernée ! Même s’il arrive à mes enfants de brailler…

Bref, malgré tout ce bonheur, j’imaginais quand même parfois qu’un jour, quand j’aurais le temps (comprendre quand mes enfants seraient tous les deux scolarisés le matin et l’après midi), je trouverais un truc à faire. Dans mon esprit, ce serait faisable depuis la maison, selon mes disponibilités. Pour me permettre de m’occuper des enfants hors temps scolaire. Parce que si j’aime les voir apprendre à marcher et prononcer leurs premiers mots, comme je l’ai dit j’ai aussi envie de les accompagner lorsqu’il seront plus grands. Les récupérer après l’école, animer leurs mercredis après-midi, accompagner les sorties scolaires, ça me fait réellement envie. Je n’avais cependant pas tellement réfléchi à ce que je pourrais faire. Dans l’idéal un truc en rapport avec l’écriture, mais sans idée concrète. Ce ne serait de toute façon pas pour tout de suite. Bien trop prise dans le quotidien avec mes deux enfants en bas âge pour y penser ! Quand on a du mal à trouver l’énergie ou le temps  pour s’épiler ou faire un album photo, on ne pense pas tellement à se dégoter une nouvelle activité professionnelle… Bon ok je caricature (mes jambes sont encore assez douces mais les photos ne sont toujours pas collées, pour tout vous dire !).

Sans le vouloir, c’est cette activité qui m’est un peu tombée dessus ! Il y a quelques mois on m’a proposé de me lancer comme rédactrice occasionnelle. En indépendant, depuis chez moi, en travaillant au gré des missions selon mes disponibilités. Le truc rêvé ! C’est exactement le style de boulot qui correspondait à mes attentes, mais que je n’avais jamais réellement envisagé, certainement par peur de me foirer, de ne pas savoir me vendre et de ne pas connaître les bonnes personnes. J’ai eu de la chance, mon grand-frère-de-la-ville a pensé à moi quand il a eu besoin de quelqu’un pour suivre certains projets. J’ignorais totalement qu’il serait un jour susceptible de m’offrir cette opportunité, et ce fut une énorme surprise en même temps qu’un brin anxiogène je l’avoue. Je me répète, mais j’étais encore très loin d’envisager un avenir professionnel et surtout les enfants me prennent quand même beaucoup de temps. Genre toute seule à la maison jusqu’à 19h avec à peine 1h30 de sieste en début d’aprem ça laisse peu de temps à consacrer au boulot ! J’ai quand même dit oui ! Parce que c’était une occasion en or, parce que personne d’autre ne m’offrirait la possibilité de travailler de cette façon là, que je n’avais pas à me vendre ni à démarcher quoi que ce soit, et que ça me mettait sacrément le pied à l’étrier.

Alors bien sûr, il ne s’agit pas d’écrire comme je le fais ici, jusqu’à plus soif, comme j’en ai envie, en laissant libre-court à mes idées. Mais je trouve ça chouette. Parce que même quand c’est un peu chiant ça m’oblige à réfléchir, à trouver la formule qui colle le mieux, à jongler avec des contraintes de longueur et de style. C’est con mais c’est un peu grisant aussi, d’avoir des obligations autres que celles de la mère au foyer. Des contraintes non domestiques, ça me change ! Bien sûr je fais ça sur ce le temps qui était d’ordinaire dévolu à mon repos, et c’est un peu fatiguant. Ces jours-ci je suis sur mon premier gros projet, toutes les siestes et mes soirées y passent (sauf ce soir parce que c’est samedi, je fais relâche !). C’est crevant et heureusement que Papa-des-Champs m’aide le soir et qu’il prend en charge les corvées que je me coltine normalement quand les enfants dorment. Evidemment ce sera plus simple lorsque nos poussins iront tous les deux à l’école, mais en attendant ça me donne quand même un sentiment de satisfaction assez sympa. En attendant, les jours où j’arrive à maintenir la maison dans un état correct, à cuisiner des trucs bons et équilibrés, à avancer sur mon boulot et à passer des moments agréables avec mes enfants, je suis comblée ! Un peu comme hier, où j’ai tenu tous mes objectifs aussi bien en matière de maison nickelle, de bon repas et de draps changés que de fiches rédigées, et où nous avons terminé la journée par une chouette balade en poussette-draisienne, à respirer l’odeur des champs. Bon, j’avoue qu’en début d’aprem j’ai un peu pleuré quand Belette s’est réveillée pile au moment où j’avais fermé tous mes trucs de boulot et où je m’apprêtais à boire mon premier café-sieste de la semaine… Mais comme on dit, c’est le jeu !

Bon par contre il ne faut pas trop m’en demander et pendant quelques jours le rythme de mes publications risque de tourner encore un peu au ralenti ;o)

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