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Ici ou là

Ici ou là

Il m’arrive d’avoir des discussions passionnantes. Si, si. Ainsi, il y a quelques semaines, lors d’un échange de mails avec un ami, j’ai plaisanté en écrivant qu’au bout de 6 ans de vie bourguignonne, j’avais désormais une double culture. Finalement, à bien y réfléchir, je crois plutôt que je ne me sens ni parisienne, ni nivernaise.

Enfant, il me semble que mon identité était liée à l’endroit où je vivais, même si je n’y avais pas forcément de racines très ancrées. C’était comme ça, il n’y avait pas de question à se poser. J’étais presque parisienne (essonnienne ça fait décidément trop moche !) parce que j’habitais là, comme mes parents et mes grands-parents, peu importe leur région ou leur pays de naissance. Selon toute logique, c’est cet endroit, la ville où j’ai le plus longtemps habité, là où je suis allée à l’école, où j’ai grandi, où j’ai rencontré celui qui est devenu mon mari, qui devrait me servir de référence. Mais non. Je ne m’y sens plus chez moi.

Peut-être parce que j’ai voulu quitter cette petite ville très tôt, dès que j’ai été capable d’avoir envie de vivre ailleurs. Ce n’était pas affreux, je n’en garde pas des souvenirs horribles, c’était même moins pire que ce que les reportages télé sur les banlieues craignos essaient de montrer… Disons plutôt qu’à 15 ans on aspire à autre chose. Et vingt ans plus tard, les barres de hlm et la ligne D du RER ne me font toujours pas rêver !

Pour notre premier appart’ à deux, nous avons choisi une banlieue moins moche, dans un autre département, avec moins de RER à prendre pour aller étudier ou travailler, des rues sans gros immeubles en béton, des vrais magasins (et pas juste un centre commercial en béton moche…). C’était chouette mais ce n’est jamais vraiment devenu « notre » ville, certainement parce que nous n’y sommes pas restés assez longtemps pour nous l’approprier.

Finalement, aujourd’hui, pour notre petite famille, le lieu qui renvoie le plus à un sentiment de racines, celui qui nous fait un petit truc dans le ventre quand on voit son nom écrit sur un panneau routier (avec une envie de le pointer le doigt en couinant « mai-sonnn »), c’est Nantes. Une ville où nous avons vécu à peine 4 ans, où nous n’avons ni famille ni amis, mais qui représente une part importante de notre histoire.

C’est là-bas que nous avons choisi de devenir une famille, de nous séparer de nos familles respectives, symboliquement et géographiquement, pour mieux fonder la nôtre. Le hasard a d’ailleurs voulu que nous habitions rue Racine, certes en référence au dramaturge, mais quand même, le double sens est amusant.

Dans la série « psychologie et littérature », j’ai d’ailleurs un exemple assez parlant. Dans un passage de Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez, le personnage de la mère ne veut pas quitter le village où la famille s’est installée parce que c’est là que son premier enfant est né. Elle s’oppose à son mari dont le point de vue est tout autre, puisqu’il déclare : « Nous n’avons pas encore eu de mort. On n’est de nulle part tant qu’on n’a pas un mort dessous la terre ». En fin de compte les deux arguments se valent. Il est seulement question de savoir de quel côté de la vie on se place, au début ou à la fin ! Evidemment, le point de vue de la mère est chargé de sens.

Il me semble également que les enfants se sentent un peu nantais. C’est évident pour Poussin, qui ne se sent absolument pas « d’ici » (en même temps, ce gamin cultive un certain goût pour la différence… chaque prétexte étant bon pour ne pas être « comme les autres », il se réjouit de toute particularité le concernant !). Je me demande ce qu’il en retiendra, plus tard. Il gardera peut-être quelques expressions d’ici, même si pour le moment il aime se moquer des petites particularités linguistiques du coin (et je suis bonne joueuse, à lui expliquer que si certaines sont incorrectes grammaticalement, ça ne veut pas dire que les gens ne savent pas bien parler, qu’à l’oral notre langue est souple, qu’il faut être un peu plus tolérant… même si parfois moi aussi j’ai les oreilles qui saignent !) Que répondra-t-il, Poussin, lorsqu’on lui demandera d’où il vient ? D’une autre planète, c’est sûr, mais plutôt du côté de la terre, ou du côté de la mer ?

