Ce serait bien qu’ils grandissent

Ce serait bien qu’ils grandissent

Ce titre résume plutôt bien mon état d’esprit du moment : j’ai hâte que nos enfants grandissent un peu et gagnent en autonomie. J’aime pourtant leurs petites têtes innocentes, leurs maladresses et leur naïveté, leurs petites mains, les premiers pas chancelants de ma Belette, les mots d’enfants de mon Poussin, leurs petits dos tout doux à laver et câliner chaque soir ; bref  tous ces trucs chouettes qui ne feront plus mon quotidien dans 10 ans. Et je suis bien contente de n’avoir pas encore à penser en terme de devoirs, d’orientation, de gérer la nonchalance de l’adolescence ou le refus de se brosser les dents, les bisous esquivés parce qu’à 15 ans c’est un peu la loose de faire bout-de-nez-bout-de-nez-bout-de-nez avec Maman avant de partir au lycée… Je n’ai jamais été spécialement pressée de voir ramper mes enfants, ni de les voir parler ou faire les marionnettes, même si j’ai été ravie et émue d’assister à leurs progrès, j’ai pris les choses comme elles venaient. Je ne suis d’ailleurs pas spécialement impatiente de voir leurs prochaines grandes étapes (bon j’avoue, ce serait quand même cool que Belette marche pour de bon et arrête de limer ses pantalons en se traînant par terre !) mais dans l’absolu j’ai envie qu’ils grandissent.

Assez égoïstement, en fait. J’aimerais qu’ils grandissent pour gagner un peu de liberté. Pour sortir quelques heures sans avoir à penser couches, siestes ou goûter. Pour ne plus avoir à programmer l’heure d’aller en courses en anticipant l’agacement de Belette en voiture… Campagne oblige, il faut faire un peu de route avant de trouver un magasin, sauf que la Belette s’agace assez vite lorsqu’elle est immobile dans son siège auto. Ca devient donc compliqué de cumuler plusieurs magasins une fois sur place, d’autant qu’elle s’agace aussi en poussette, sans parler de l’écharpe de portage… Elle ne marche pas encore, et il est juste hors de questions qu’on lui fasse faire du 4 pattes entre les rayons… Bref, nous devons anticiper chaque sortie en fonction de son degré de patience, et ça limite quand même pas mal les déplacements. Je sais pourtant que ce côté pénible ne durera pas, et si je m’en réfère à l’évolution de son frère, je sais que d’ici un an les sorties avec Belette seront beaucoup plus agréable. Mais alors justement, de nous savoir si près de cette liberté (toute relative) retrouvée me donne encore plus hâte !

Je rêve parfois de pouvoir partir à l’improviste, de passer une journée à vadrouiller sans avoir à emporter de couches, en pouvant faire sauter une sieste sans me retrouver avec un bébé-boule-de-nerfs en fin de journée, de pouvoir faire une halte au resto puis continuer par une balade… Là, avec une Belette qui refuse les purées et mange comme nous mais avec les doigts, donc un peu comme un goret, l’option resto n’est peut-être pas tellement appropriée ! Je rêve aussi de pouvoir rester à la maison au calme, sans petite fille à ramasser toutes les 2 minutes, sans qu’elle ne vide la bibliothèque ou le tiroir à papiers, sans avoir à anticiper tous les dangers qui la guettent. Et juste pouvoir aller faire pipi sans qu’aucun enfant ne débarque et au choix tire sur mon pantalon, ou me pose mille questions. J’aimerais aussi les laisser jouer dehors sans avoir à rapatrier sans cesse Belette qui est incontestablement attirée par les cailloux à se fourrer dans la bouche, par le toboggan à monter à l’envers, ou par le sable à jeter dans les cheveux de son frère… J’aimerais pouvoir les laisser jouer en les surveillant, mais de plus loin.  Parce que si Poussin est encore un peu jeune pour être totalement autonome dehors, je suis de toute façon beaucoup trop stressée ! Moi qui suis loin d’être adepte des écrans pour les enfants, les week-end de mauvais temps où nous avons du mal à occuper nos petits fauves en cage, je me surprends à penser avec délice aux dessins animés ou autres vidéos qu’on pourra regarder ensemble quand ils auront grandi…

