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Campagne et déplacements

Campagne et déplacements

Je ne sais pas si je suis particulièrement curieuse ou si j’ai simplement un esprit d’analyse très développé, mais le fait est que j’aime beaucoup observer mes semblables. De ces observations je déduis des conclusions sociologiques, certainement très peu fiables, mais qui ont le mérite de m’amuser.

Dernièrement, après avoir scrupuleusement étudié le contenu des caddies à la caisse des supermarchés, je me suis penchée sur la question des transports et des modes de déplacement à la campagne. En fait, je me suis rendu compte que notre façon de nous déplacer était parfois très différente de celle des gens qui vivent ici, principalement ceux qui sont là depuis toujours. Ce décalage m’a donné envie d’aller plus loin et j’ai essayé d’analyser notre façon de faire.

chemincampagne

En zone rurale nous prenons évidemment beaucoup plus souvent notre voiture qu’en centre ville. Il y a quelques années, la nôtre ne nous servait que pour faire les grosses courses, une fois par semaine au maximum, pour tout autre achat en périphérie, ou pour aller visiter un lieu éloigné. Au quotidien, tout nous était accessible à pied et c’était bien agréable. Ici, à part pour faire le tour du hameau ou une balade champêtre, nous avons tout le temps besoin de prendre la voiture. C’est certainement l’inconvénient majeur, parce que les déplacements sont moins agréables, ne sont pas écolo, et ont un certain coût. Nous essayons donc de limiter l’utilisation de la voiture, et nos habitudes ont évoluées en ce sens.

Dans la mesure du possible, j’essaie de rassembler sur une seule demi-journée toutes les activités pour lesquelles je dois aller dans la plus grande ville du coin, à une trentaine de kilomètres. C’est parfois un peu la course quand je dois caser le supermarché à un bout de la ville, puis l’épicerie bio et la librairie dans le centre, mais c’est faisable. Le tout est d’avoir le temps de passer à la maison pour ranger les courses avant d’aller récupérer les enfants à l’école ! Et il n’est pas question d’aller jusqu’à la grosse grosse ville (50km) juste pour acheter un pull ou 2 mètres de tissu… C’est aussi une question de temps, à partir du moment où le temps passé dans la voiture est supérieur à celui passé sur place, généralement on s’abstient. En parallèle, nous commandons pas mal sur le net. Bon, ça c’est aussi parce que même en faisant 50km il n’y a pas forcément ce qu’on veut… Ca évite de se déplacer pour quelque chose que nous ne sommes pas sûrs de trouver ! L’objectif reste de privilégier les petites boutiques indépendantes et d’éviter les grosses multinationales, sur internet comme en vrai. Par exemple pour les livres, il est hors de question de passer par Amazon !!!

Notre installation à la campagne étant un choix, cette organisation ne nous dérange pas. Nous ne vivons pas notre situation géographique comme un handicap. J’ai même plutôt tendance à considérer que c’est une chance de vivre au calme, et de ne pas être sans cesse sollicitée par les enseignes de (sur)consommation. J’apprécie de retrouver des commerces de proximité immédiate pour les vacances, et je suis ravie que l’appart que nous avons réservé pour le mois mai soit juste en face d’une boulangerie, mais au quotidien j’aime bien notre isolement. Les avantages que nous y trouvons compensent largement la possibilité de tout faire à pied.

Comme je l’écrivais au début de ce billet, ce qui a attisé ma curiosité c’est que dernièrement je me suis aperçu que les gens originaires de la région n’avaient pas du tout le même rapport aux déplacements. En général, hein, parce que j’imagine bien qu’il y a des exceptions ! Ici, tout le monde est habitué à faire beaucoup de route, et les gens prennent leur voiture beaucoup plus facilement que nous. Je n’évoque pas le fait d’aller travailler en voiture, je mets cet aspect de côté pour aborder seulement les autres trajets, sinon ça fausse tout. Certains vont à la grosse grosse ville plusieurs fois par semaine, uniquement pour faire des courses, et ils y retournent le lendemain pour acheter autre chose, sans problème. Ce que je ferai peut-être pour 10km, ils le font pour 50. Bon, moi je suis allergique aux centres commerciaux donc ça me dépasse encore plus qu’on multiplie les trajets pour aller flâner à la Halle aux chaussures ou à Décathlon, mais même pour une activité sympa ça m’embête de faire de la route pour pas grand chose. A choisir, je préfère me déplacer rarement mais y passer la journée, j’ai moins l’impression de perdre mon temps ! J’aime beaucoup flâner dans les petites rues sympas des petites villes du coin, et j’ai d’ailleurs l’impression de mieux en profiter quand je peux prendre mon temps.  Ma conscience écolo m’incite également à faire attention, sans parler du coût de l’essence !

