Archives mensuelles : octobre 2013

Kafka a besoin d’une carte vitale !

Kafka a besoin d’une carte vitale !

Avant de déménager, quand j’ouvrais mon agenda qui me sert également de portefeuille, je tombais nez à nez avec ma carte vitale. Coincée dans une petite fente avec ma carte de mutuelle. Dégainée d’un geste habile et entraîné à chaque consultation médicale ou chaque passage à la pharmacie. Fréquemment donc, surtout pendant une grossesse ou avec deux enfants en bas âge. Pas qu’on soit souvent malades, mais entre les visites de routine, les prises de sang, les vaccins… Ma jolie carte vitale était reliée à mon compte CPAM rien qu’à moi, où mes enfants étaient eux aussi affiliés. Rien que du très basique ! Tout allait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes administratifs…

Et puis en août 2012 nous avons changé de région, et j’ai bien sûr notifié mon changement d’adresse partout où c’était nécessaire. Mais il faut croire qu’en matière d’assurance maladie, on ne devrait jamais quitter Montauban Nantes ! Quelques semaines après notre installation ici, je reçois un courrier de la CPAM de la Nièvre qui me signale bien gentiment que, puisque je ne bosse pas et ne cotise donc pas, je n’ai plus le droit d’être assurée chez eux, mais que je dois me faire affilier sur le compte de mon mari. On me demande également de renvoyer ma carte vitale, un peu comme si j’avais été interdit bancaire et obligée de rendre ma CB…  Je suis un peu agacée mais je m’exécute en constituant consciencieusement le petite dossier demandé. En parallèle, nous nous empressons de basculer les enfants sur le compte de Papa-des-Champs.

Plusieurs(longues) semaines plus tard, je reçois une grosse enveloppe contenant tous les documents que j’ai envoyés. Un courrier avec plein de mots surlignés en jaune fluo m’informe que mon dossier est incomplet et que je dois aussi leur envoyer 2 ou 3 autres documents. Documents qui n’apparaissaient évidemment pas dans la liste initiale des papiers à fournir. Bin oui pensez-vous, ç’aurait été trop simple ! C’est quand même dix fois plus rigolo de me faire participer à une sorte de jeu de piste, en m’écrivant sur un ton très condescendant et en mettant du fluo partout au cas où j’aurais du mal à bien lire toute seule ! Je m’empresse de faire de nouvelles photocopies et de tout renvoyer. Je suis bête et disciplinée.

Deux mois plus tard, nous recevons enfin la confirmation de mon affiliation sur le compte de mon cher époux. Presque une libération ! Bon, on me demande de remplir un nouveau formulaire assorti d’une photo, afin d’avoir droit à une nouvelle carte vitale. Je m’exécute à nouveau, quelque part un peu soulagée d’en avoir une pour moi, beaucoup plus simple qu’une carte pour 4 ! Finalement je la reçois dans un délais plutôt raisonnable et je suis agréablement surprise. Enfin, en voyant que dessus mon numéro de sécu à moi a été conservé, je ne peux m’empêcher de soulever une question intéressante : si seules les infos contenues sur la puce ont changé en m’affiliant à un autre compte, n’aurait-il pas été plus simple de me laisser mon ancienne carte ? Une simple mise à jour sur une borne de la pharmacie n’aurait-elle pas pu suffire ?…

Un jour moi aussi j'en aurais une qui fonctionne !
Un jour moi aussi j’en aurais une qui fonctionne !

