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Illusions perdues (ou pas…)

Illusions perdues (ou pas…)

Comme la plupart d’entre vous, je suis à l’affût des informations ces derniers jours. La radio est allumée autant que possible, et j’actualise mes sites d’info régulièrement sur mon ordinateur. Je suis tour à tour sidérée, triste, en colère, révoltée, pessimiste… J’ai aussi envie d’union, de solidarité et de lutte contre la bêtise.

J’ai l’impression que tout ce que j’ai appris dans mon enfance, sur la paix et la tolérance, s’éloigne de plus en plus de notre réalité. Quand j’étais petite j’étais confiante, persuadée de vivre dans un pays où la liberté et la paix étaient acquises. J’étais sûre que tout ce qu’il y avait de pire était loin derrière nous : le racisme, l’obscurantisme, la terreur, la guerre… Je savais que tout ça existait, bien sûr, mais je croyais qu’en France nous étions à l’abris. Je pensais aussi que l’école était là pour nous apprendre à tous le respect, la tolérance et la liberté, et que ma génération serait forcément plus pacifique que les précédentes.

Depuis j’ai eu pas mal de déceptions. Il y a eu le 11 septembre, mais c’était loin. Il y a eu le 21 avril, et j’ai pris conscience que mon pays avait sa part de noirceur. J’avais tout juste 18 ans, je votais pour la première fois, et j’ai compris que ma carte d’électeur allait m’être précieuse. Le soulèvement républicain qui a suivi m’a quand même un peu rassurée, et j’ai eu l’espoir que les choses changent. Ça n’a pas été le cas. Depuis, les résultats des élections me débectent toujours un peu plus.

Il y a quelques années j’ai eu pour collègues des personnes particulièrement étroites d’esprit et intolérantes. Des personnes qui avaient plus ou moins mon âge, et qui avaient eu aussi fréquenté des écoles où j’imagine qu’on a voulu leur enseigner le respect et la tolérance. Leurs discours sur les incroyants, les femmes, les homosexuels ou les croyants d’autres confessions m’ont démontré que cet enseignement républicain n’avait pas eu prise sur eux.

Encore après, il y a eu les manifs pour tous, les propos dégueulasses des « anti », la remise en cause de l’ivg et d’autres propos scandaleux. Là encore ma foi en la tolérance en a pris un sacré coup. Comme à chaque fois que je tombe sur des appels à la réhabilitation de la peine de mort. Ou quand je lis des commentaires nauséabonds sur la communauté Rom. Parfois aussi j’éteins la radio parce que certains hommes (ou femmes !) politiques me désespèrent.

Aujourd’hui je suis partagée entre deux positions. Je n’ai plus beaucoup d’illusions et je me demande dans quel monde vont grandir mes enfants. Mais j’ai aussi envie de hurler ma colère, et de soutenir toutes les actions qui rendront notre monde un peu moins con. Je me demande comment on va faire pour sortir de tout ça, mais j’ai aussi envie de croire que tant qu’il y aura des hommes et des femmes libres, engagés et tolérants, rien ne sera perdu. Je veux faire découvrir la liberté, la tolérance et l’insoumission à mes enfants, pour qu’ils s’approprient ces valeurs qui me sont si chères. Leur faire lire Hugo, Voltaire, Charlie Hebdo et tous les autres…

JeSuisCharlie

La vraie vie

La vraie vie

Il y a 8 ou 9 ans je pensais que notre vie était représentative de celle des autres. J’étais jeune et naïve, et je pensais réellement que s’il y avait une norme nous en étions plutôt proches. Pour moi la vie c’était la ville, internet, les week-ends plusieurs fois dans l’année et un boulot dans un bureau, à des horaires classiques et réguliers. J’imaginais bêtement qu’ailleurs c’était pareil, et qu’aux quatre coins de la France les jeunes entre 20 et 30 ans vivaient comme nous, globalement. J’étais persuadée que la province c’était Paris en plus petit… et qu’à Lille, Nantes ou Toulouse c’était comme à Paris, qu’il y avait juste moins de rues, moins de bars et moins de métros. Bon, je n’étais pas non plus crétine et je me doutais bien qu’il y avait forcément des particularités locales, mais je les minimisais. Je savais que partout des gens ne vivaient pas comme nous, mais je ne réalisais pas à quel point.