Il y a trois ans, nous avons plus ou moins évoqué l’idée de retourner vivre dans la région nantaise, avant de réaliser que nous étions trop attachés à notre maison et à notre petit coin de campagne. Un soir d’été, en profitant d’un dernier petit café dans le jardin, vue plongeante sur les champs et la forêt, nous avons réalisé que tout ça nous manquerait trop. L’appel de l’océan aura été moins fort que le brame du cerf !

Je ne me sens toujours pas « d’ici », mais je m’y sens bien. C’est ici que j’ai mes repères, des amis, des gens dont la tête me dit quelque chose même si je n’arrive pas à mettre un nom dessus, des habitudes, des projets…
Peut-être qu’un jour on partira, peut-être pas. Peut-être que nos enfants n’auront pas de racines, seulement des ailes, et que ce sera suffisant pour qu’ils se sentent libres d’aller où il leur plaira.

Esprit de Noël es-tu là ?

Esprit de Noël es-tu là ?

Début octobre, j’ai un peu soupiré en voyant les rayons des magasins se remplir de décorations de Noël, de chocolats puis de jouets. En novembre, j’ai trouvé que c’était un peu tôt pour les premiers marchés de Noël, mais je me suis dit qu’après tout il n’y avait pas de saison pour le vin chaud.

Pour me laisser un peu de temps, pour essayer de vivre un minimum en phase avec les saisons, j’ai décidé de ne pas commencer à « penser Noël » avant début décembre. J’ai toutefois fait une exception pour réserver notre séjour-cadeau-de-noël familial et pour gérer le traditionnel « on réveillonne quand, où, avec qui? ». Rien que de la logistique, en somme. Pour tout le reste j’ai tenu bon.

Je voulais laisser l’ambiance de Noël s’imposer progressivement, au fil des cadeaux à confectionner et de ceux à acheter, à force d’entendre les enfants chanter en boucle leur répertoire de Noël, à mesure que s’ouvriraient les petites pochettes du calendrier de l’Avent… Je pensais que ça irait plus vite, mais non, cette année tout est allé doucement. J’ai même l’impression que pour une fois, les gens n’ont pas installé leurs décorations trop tôt. D’habitude, avec les enfants, on commente les illuminations des maisons sur le bord des routes à partir de fin novembre, mais cette année on a dû patienter un peu plus longtemps. C’en était presque frustrant ! Vraiment, c’est toujours un bonheur de regarder les décos des gens, parce que soit c’est joli, soit c’est tellement raté que c’est drôle. D’ailleurs je crois que je préfère quand c’est raté !

Bref, tout ça pour dire que décembre était déjà bien entamé, mais que l’esprit de Noël n’était pas encore arrivé jusqu’à moi. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir enchaîné les activités du calendrier de l’Avent, à base de films de Noël, d’histoires, de vitres décorées au blanc de Meudon et de repas éclairés à la bougie… Sans oublier mon calendrier de l’avent à moi, rempli de thés qui sentent trop bon et qui portent des noms trop jolis (une journée qui commence par un thé appelé « étoile du désert » ne peut que bien se passer !), l’album de Noël d’Aldebert qui tourne en boucle à la maison (j’alterne quand même avec le dernier Bashung quand les enfants ne sont pas là), les derniers cadeaux à acheter et les petits bricolages de saison.

Après avoir passé des semaines à essayer de ne pas basculer trop tôt du côté Noël, ça a presque fini par être un peu frustrant de ne pas du tout être dans l’ambiance des fêtes !

Finalement, c’est arrivé ce week-end. Naïve que je suis, je n’avais pas percuté, mais en fait, avoir un sapin dans le salon ça aide beaucoup à percevoir l’esprit de Noël ! Certes, le 15 décembre c’est peut-être un peu tard pour installer un sapin, mais l’avantage c’est qu’il sera encore en forme jusqu’à début janvier. Et puis on a mis celui du portail un peu avant, ça compense !