Je me trompe peut-être, mais j’ai l’impression que si j’habite à la campagne par choix, d’autres le vivent comme une contrainte. A partir de là, ils ne demandent qu’à se rapprocher des magasins, des restaurants ou des cinémas et en y allant souvent ils ont l’impression que c’est moins loin… D’un côté j’ai tendance à trouver ça dommage de vivre dans un endroit qui ne nous plaît pas complètement, mais malheureusement je suppose que c’est assez courant. Il doit bien y avoir, au contraire, des citadins qui rêvent de campagne et de nature ! Enfin, je pense que si pour moi c’est contradictoire de choisir le fin fond de la Nièvre alors qu’ on aime les zones commerciales, d’autres doivent penser que ce n’est pas incompatible. Ceux-là sont certainement très contents de pouvoir profiter d’un grand jardin entouré de champs ET de centres commerciaux, quitte à passer pas mal de temps sur la route !

Encore une fois c’est amusant d’imaginer que toutes les configurations existent, et que si certaines façons de faire me surprennent, je dois bien souvent passer pour une originale moi aussi… Ou une tarée, au choix !

Crème de châtaignes, la recette !

Crème de châtaignes, la recette !

Ce qui est chouette quand on vit à la campagne, c’est qu’on profite plus facilement de toutes les bonnes choses que la nature nous offre. Trop fastoche de cultiver quelques légumes dans le jardin, d’aller cueillir quelques baies quand la saison s’y prête, et de faire quelques provisions pour l’hiver si l’on a un peu de temps à y consacrer ! Ce qui est encore mieux, c’est d’avoir des voisins adorables qui vous apportent les fruits qui poussent chez eux mais pas chez vous, ou qui vont carrément ramasser des châtaignes pour vous !

Il y a quelques semaines nous discutions châtaignes avec des voisins, leur demandant s’ils savaient dans quelle forêt en trouver, puisque nous voulions aller en ramasser sans savoir où en trouver dans le coin. Sur le coup, ils ne savaient pas plus que nous. A leur tour ils ont posé la question à un autre voisin, habitué de la région et des bois… qui  moins d’une semaine plus tard venait nous apporter un énorme panier de châtaignes ! Quand je dis qu’on a des voisins adorables !!!

Oublié de photographier les châtaignes avant cuisson... merci Wikipédia pour la photo !

J’ai oublié de photographier les châtaignes avant cuisson… merci Wikipédia pour la photo !

Nous en avons fait griller une petite partie, mais n’avions pas forcément envie de toutes les manger de cette façon. C’est Papa-des-Champs qui a eu l’idée de la crème de châtaignes et qui a farfouillé sur internet pour savoir comment s’y prendre. En faisant un petit mix de ce qui lui semblait le mieux, il a concocté sa propre recette.

Préparation et cuisson des châtaignes :
-Avant la cuisson, fendre les châtaignes au couteau en prenant soin d’entailler les 2 peaux en profondeur.
– Faire cuire 15mn dans de l’eau bouillante.
– Laisser les châtaignes dans l’eau chaude, en les sortant au fur et a mesure pour les éplucher. Ca donne un peu chaud aux doigts mais elles s’épluchent beaucoup plus facilement en étant chaudes et humides ! Attention également à bien enlever les 2 peaux. C’est la partie la plus longue et la plus pénible, mais un épluchage minutieux est vraiment indispensable… L’avantage d’avoir un poêle, c’est q’on peut laisser la marmite dessus, ça maintient parfaitement les châtaignes au chaud sans avoir besoin d’utiliser du gaz ou de l’électricité.

Ingrédients pour la crème :
Pour 1 kg de châtaignes cuites et épluchées :
800 g de sucre
200 ml d’eau
1 gousse de vanille

– Mettre les châtaignes épluchées dans une marmite, couvrir d’eau, et faire bouillir 20 mn.
– Égoutter en conservant l’eau de cuisson à part.
– Peser les châtaignes seules pour calculer le sucre, et écraser au presse purée.

A ce stade là, on a des cloques sur les doigts et on pousse un gros "ouf" !

A ce stade là, on a des cloques sur les doigts et on pousse un gros « ouf » !

– Faire un sirop en diluant le sucre et l’eau de cuisson (200 ml d’eau / kilo de châtaignes). Y ajouter le contenu de la gousse de vanille.
– A ébullition, dès l’apparition d’écume,  laisser bouillir 3 mn et ajouter la purée de châtaignes.
– Bien remuer et lasser cuire à feu moyen pendant environ 5 mn.

Ca commence à sentir plutôt bon !

Ca commence à sentir plutôt bon !

Une fois la consistance désirée obtenue, mettre en bocaux ! Pensez à stériliser vos pots et à les fermer attentivement si vous souhaitez conserver la crème plusieurs mois.