Les années ont passé, j’ai vécu dans différents endroits, j’ai fait des rencontres… et j’ai vu que la vraie vie n’était pas la mienne. Ou en tout cas pas que la mienne. Les différences sont beaucoup plus importantes que prévu, les modes de vie sont toujours un peu plus éloignés du mien, et il y a autant de vérités qu’il y a de façons de faire (ou presque :op ). J’ai aussi compris que les différences ne concernaient pas uniquement les zones géographiques, même si forcément les habitudes locales existent bel et bien.

Je sais maintenant que la vraie vie c’est ici, mais aussi là-bas et encore ailleurs. Dans mon petit village de Bourgogne j’ai souvent eu l’impression que les gens ne vivaient pas comme moi, pas comme nous. Plus ça va et plus je comprends que c’est moi qui ne vis pas comme eux ! C’est une nuance de taille. La différence et la norme changent de côté et ça remet beaucoup de choses en question. Parfois c’est agaçant, parce que j’ai trop souvent tendance à croire que ma vérité est la meilleure et que les autres font n’importe quoi. Mais peu à peu je prends conscience que les jugements de valeurs ne servent à rien.

Je ne renonce pas à promouvoir mes idées quand elles me tiennent trop à coeur mais j’apprends le tact et l’humilité. Peu à peu. Et bien sûr je me nourris aussi de ce que je découvre. Au-delà des choses qui agacent et qui chiffonnent il y a aussi des habitudes qui me plaisent et que j’adopte au fil du temps. Prendre le temps, devenir sociable et loquace, gagner en simplicité… C’est un peu cliché mais c’est ce qui me vient en premier. Le chemin est parfois difficile mais il mène vers la tolérance.

Je me rends compte également que les différences ne concernent pas uniquement la dichotomie ville / campagne. Si je retournais à Paris mais avec un autre entourage et un autre boulot, le choc des cultures existerait aussi ! Je l’ai d’ailleurs déjà vécu, que ce soit pendant mes études ou en travaillant, mais à l’époque je pensais encore que c’était « les autres » qui étaient différents de moi. Il m’aura fallut quelques années de plus et un changement de paysage pour comprendre que la vraie vie ne veut rien dire. Et si la vraie vie ne veut rien dire c’est justement parce qu’elle est multiple, changeante et qu’elle nous concerne tous. Peu importe où nous sommes, peu importe ce que nous faisons.

Je sais, ça n'a rien à voir avec mon sujet... mais c'est ma photo et je l'aime bien !

Je sais, ça n’a rien à voir avec mon sujet… mais c’est ma photo et je l’aime bien !

Un brin de cousette !

Un brin de cousette !

Oui, je sais, je n’ai pas été très assidue pendant les vacances, et le délais entre chaque billet se fait de plus en plus long… Pour me faire pardonner je vous propose un billet plein de photos et de couleurs (à la fin), et je vous promets d’être un peu plus présente après la rentrée !

Avant tout, il est important de savoir que je ne suis absolument pas manuelle ! Il y a des gens naturellement créatifs et doués de leurs mains, mais ça n’a jamais été mon cas. Et surtout je ne suis pas du tout patiente, donc si tout ne va pas comme je le veux dans l’instant, j’ai tendance à m’agacer et à tout laisser tomber. C’est un peu ce qui s’est passé avec le tricot il y a quelques années… mais aujourd’hui le vrai sujet c’est la couture !

Il y a quasiment 5 ans, alors que j’étais enceinte de Poussin, j’ai eu l’occasion de récupérer la vieille machine à coudre de ma Mémé. Un vieux modèle Singer des années 60, intégré dans un meuble en bois typique de ces années-là. Pas très joli mais qui avait surtout une valeur sentimentale à mes yeux. Ma grand-mère était une vraie couturière, ses outils de couture la caractérisent donc totalement et sont indissociables du souvenir que je garde d’elle. Avoir le droit de garder la machine sur laquelle elle a passé tellement de temps, c’était important pour moi. Et encore plus s’agissant du gros meuble en bois que j’ai toujours vu trôner dans son salon ! Ce meuble qui ne servait d’ailleurs pas qu’à la couture mais qui permettait aussi de ranger les exemplaires de Télé Poche et de A nous Paris que j’aimais feuilleter distraitement lorsque j’étais ado et que nous allions lui rendre visite le samedi après-midi ! C’est un peu idiot, mais ces quelques heures où l’ennui se mêlait à la tendresse et au sentiment de faire plaisir sont la principale image que je garde de mes grands-parents. Ces souvenirs se résument parfaitement dans le seul meuble de la Singer, auquel je tiens énormément. Bon, normalement à ce stade du récit ma Maman est en larmes devant son écran, mais pour les autres je continue ;o)

Ce n'est pas la mienne (je n'ai pas la chance d'avoir du papier peint fleuri sur mes portes !)  mais ça donne une idée du modèle !