Accessoirement, à cette période-là je suis en train de m’enregistrer comme auto-entrepreneur, et je sais que je vais bientôt devoir changer de régime d’assurance maladie. Je me dis que c’est un peu ballot d’avoir poireauté tant de mois si pour avoir à faire de nouvelles démarches dans quelques temps. Mais enfin je ne pouvais pas deviner, et puis je n’aurais pas aimé me retrouver sans couverture maladie pendant ce laps de temps. Même si à ce moment-là je n’ai pas encore eu besoin de consulter un médecin depuis le déménagement. De toute façon, il apparaît que le changement se fera lorsque la caisse des professions libérales me préviendra et qu’en attendant je dois utiliser ma carte vitale normalement. J’inaugure ainsi ma toute nouvelle carte, pour m’apercevoir quelques semaines plus tard que j’ai été très peu remboursée pour une consultation chez un spécialiste. Je ne suis pas à quelques euros près et ce n’est pas dramatique, mais je vais quand même jeter un oeil sur le site de la sécu. Il apparaît que le médecin traitant enregistré sur mon ancien compte n’a pas été transféré sur le nouveau, et qu’à partir du moment où je n’envoie pas de nouvelle déclaration de MT, mes remboursements seront incomplets. Même pour avoir consulté un spécialiste accessible sans avoir besoin de l’avis d’un généraliste. Super… Je note donc dans un petit coin de ma tête de penser à faire remplir une déclaration au généraliste que je consulte pour les enfants, même si à ce jour je ne l’ai pas encore eu l’occasion d’aller le voir pour moi…

Puis je reçois enfin une attestation de la Sécu des indépendants me confirmant que je fais maintenant partie des leurs. Je suis même très cordialement invitée à mettre ma carte vitale à jour, 15 jours plus tard. Sauf que ça ne fonctionne pas. Ma petite carte verte ne veut pas se mettre à jour, ni dans la première borne, ni dans celles que j’essaierai plus tard. Début juin, j’envoie donc un petit message sur le site de ma nouvelle caisse, pour leur faire part de mon désarroi. On me répond que mon dossier est en attente d’une nouvelle pièce, qui doit émaner d’une instance supérieure (la RSI), et qui sera directement envoyée chez eux. Et qu’une fois ce document en leur possession, ils m’enverront un formulaire à remplir pour obtenir une nouvelle carte vitale. Encore une fois cette manie de rééditer des cartes vitales tous les 4 matins m’agace, et j’attends sagement mon courrier. Qui n’est toujours pas arrivé…

Lundi  je me décide à passer à la vitesse supérieure en téléphonant pour savoir où ça en est. La gentille hôtesse me répond qu’elle ne voit rien de neuf sur mon dossier, et m’informe qu’un technicien me rappellera le lendemain pour faire le point. Ce qu’il a fait. Ou ce qu’elle a fait, parce que la voix de cette personne était plutôt androgyne et que je n’ai pas bien saisit son prénom au début de la conversation. Bref, cette personne me répète qu’il faut attendre le fameux papier, et qu’elle relance l’organisme chargé de l’éditer. J’apprends également qu’il n’y a pas de délais moyen ou normal, mais que parfois ça peut mettre deux ans. DEUX ANS !!! Pour transférer un pauvre document avec je suppose mon nom, mon numéro de sécu et mon SIRET…

C’est tellement navrant que ça en devient drôle ! J’ai presque hâte de me payer une belle angine pour avoir le droit de coller les petites étiquettes des médicaments sur une bonne vieille feuille de soin marron !

Différents mais pas toujours !

Différents mais pas toujours !

Dernièrement, je vous racontais comme mes enfants se ressemblent (ici). Surtout au niveau de la frimousse et du regard plein de malice. Je promettais aussi un billet sur leurs divergences de caractère, que voici !

