Quand Papa et Maman étaient petits…

Quand Papa et Maman étaient petits…

Indéniablement, devenir parents c’est replonger dans notre propre enfance ! Parfois avec nostalgie ou tendresse, parfois avec colère, pour y découvrir des trésors qu’on avait oubliés ou se retrouver face à face avec de vieux démons… Dans tous les cas, ce retour en arrière influe sur notre façon d’élever nos enfants et il nous aide parfois à mieux les comprendre. Il nous permet aussi de comprendre, avec nos yeux d’adultes, les réactions et façons de faire de nos propres parents.

Ce constat, Papa-des-Champs et moi nous le faisons de plus en plus souvent. Nous avons tous les deux eu la chance de grandir dans des familles équilibrées et de ne pas avoir de grosse fêlures héritées de l’enfance, ce qui simplifie certainement ce plongeon dans le passé.  Comme tout un chacun nous avons notre lot de névroses, mais elles sont petites alors ça va :-) Nous pouvons donc rire de nos anecdotes d’enfants et nous mettre à la place de nos parents, puisque maintenant les grands, c’est nous !

En redevenant l’enfant que nous étions et en ayant à l’esprit nos émotions de minot, nous comprenons bien mieux les demandes de Poussin et de Belette. Et nous sommes moins sévères. Par exemple, si maintenant je sais que de rester plantée à côté de mon fils qui se lave les mains c’est un peu pénible, je me souviens que petite j’avais parfois peur d’être seule dans une pièce. (Et même encore maintenant la nuit d’ailleurs…) Je sais que ce n’est pas du cinoche parce que je me souviens que les peurs sont quelquefois irrationnelles. Je me souviens aussi que le soir, demander un dernier bisou quand on est déjà au lit, ce n’est pas juste pour enquiquiner le monde mais bien parce que sur l’instant c’est presque vital… Attendre un bisou 5 vraies minutes, je sais aussi que c’est long. Ça ne m’empêche pas d’être agacée quand Poussin me rappelle pile au moment où je pose mes fesses sur le canapé, et il doit parfois attendre un peu quand je suis occupée, mais je suis nettement moins fâchée que si j’avais tout oublié.

Maintenant, nous savons aussi pourquoi il y a 20 ou 25 ans nos parents n’étaient pas plus emballés que ça à l’idée de faire 4 fois de suite le même jeu de société… Je n’en avais absolument pas conscience quand j’étais petite, mais en fait le cochon qui rit ou les petits chevaux, quand on grandit ça devient vite chiant ! Et en même temps, je me souviens comme c’était nul les fois où personne ne pouvait jouer avec moi. Vraiment, je ne comprenais pas pourquoi ma maman ne trouvait pas ça génial d’enchaîner les parties de « bonne paye » ou de « mystères de Pékin » !  Alors aujourd’hui nous essayons de tempérer, comme nos parents l’ont fait il y a des années. Nous expliquons à Poussin que le « jeu du verger » c’est super, mais pas 4 fois de suite ! Et à côté de ça, le mardi soir nous lui proposons régulièrement de se coucher un peu plus tard pour jouer tous ensemble. Ce soir d’ailleurs, ce sera une partie de « croque carotte » ! De mon côté, je continue à tanner Papa-des-Champs très régulièrement pour qu’il m’accorde une partie de scrabble…

Jeu du Verger, Haba

Chez nous même quand on gagne on donne un fruit au corbeau à la fin de la partie, « parce qu’il a faim » !

Grâce à nos enfants, nous avons également compris pourquoi nos mamans (oui, à l’époque c’était un truc de mamans !) n’étaient pas toujours enchantées par nos guignoleries à table. Papa-des-Champs se souvient même que la sienne menaçait de construire un mur sur la table de la cuisine, pour le séparer visuellement de son frère ! En presque 4 ans de parentalité, nous avons bien sûr pu nous rendre compte maintes et maintes fois qu’un enfant à table, ça peut être super casse-pieds… Tremper les mains dans le verre d’eau, mettre des plombes à mâcher trois morceaux de steack, faire de grands gestes en oubliant qu’on a une cuillère pleine de petits pois dans la main, c’est moyennement amusant pour un parent fatigué ! Mais depuis quelques semaines, nos enfants ont relevé le niveau en y ajoutant les singeries à deux. Ils se font des signes, se tortillent, ricanent, le grand pose des questions débiles à la petite qui répond « nan » à chaque fois, ils se marrent comme des baleines, répètent des mots débiles en gloussant, et avec tout ça ils en mettent partout. Poussin en a même vomi la moitié de son petit dèj sur la table une fois qu’il avait un peu trop dansé sur sa chaise… Et Belette n’a toujours pas compris que de faire « Meunier tu dors » quand on a du fromage sur les doigts, ça salit les cheveux… Si la radio reste allumée pendant le repas, ils applaudissent dès que l’occasion se présente et ne manquent pas de scander « le banco, le banco, la banco » en braillant… Ce qui en plus d’être pénible nous empêche d’écouter les questions du Jeu des 1000 euros ! Dans ces moments-là nous nous souvenons comme on ne se rend pas compte, quand on est petits… On ne se rend pas compte qu’on rend chèvre nos parents et qu’il faudrait penser à se calmer. Ce n’est que maintenant, en étant nous-mêmes des parents, qu’on réalise comme le bruit peut rendre fou ! Malgré tout, nous sommes contents de voir comme la complicité de nos enfants ne cesse de se développer, aussi bruyante soit-elle !