Vous allez me dire que j’en demande beaucoup, et qu’avec deux enfants rapprochés il fallait bien se douter que ma liberté allait en prendre un coup. Evidemment, je me doutais de tout ça. Peut-être pas autant ceci dit, parce qu’avant d’être en plein dedans, je pense qu’on a du mal à réaliser. Et d’ailleurs je ne plains pas, enfin je ne crois pas, même si j’admets être un peu lasse et fatiguée. Pour rien au monde je ne changerais mes enfants, et je trouve que ma Belette est la plus parfaite des petites filles, je remarque juste que ce sera bien (aussi) de retrouver un peu de liberté. J’imagine également que le quotidien sera plus facile à gérer lorsque mes deux chatons auront plus d’activités communes. Lorsque Belette était toute petite et qu’elle s’endormait partout en écharpe ou qu’elle restait sagement contemplative dans son transat, il m’était facile de partager des activités de grand avec Poussin. Nous faisions de la pâte à modeler sous les regards d’un mignon bébé de 2 mois, nous allions au parc et je pouvais même le porter sur le toboggan avec Belette contre moi, nous cuisinions pendant qu’elle dormait… Depuis que Belette a grandi, elle s’impatiente beaucoup plus vite et c’est devenu compliqué. Elle mange la pâte à modeler et les crayons (nous avons des crayons à bout en plastique pour éviter le masticage  mais elle a compris la feinte et croque la mine à pleines dents…), se contorsionne dangereusement dans la poussette et crie pour descendre lorsque nous jardinons, mais saccage tout ou se barre vers un truc dangereux si je la laisse libre, elle peut se mettre debout et débarquer chez les Playmobils pour tout défoncer chez eux, telle une Godzilla sans pitié… Bref c’est un peu compliqué de s’occuper de tout le monde à la fois, et ce sera vraiment chouette quand les chatons pourront jouer au même moment à la même chose ! Fin avril, leur Tata L. est venue passer une petite semaine à la maison, et c’était vraiment chouette d’avoir quelqu’un pour jouer avec Poussin pendant que je faisais des trucs de bébés avec Belette, ou de gérer la petite pendant que je proposais des activités de grand à l’aîné. Un peu comme quand Papa-des-Champs est là le week-end ou pendant les vacances, mais en mieux parce qu’avec Tata c’est encore moins comme d’habitude ! Et c’était chouette aussi de passer du temps avec elle tout simplement, pas uniquement parce qu’elle fait une super baby sitter ;o)

Si j’ai envie d’un peu plus d’insouciance et de beaucoup moins de contraintes, j’aime aussi beaucoup ce que nous partageons au quotidien. En toute modestie, je trouve aussi qu’on s’en sort plutôt bien ! Même les jours où j’en ai assez et où j’aimerais souffler un peu, j’arrive finalement à plutôt bien gérer ma petite troupe. Tout ne se fait pas sans mal de tête, ni sans énervement ou sans cris, mais ça pourrait être pire ! Nos chatons ont l’air plutôt heureux, éveillés et épanouis, et tous les soirs nous nous endormons sereinement. Bien que je râle souvent sur l’état de la maison qui se salit trop vite, objectivement elle est plutôt bien rangée et les conditions d’hygiène sont plus que respectées, nous avons du linge propre tous les jours, le jardin ne déborde pas de poubelles, nos repas sont plutôt variés, nos draps sentent bon… Bref, tout va bien !

Pour résumer un peu mes pensées on va dire que ce serait bien d’arriver au même résultat, soit un environnement sympa avec des enfants mignons qui s’amusent, en pouvant lâcher un peu du lest et en profiter un peu plus nous aussi ! Si on pouvait avoir l’option enfants autonomes mais qui acceptent les bisous sur le bout du nez et les histoires sous la couette pendant plein d’années, ce serait vraiment chouette !

3 Responses »

  1. J’appréhende, je pense comme tout parent, le moment où le bilan sera tombé : « punaise, j’en peux plus, je veux du tout pour moi. Mais pourquoi tu marches pas pour que je n’ai pas à te porter tout le temps car tu me casses le dos et autres ? Pourquoi tu pleures ? Pourquoi tu ne me laisses pas 5 minutes »… soit en crisant intérieurement soit en pleurant littéralement… et pour résumer : vivement que tu sois plus autonome… je sais que ce moment arrivera et tet rapidement !

    • Je trouve ça bien de savoir qu’on peut en avoir marre, que les crises de larmes ou de nerfs vont arriver plus ou moins vite après la naissance. Ca permet de déculpabiliser !
      Quand Poussin est né je n’étais pas du tout préparée à l’agacement et au manque de temps, et ça a été super déroutant. Après, on apprend à relativiser, on comprend que c’est le lot de tout parent, et que les périodes difficiles se terminent toujours (bon, il y en a qui suivent après, mais au moins ça varie au fil du temps :-D )

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