Dans la série « on aurait pu y penser plus tôt », l’emballage des cadeaux est également une activité très efficace pour plonger dans l’ambiance fêtes de fin d’année ! Le mieux c’est encore de le faire à deux, avec du thé et des chocolats, en racontant des bêtises et en essayant d’innover un peu dans les emballages. Cette année, pour rester dans le thème du fait maison, j’ai tenté le papier kraft cousu. Papa-des-Champs trouve que c’est mignon, moi je n’ai pas d’avis tranché. Disons qu’il y a deux réactions possibles : ceux qui aimeront l’originalité et le minimalisme, et ceux qui penseront qu’on a définitivement basculé du côté écolo-clodo ! En même temps, c’est totalement à l’image des cadeaux qu’il y a dedans, on ne lésine pas sur la cohérence !

Comme tous les ans, cette dernière semaine s’annonce bien chargée sur la fin. Comme tous les ans, c’est toujours pendant les jours qui précèdent les vacances que le papa est barré à Paris et que je gère tous les petits détails de dernière minute, mais ça ne me dérange même plus. Non, le papa ne croule pas sous le boulot, il fête seulement Noël avec ses collègues… Ce qui est quand même super drôle, c’est qu’au tirage au sort « on fait une chaîne pour que chacun offre un cadeau à quelqu’un et en reçoive un », il est tombé sur le boss de la boîte. On a osé un peu de fait-maison pour le cadeau, mais l’emballage est relativement soigné. On attend d’avoir des retours sur le côté écolo-clodo avant de l’élargir à un cercle non familial !

Ce qui est sûr, c’est que nous avons tous les quatre plongé dans l’esprit de Noël. Les enfants comptent les jours avant les vacances, les jours avant l’arrivée de Mamie et de son amoureux, les jours qu’il reste avant le réveillon, et enfin ceux qui nous séparent de notre voyage.

Bonnes fêtes !

En voiture !

En voiture !

Au début, les trajets en voiture avaient tendance à endormir les enfants. Pratique, lorsqu’on pense aux difficiles endormissements de Poussin quand il était tout bébé. Le problème, c’est que ça ne durait jamais bien longtemps. Au bout de 45 minutes, grand max, il se réveillait et ne s’endormait plus de tout le trajet. Pire, il passait alors en mode « je chouine, puis je pleure ». Pour couronner le tout, le moindre arrêt provoquait son réveil… Même pendant les fameuses 45 minutes de dodo… Il fallait donc croiser les doigts pour ne pas avoir de feu rouge, et maudire les arrêts au péage ! Un vrai bonheur ! Heureusement, c’était un peu moins difficile avec Belette, qui a toujours été une marmotte. Son truc à elle était plutôt de se tortiller dans son siège pour tenter de se libérer du harnais. Inutile de préciser que ça l’agaçait de ne pas réussir, et que ça nous stressait d’imaginer qu’elle puisse se détacher…
Bref, les bébés en voiture, ça ne me manque pas !

J’aimerais beaucoup privilégier la marche ou le vélo, mais c’est malheureusement assez peu compatible avec les trajets quotidiens en zone rurale. Clairement, nous sommes trop loin de l’école, et trop en hauteur (c’est chouette d’habiter sur une colline, mais pas super pratique pour y monter à vélo plusieurs fois par jour) pour se passer d’une voiture. Quant aux activités pour lesquelles il faut faire 20 km, n’y pensons même pas ! Alors autant mettre à profit nos trajets . Ils sont autant de merveilleuses occasions de mettre de la musique, écouter la radio (ou plus exactement, essayer de faire taire les enfants pour espérer suivre le fil d’une émission) et surtout, discuter.

La photo est tellement représentative de nos trajets en voiture, j'aurais eu tort de passer à côté !La photo est tellement représentative de nos trajets en voiture, j’aurais eu tort de passer à côté !

Tous les sujets y passent, des conversations les plus palpitantes (par exemple le nombre de fois où Machine a été punie à la danse, la composition de l’équipe de la dernière balle-au-prisonnier, l’énorme gros mot prononcé par Bidule pendant la récré…), aux questions les plus méta-physiques sur le fonctionnement de l’univers. Parfois, je me laisse emporter par de grandes explications philosophiques et j’adore ça, parfois je suis fatiguée et j’élude. Il arrive aussi que je sois d’une incompétence crasse. Dans ces cas-là, on projette de consulter internet ultérieurement, ou de demander au papa. C’est surtout valable pour tout ce qui concerne les sciences. Variante, si c’est sur le trajet de l’école et que ça concerne le mode de vie des bestioles de la forêt, il m’arrive de tenter un petit « Tu demanderas au maître, il sait certainement » !