Depuis sa naissance, Poussin a toujours eu un fort besoin de contact. Bien sûr c’était archi-normal pour un nouveau-né, ce besoin de se sentir protégé, rassuré, entouré. Sur le moment je ne m’attendais toutefois pas à ce que ce soit si intense, ce besoin de nous tout le temps, les pleurs dès qu’il n’était pas dans nos bras, la nécessité de marcher des plombes pour qu’il s’endorme… Les débuts ont été difficiles puis on a pris le plis, lui a trouvé son rythme et tout s’est apaisé vers ses 3 mois. S’il a alors trouvé ses repères et ses petites habitudes, il n’empêche qu’il n’a jamais trop aimé se séparer de nous, fut-ce pour quelques instants. Ce n’était pas forcément de l’angoisse, mais une envie de nous avoir rien qu’à lui. Imaginer que sa maman ou son papa puissent avoir autre chose à faire que de s’occuper de lui, ce n’était pas envisageable ! Pendant très longtemps il ne pouvait jouer sans nous. En grandissant il est devenu plus autonome sur les jeux et sur tout le reste, mais il lui fallait notre présence. Jouer seul à faire à manger sur sa cuisinière ok, mais avec maman plantée à côté. Surtout pas devant un magasine ni au téléphone, mais tout à lui ! Un besoin d’exclusivité qui est encore bien présent. Même si depuis quelques mois il prend plaisir à s’occuper seul dans sa chambre et à faire des trucs de son côté. A côté de ça il est totalement à l’aise à l’école, il accepte sans problème d’être gardé par un proche et il n’a jamais montré de jalousie maladive envers sa petite soeur (uniquement de la jalousie classique, et bien moindre que ce que je craignais avant sa naissance !). Un Poussin a priori équilibré mais qui aime l’exclusivité ! Je pense même qu’hier, s’il a commencé la journée en boudant un peu Tata, c’est parce que d’habitude elle vient seule et reste plusieurs jours chez nous… La voir dans un contexte inhabituel l’a un  chouilla chamboulé !

Enceinte pour la seconde fois, je m’attendais à un deuxième  bébé aux besoins  aussi énormes et dont les premières semaines seraient hyper fatigantes. J’avais peur d’être un peu submergée entre un Poussin de 25 mois encore très très glue et un nourrisson qui le serait encore plus… Et puis Belette est née. Douce, calme et tranquille. Qui a eu besoin de s’endormir sur moi ou sur son papa pendant un petit mois, mais qui faisait de longues siestes et qui a vite accepté d’être posée dans un berceau ou dans un transat. Qui restait endormie dans l’écharpe de portage pendant que j’accompagnais son frère faire du toboggan ou courir au parc. Une belette qui ne pleurait que rarement, du moment qu’elle me savait dans la même pièce. Puis entre 3 et 6 mois, elle a eu besoin de sentir ma main sur sa tête pour s’endormir…  Parfois pendant près d’une heure…Comme elle avait malgré tout un rythme régulier ça ne m’empêchait pas de m’occuper de Poussin et je ne me sentais pas trop débordée. Un peu plus tard, alors qu’elle avait sa chambre, elle a parfois eu le besoin de venir nous rejoindre dans notre lit au beau milieu de la nuit . A part moins de place dans le lit entre 2h et 7h du mat’, là encore c’était gérable puisque ça n’amputait pas trop ni notre sommeil ni l’harmonie familiale.

25 mois d'écart, à temps plein à la maison, trop fastoche ! (ou pas...)

25 mois d’écart, à temps plein à la maison, trop fastoche ! (ou pas…)

Très tôt, Belette a été indépendante et a aimé jouer seule. Changer de pièce à 4 pattes, choper un jouet intéressant et faire sa petite vie tranquillement. Elle a maintenant 19 mois et c’est pareil. Elle prend parfois l’initiative de nous fausser compagnie pour aller faire autre chose. Au début j’ai culpabilisé, tellement la différence avec son aîné était saisissante ! Je m’imaginais que je ne passais pas assez de temps avec elle. Et puis j’ai compris que non, c’est seulement une question de caractère. Aujourd’hui, Belette aime me rejoindre et m’observer quand je fais un truc aussi palpitant que faire pipi ou nettoyer le lavabo, et elle passe de longs moments sur mes genoux à regarder des livres, mais elle aime aussi farfouiller seule dans ses jouets et feuilleter sereinement un livre pendant que j’aide Poussin à se doucher par exemple.