Ce n’est pas la mienne (je n’ai pas la chance d’avoir du papier peint fleuri sur mes portes !) mais ça donne une idée du modèle !

Avec une machine à coudre à la maison, je pouvais me mettre à la couture ! Il y a 5 ans et avec un bébé dans le ventre, j’imaginais lui faire plein de vêtements choupis et j’étais bien décidée à me lancer. L’objectif était de me faire la main sur la vieille machine de Mémé, puis d’investir dans un modèle plus récent et plus performant. J’ai ainsi voulu commencer par faire les ourlets des rideaux destinés à la chambre de Poussin. Et je me suis retrouvée comme une andouille face à la machine et à son mode d’emploi tout jauni des années 60… Je n’avais jamais entendu parler de canette ni de tension de points, et j’ai été tout bonnement incapable de me débrouiller ! Heureusement que Super-Papa-des-Champs était là pour me sauver, lui qui a toujours vu sa maman coudre et qui savait se dépatouiller un peu avec une machine ! Le problème, comme je ne suis vraiment pas douée, c’est que même avec une machine installée et l’ourlet marqué au fer à repasser j’ai galéré, et que c’est finalement mon gentil mari qui a tout fait. Pendant que je séchais mes larmes en vidant une boîte de chocolats… C’était Noël et j’étais enceinte de 8 mois, ce qui fait deux circonstances atténuantes, vous ne pouvez pas le nier !!!

Le meuble et la Singer ont ensuite pu hiberner en paix, pendant que je m’occupais de mon bébé, que j’en faisais un autre et que je déménageais. J’ai voulu essayer de m’y remettre l’année dernière mais j’ai très vite laissé tomber, la machine étant décidément trop compliquée pour moi ! Pour ma défense, les vieux modèles sont vraiment peu pratiques pour une débutante ! Un peu plus tard j’ai eu l’occasion de tester la machine toute neuve de ma maman et ça n’avait rien à voir. Je n’étais pas encore prête à investir dans une machine pour faire un nouvel essai, mais j’ai gardé l’idée dans un coin de ma tête. Ce n’est qu’en juillet que j’ai décidé de franchir le cap, et j’ai profité des soldes pour m’offrir une machine toute neuve et toute pratique !

Et depuis je m’éclate !!! Je me rends compte qu’une machine à coudre récente et de qualité est finalement très simple à utiliser. Je suis également beaucoup plus patiente qu’avant et j’ai appris à prendre le temps, à bien préparer mon tissus, à épingler correctement les différentes pièces. C’est tout bête, mais le fait d’avoir investi dans la machine et dans du tissus m’a motivée à ne pas me louper et à ne pas « gâcher ». Je ne regrette vraiment pas, et les enfants sont tout contents d’avoir de nouvelles choses en tissus. Petit aperçu non exhaustif de ce que j’ai cousu pour l’instant :

Petite déco pour la chambre de Belette

Petite déco pour la chambre de Belette

La même chose pour Poussin, avec d’autres tissus !

Nouvelle housse de coussin pour Belette

Et une pour Poussin !

Une petite pochette avec le rab’, bien pratique pour ranger les pièces de tangram !

Mon nouveau sac à moi et rien qu'à moi !

Mon nouveau sac à moi et rien qu’à moi !

La prochaine étape sera de coudre des vêtements. Ça tombe bien, ma moman m’a prêté un livre plein de patrons adorables : Les Intemporels pour enfants. Le niveau est un peu élevé et j’ai un peu peur de me foirer, mais en prenant mon temps il n’y a pas de raison pour que ça ne fonctionne pas ! Bon par contre je vais demander un peu d’aide pour la copie et la découpe des patrons parce que toutes les tailles sont un peu emmêlées et que ce serait idiot de tout couper n’importe comment ! Je vous montrerai mes premières réalisations !