Régulièrement, nos discussions me font aussi beaucoup rire. Soit parce que c’est vraiment drôle, soit parce que les questions ou remarques des enfants sont particulièrement décalées, complexes, ou hors-sujet. Par exemple Poussin, qui soudain se résout à nous demander : »Mais en fait, Emmanuel Macron, il est de droite ou de gauche ??! ». Bon, celle-là était facile, nous ça fait un moment qu’on a tranché ! La complexité est arrivée juste après, quand la petite sœur a voulu qu’on lui explique la différence entre la droite et la gauche… Belette, toujours, m’a récemment conseillé d’enlever les plaques d’immatriculation de la voiture, ou au moins de les cacher. Pourquoi ? Parce que je venais de répondre à sa question sur le fonctionnement des radars automatiques. Cette enfant a une sainte horreur de la lenteur en voiture, d’ailleurs c’est toujours la première à nous inciter à doubler… de préférence quand on est en plein virage avec des camions qui arrivent en face. Belette est un danger public !

Il y a également des moments très très très pénibles où je suis obligée de râler pour que les enfants arrêtent de se chamailler, de se pincer, voire de se mordre (Belette est une adepte de la morsure), ou de se couper la parole (surtout lorsqu’il s’agit de raconter un truc absolument inintéressant survenu dans la cour de récré et pour lequel chacun veut me donner sa version…). Je m’agace aussi facilement de leur vilaine manie qui consiste à annoncer chaque lieu devant lequel nous passons. Je m’explique : ils ont pris la très mauvaise habitude de commenter, de concert, certains lieux situés sur nos trajets réguliers. Ça donne des trucs très chiants comme par exemple deux enfants qui beuglent en chœur: « le château », « la maison rose » (qui est devenue orange depuis…), « la bibliothèque », « la maison d’Untel », « la dame pas aimable à sa fenêtre » (oui, elle fait partie du décor !)… Je vous assure que ça peut devenir très vite très agaçant.  Ceci dit, j’accepte bien volontiers de m’extasier avec eux sur « les bébés veaux trop mignons » dans les prés, les chevreuils, les écureuils et les chatons qui nous coupent régulièrement la route.
Moins drôle, pas plus tard qu’hier c’est un frelon qui s’est invité dans la voiture. Heureusement, on a pu s’arrêter sur le premier arrêt de car venu pour le dégager (et qu’on arrête tous de brailler !).

Tous les trois

Tous les trois

Notre première journée rien que tous les trois a eu lieu quelques jours après la naissance de Belette. Le papa avait été obligé d’interrompre son congé paternité juste une journée, pour bosser sur un truc mega-important-qui-ne-pouvait-pas-attendre. Je n’étais pas très rassurée à l’idée de m’occuper toute seule de deux enfant, un tout petit et un pas-bien-grand qui était alors en mode archi-pot-de-colle. Certes, j’avais eu quelques mois pour me préparer psychologiquement, mais sur le moment c’était quand même un peu étrange.
Finalement, je me suis vite rendu compte que ce n’était pas si terrible. Cette première journée à trois s’est même très bien passée. Chacun a reçu l’attention dont il avait besoin, personne n’est mort de faim, et le papa a eu la chance de câliner des enfants tout propres après son travail. Mission accomplie !

Ce jour-là nous avons aussi joué à la dînette, rien que tous les trois. Tout naturellement, Poussin a fait semblant de faire boire du thé à sa petite sœur et de lui offrir de délicieux faux gâteaux. Evidemment, Belette n’en avait strictement rien à cirer… et moi je surveillais les gestes de Poussin.  Je l’encourageais même carrément à faire tout doucement et à surtout ne JAMAIS rien mettre pour de vrai dans la bouche de sa sœur ! Ni dans son nez, ni dans ses oreilles, ni nulle part ! Quoi qu’il en soit, ce fut un chouette moment.