Au premier abord, on la sent plus à l’aise que son frère avec des inconnus. Mais quand on la connaît, on voit bien qu’à elle aussi il lui faut un petit temps d’adaptation lorsqu’elle rencontre de nouvelles têtes. Si au bout de quelques heures elle a, d’elle même, donné la main à son tonton qu’elle voyait pour la première fois, elle a hurlé à la mort quand l’agriculteur voisin l’a hissée pour monter sur son tracteur. La semaine dernière, lorsqu’elle a aperçu un inconnu au bout du chemin, elle a tout de suite mis sa main dans mienne. Après une journée remplie de nouveaux visages, elle a tendance à avoir un sommeil moins serein. Et il faut s’armer de patience pour la faire dormir dans un endroit inhabituel, ce qui ne posait pas trop de problème à son frère.  Quand Poussin a commencé à aller à la garderie il n’était pas très à l’aise et il lui a fallut un peu de temps pour ne plus avoir de chagrin en me voyant partir. Mais au bout de 5mn tout allait bien, et c’était pareil lorsque nous le faisions garder par des proches ; départ tendu mais tout se passait super bien ensuite. Belette a connu beaucoup moins de séparations, mais si les départs n’ont jamais posé problème, elle a parfois été un peu tristoune en attendant notre retour. Cela fait d’ailleurs un bon moment qu’elle n’a pas été gardée et je me demande ce que ça donnerait maintenant…

Si Poussin est prudent de nature, Belette est intrépide. Là où il ne grimpe ou ne saute que s’il est sûr de ne pas se faire mal, elle fonce tête baissée et nous offre de jolies frayeur ! Alors qu’il a longtemps insisté pour qu’on lui enfourne ses purées dans le bec, qu’il a toujours adoré les compotes mais eu du mal avec les fruits frais, Belette est tout l’inverse. Très tôt elle a voulu manger seule, des morceaux, et elle se jette sur tous les fruits qu’elle croise. Ce qui les rapproche serait surtout leur amour du pain frais et l’espièglerie avec laquelle ils croquent dans les légumes crus lorsqu’on les épluche ! De son côté, Poussin a parlé de bonne heure. Au début des mots mal prononcés, des imprécisions, mais une nette volonté d’essayer. Belette semble moins pressée, ou plutôt je la soupçonne de ne rien vouloir dire avant d’être sûre de tout bien maîtriser. Son jeu favori du moment est d’ailleurs de pointer du doigts toutes les images qu’elle voit, pour nous faire dire leur nom. Comme si elle se gavait de mots pour mieux nous les dire par la suite.

Pour finir, mes chatons ont chacun une façon bien à eux de manifester leurs colères. Chez Poussin, les colères sont difficiles et elles font mal. On sent que quelque chose coince, qu’il est torturé, que ça le mine. Il faut souvent beaucoup discuter pour faire retomber la pression. Chez Belette les colères explosent, les cris se font entendre et les objets valsent. Mais ça ne dure pas. C’est son héritage méditerranéen qui semble alors bouillonner, pour retomber aussitôt ! Comme sa maman (et j’ai bien envie de dire comme ses mamies, mais ne leur répétez pas !)… Ses emportements sont presque violents mais clairs, concis, limpides. Le premier est méticuleux, ordonné, précis. La seconde est plus brusque, fougueuse, volcanique. Les deux aiment jouer à faire le ménage et se passionnent pour l’aspirateur. Ils ont aussi la même façon de venir s’avachir sur nos jambes, un livre à la main, pour écouter des histoires et regarder des images tout en câlinant. Ils adorent tout autant le toboggan, l’eau qui éclabousse, le chocolat, et faire des tours avec de cubes qu’ils feront ensuite dégringoler bruyamment.

Leurs caractères différents les rendent uniques. Tout comme je m’amuse de leurs ressemblances, je m’extasie de leurs différences. Ils sont parfois déroutants, puisque notre façon d’agir doit ainsi s’adapter à chacun, mais c’est ce qui fait tout l’intérêt d’une fratrie. Et c’est grâce à tout cela que faire un nouveau bébé n’est jamais vraiment un recommencement, mais surtout une nouvelle aventure et une rencontre unique ! Notre Poussin et notre Belette ont ainsi cette manière bien à eux d’être de la même famille, tout en étant chacun une petite personne bien particulière !