Liebster award

Liebster award

La semaine dernière, j’ai eu la bonne surprise de découvrir que mon blog avait été nominé lors d’un Liebster award, chez Sorryso. J’avoue, je ne connaissais pas vraiment le principe, même si je l’avais déjà aperçu sur d’autres blogs. En gros, il s’agit de faire découvrir de nouveaux blogs. Chaque nominé doit lister 11 faits le concernant, répondre à 11 questions posées par celui qui vient de le désigner, et proposer 11 nouvelles questions à d’autres auteurs de blog.

Déjà j’ai été hyper flattée qu’on pense à moi, et en plus ça m’a permis de découvrir l’univers de Sorryso que je trouve vraiment sympa ! Si vous aimez les blogs plein de bonnes idées et d’activités à partager avec les petits, allez vite y faire un tour ! Je manque un peu de temps en ce moment pour me prêter complètement au jeu du Liebster award, mais j’ai tout de même envie d’y participer parce que je trouve le concept amusant. Je vais donc faire ma rebelle et détourner un peu le principe en répondant seulement aux questions qui m’ont été posées. Pour découvrir les blogs que je prends plaisir à suivre, vous pouvez aller faire un tour dans la rubrique « J’aime les suivre », en bas à droite. Que je prendrai soin d’étoffer prochainement !

Allez, hop, en avant pour mes réponses !

 1. Quelle est l’heure du jour que tu préfères ?
J’aime beaucoup la fin de l’après midi, quand le ciel commence à changer de couleur et que la luminosité décline peu à peu. Selon la saison ça n’arrive pas totalement à la même heure, et je ne peux que moyennement en profiter parce que c’est souvent à ce moment-là qu’il faut enchaîner les douches et la préparation du repas… Mais quand on a le temps j’adore me promener pour profiter de ce ciel changeant, je trouve ça très apaisant.

2. Où es-tu cet été ?
Essentiellement dans mon jardin !

3. Un dessert favori ?
Difficile de n’en choisir qu’un ! J’hésite entre le gâteau froid au chocolat de ma maman, et un yaourt grec avec une bonne dose de caramel au beurre salé dedans.

4. Un artiste que tu voudrais nous faire découvrir ?
Martin Winckler. Il est déjà connu, mais j’invite vraiment ceux qui ne l’ont pas lu à découvrir ses livres. J’aime beaucoup son humanisme.

5. Une ville, ailleurs, où tu pourrais poser tes bagages ?
Prague ! C’est ma ville-fétiche, et j’adore me promener dans les petites rues du centre historique où l’on a parfois l’impression d’être hors du temps. Et sinon bien sûr Nantes où j’ai adoré vivre. Mais le jardin et le calme de la campagne me manqueraient certainement.

6. Combien de temps consacres-tu à ton blog chaque semaine ?
Quelque chose comme 2 heures, à la louche.

7. En ce moment, que lis-tu ?
Les Lumières de Pointe-Noire
, d’Alain Mabanckou. J’adore son écriture et sa façon d’aborder la vie. J’ai eu la chance de passer 2 jours en sa compagnie pour le Prix du Livre Inter, et je l’ai beaucoup apprécié aussi « en vrai ».

8. Quelqu’un qui t’inspire ?
Grande question ! Je vais dire ma famille et mes enfants, parce que même si ce n’est pas très original c’est ce que je ressens. Je me sens beaucoup plus sûre de moi maintenant que je suis maman.

9. Une qualité que tu aimerais développer chez toi ?
L’altruisme. J’admire les gens qui pensent aux autres, et je trouve que malheureusement j’ai parfois un côté un peu snob (que je cache très bien, mais quand même !).

10. L’article dont tu es le plus fière jusqu’à maintenant ?
Etre leur maman, que j’ai écrit il y a presque un an. Je le trouve tout doux et il correspond bien à ce que j’aime partager avec mes enfants : des petits riens du quotidien qui sont finalement ce qui importe le plus.

11. Quelque chose que tu voudrais accomplir cette année ?
C’est difficile parce que 2014 a déjà été une année bien chargée : j’ai eu 30 ans, j’ai eu mon permis et j’ai fait partie d’un jury littéraire ! Si d’ici la fin de l’année j’arrivais à faire un peu décoller ma petite entreprise, ce serait chouette !