En devenant parents notre vision des choses est devenue double. Le côté pile de l’enfance se mêle au côté face des adultes et nous permet d’ajuster nos réactions. En replongeant dans nos émotions passées, loin de devenir parfaits nous avons au moins la possibilité de réfléchir, d’arrondir les angles et d’être moins rudes. Nos souvenirs d’enfance nous aident à accompagner nos propres petits, et ensemble nous construisons le chemin singulier de leur histoire. Et nous comprenons à présent pourquoi nos parents avaient si souvent mal à la tête et besoin de silence ;o) !

6 Responses »

  1. Oh que c’est dur de ne pas être agacé-e et de ne pas perdre patience face à eux/elles…
    Mais je me rends compte que je perds souvent patience parce que j’ai en tête tout ce que je dois accomplir et qui pendant ce temps là ne bouge pas d’un poil…
    La fatigue de la journée joue certes mais c’est plutôt (enfin en ce qui me concerne) le manque de temps pour les tâches du quotidien. Et encore, nous avons plus de temps que vous, nous n’avons qu’un bébé et nous sommes moins maniaques que vous côté ménage :)

    Quand les mômes au boulot m’horripile, je me remets souvent en cause mais j’en ai tout de même des bien gratinés ! Qui font tout le contraire de ce que tu leur demandes parce que c’est vachement plus drôle (et non, ils n’ont pas deux ans mais plutôt entre 7 et 10 !) et te manque de respect parce que c’est juste plaisant pour eux… (oui mais pas pour nous !). Alors, je prends des distances en me disant que leurs parents sont absents et que donc, je trinque pour eux ou pour d’autres raisons et là, je me dis : « nnoooonnn Héloïse, please, pitié, sois cool ! »

    Les âneries entre frères et sœurs, on a hâte de les voir même si ça nous apportera aussi son lot d’agacement.

    Et tu as raison, jouer aux petits chevaux… c’est d’un barbant ! Comme le Monopoly (et à bien y réfléchir, quelles sont les valeurs de ce jeu ?) et comme tant d’autres !

    Allez courage à nous !

  2. Le manque de temps pour les tâches quotidiennes c’est ce qui me rendait folle aussi, surtout au début ! Heureusement on lâche du lest avec le temps, et surtout avec l’arrivée d’un deuxième bébé ! Avec le recul je me dis que j’ai été bien bête quand Poussin était tout bébé… En plus du ménage je me stressais pour prendre le temps de cuisiner notre petit quota de légumes et de repas sains… J’aurais du faire des pâtes plus souvent et attendre le retour de Papa-des-Champs qui aurait pris le relais, on aurait mangé tard et ça n’aurait pas été dramatique ! Manque de bol j’ai compris ça trop tard, maintenant qu’il y a l’école et que les enfants mangent comme nous l’option pâte-fromage à 22h ça le fait moins ;o)

    Pour les gamins pénibles, on va espérer très fort que les nôtres soient assez bien dans leurs pompes pour être respectueux et polis :)

    Je relativise beaucoup les âneries entre frère et soeur en me disant qu’ils développent une complicité extra et qu’ils se marrent bien ensemble. J’imagine que ces moments-là sont précieux pour leur futur.

    Arf le Monopoly, ou comment apprendre à s’enrichir en écrasant son prochain…

  3. Ah, le dernier baiser du soir, comme il est important! Je pense au petit Marcel (Proust) qui a si bien su décrire l’attente de ce baiser, et son importance.
    Pour les jeux de société, dès que les enfants ont 5 ou 6 ans, il en existe des tonnes et des tonnes de très très chouettes qui permettent de vraiment bien rigoler en famille. Ces moments là sont précieux, nous rapprochent.

    • Je pensais justement à ce pauvre Marcel en écrivant l’article ! Des années plus tard il restait marqué par cette attente, c’est terrible…

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