Au fil des mois, ces jeux ont perduré. Belette était le patient (parfois malgré elle) et Poussin le docteur, elle faisait le public et lui l’artiste, l’élève et lui le maître… Parfois c’était moins évident, et je devais presque me dédoubler. Jouer aux playmobils avec l’un et faire des marionnettes pour déclencher les premiers rires de l’autre, fabriquer des merdouilles œuvres en pâte à modeler avec le grand, et bercer d’un pied le transat de la toute petite qui commençait à trouver le temps long.
Il y a eu des journées heureuses et  tendres, une toute petite fille qui dormait dans l’écharpe de portage tandis que son frère glissait sur un toboggan 48 fois de suite, des centaines, des milliers d’histoires lues avec un enfant sur chaque genoux (ça, ça arrive encore !)… Bien sûr, il y a aussi eu des journées plus que pourries : celles où j’ai compté les heures avant le retour du papa, celles avec des siestes complètement ratées où pas un ne s’est endormi, celles où j’ai été terrassée par la migraine alors que les enfants, eux, étaient en pleine forme…

Aujourd’hui encore, il y a des journées plus agréables que d’autres. Dans l’ensemble, c’est quand même moins difficile que lorsqu’ils étaient tout petits, il faut bien l’avouer. Nous avons l’habitude d’être tous les trois, et notre petit trio fonctionne plutôt bien. Evidemment c’est encore mieux quand le papa est là et que la famille est au complet, mais nous savons tirer profit de nos moments à nous trois.

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Depuis deux ans, le papa va travailler à Paris une journée par semaine (départ à 5h45, retour à 21h45), et malgré les premières réticences des enfants, on s’y est fait. Pour que ce soit plus léger et joyeux, on en profite généralement pour faire ce qui agace le papa : on met de la musique « ringarde » de bon matin (j’appelle ça l’initiation « chanteurs morts », à base de Joe Dassin et de Michel Delpech…), on chante à tue-tête dans la voiture, on chuchote pendant tout un repas, ou alors on se met à parler très très fort (ce qu’on ne pourrait pas faire en appart !) et on rit comme des baleines de nos idioties. Souvent, entre deux éclats de rire, il y en a toujours un pour dire « heureusement que Papa n’est pas là ». Le lendemain on lui raconte nos bêtises et ça le fait marrer, parfois aussi ça le navre et ça nous fait encore plus rire !

Les premières fois que le papa a du s’absenter plusieurs jours d’affilée, ça a été un peu plus compliqué, mais là encore on s’est adaptés. Je sais maintenant me débrouiller toute seule avec le poêle pendant toute une semaine, ce qui n’était vraiment pas gagné ! Mieux que ça, je sais même le rallumer quand il s’éteint ! Je ne m’en serais pas crue capable il y a encore quelques années…mais en plein mois de janvier c’est presque une question de survie !

L’année dernière, le papa a été obligé d’aller travailler à Paris pendant tout le mois de septembre. Ça a été un peu plus compliqué, même s’il rentrait le week-end. Le plus difficile n’a pas été d’être seule avec les enfants, ni de gérer  la logistique de la rentrée, au contraire, j’ai trouvé ça plutôt grisant de me rendre compte que j’étais capable de tout faire toute seule. Si bien que le week-end chacun avait un peu de mal à retrouver sa place. De mon côté, j’avais du mal à accepter de ne plus être le seul maître à bord. Je crois même que j’ai eu peur de m’habituer à cette situation, et à considérer comme normal le fait de vivre en maman solo. Il faut dire aussi que c’était une période difficile pour le papa et que le stress le rend assez pénible à vivre (mais on l’aime quand même !).

Le côté positif de tout ça, c’est que je me fais bien plus confiance au fil du temps. Je suis beaucoup moins réticente à faire de grosses sorties seule avec les enfants.  Il faut dire aussi qu’ils grandissent et qu’il est devenu plus simple de les trimbaler ! Cet été nous avons fait deux escapades en train à Paris, rien que tous les trois, et c’était chouette. Nous avons même survécu au Louvre et à Notre Dame en pleine canicule, c’est dire ! Par contre, je n’ai pas réussi à faire diversion devant les chatons dans le formol du musée d’histoire naturelle (aussi appelé « le musée des squelettes » par Belette !). Oups.

Cette fin de semaine, le papa est en classe de mer séminaire de rentrée à Biarritz. On aurait bien aimé décaler la rentrée pour y aller avec lui, mais ça n’a pas été possible… Tant pis, après tout on s’amuse bien aussi tous les trois !