Et voilà !

Et voilà !

Dans un yaourt blanc c’est absolument délicieux, et c’est d’ailleurs notre principale façon de consommer la crème de châtaignes. Je suppose qu’on peut également en tartiner sur une crêpe, ou sur une tranche de pain. Ou tout simplement tremper une cuillère dans le pot dès qu’on passe devant, parce que c’est vraiment trop bon !!!

La vraie vie

La vraie vie

Il y a 8 ou 9 ans je pensais que notre vie était représentative de celle des autres. J’étais jeune et naïve, et je pensais réellement que s’il y avait une norme nous en étions plutôt proches. Pour moi la vie c’était la ville, internet, les week-ends plusieurs fois dans l’année et un boulot dans un bureau, à des horaires classiques et réguliers. J’imaginais bêtement qu’ailleurs c’était pareil, et qu’aux quatre coins de la France les jeunes entre 20 et 30 ans vivaient comme nous, globalement. J’étais persuadée que la province c’était Paris en plus petit… et qu’à Lille, Nantes ou Toulouse c’était comme à Paris, qu’il y avait juste moins de rues, moins de bars et moins de métros. Bon, je n’étais pas non plus crétine et je me doutais bien qu’il y avait forcément des particularités locales, mais je les minimisais. Je savais que partout des gens ne vivaient pas comme nous, mais je ne réalisais pas à quel point.

Les années ont passé, j’ai vécu dans différents endroits, j’ai fait des rencontres… et j’ai vu que la vraie vie n’était pas la mienne. Ou en tout cas pas que la mienne. Les différences sont beaucoup plus importantes que prévu, les modes de vie sont toujours un peu plus éloignés du mien, et il y a autant de vérités qu’il y a de façons de faire (ou presque :op ). J’ai aussi compris que les différences ne concernaient pas uniquement les zones géographiques, même si forcément les habitudes locales existent bel et bien.

Je sais maintenant que la vraie vie c’est ici, mais aussi là-bas et encore ailleurs. Dans mon petit village de Bourgogne j’ai souvent eu l’impression que les gens ne vivaient pas comme moi, pas comme nous. Plus ça va et plus je comprends que c’est moi qui ne vis pas comme eux ! C’est une nuance de taille. La différence et la norme changent de côté et ça remet beaucoup de choses en question. Parfois c’est agaçant, parce que j’ai trop souvent tendance à croire que ma vérité est la meilleure et que les autres font n’importe quoi. Mais peu à peu je prends conscience que les jugements de valeurs ne servent à rien.

Je ne renonce pas à promouvoir mes idées quand elles me tiennent trop à coeur mais j’apprends le tact et l’humilité. Peu à peu. Et bien sûr je me nourris aussi de ce que je découvre. Au-delà des choses qui agacent et qui chiffonnent il y a aussi des habitudes qui me plaisent et que j’adopte au fil du temps. Prendre le temps, devenir sociable et loquace, gagner en simplicité… C’est un peu cliché mais c’est ce qui me vient en premier. Le chemin est parfois difficile mais il mène vers la tolérance.

Je me rends compte également que les différences ne concernent pas uniquement la dichotomie ville / campagne. Si je retournais à Paris mais avec un autre entourage et un autre boulot, le choc des cultures existerait aussi ! Je l’ai d’ailleurs déjà vécu, que ce soit pendant mes études ou en travaillant, mais à l’époque je pensais encore que c’était « les autres » qui étaient différents de moi. Il m’aura fallut quelques années de plus et un changement de paysage pour comprendre que la vraie vie ne veut rien dire. Et si la vraie vie ne veut rien dire c’est justement parce qu’elle est multiple, changeante et qu’elle nous concerne tous. Peu importe où nous sommes, peu importe ce que nous faisons.

Je sais, ça n'a rien à voir avec mon sujet... mais c'est ma photo et je l'aime bien !

Je sais, ça n’a rien à voir avec mon sujet… mais c’est ma photo et je l’aime bien !

Vacances toutes simples et petits bonheurs

Vacances toutes simples et petits bonheurs

Quand j’étais petite, les vacances de la Toussaint étaient celles que j’aimais le moins. Elles ne symbolisaient que grisaille et morosité, elles ne comportaient aucune fête, et en plus nous ne partions jamais en vacances à ce moment-là. De toute façon à l’époque elles ne duraient qu’une semaine, donc elles n’avaient vraiment qu’un intérêt très limité ! Bon, maintenant les vacances de la Toussaint ont été rallongées, mais en toute honnêteté j’avais peur de trouver le temps un peu long en étant seule avec mes gnomes. L’année dernière nous nous étions dit que Papa-des-Champs essaierait de poser au moins quelques jours à chaque vacances scolaires, mais cette fois ce n’était pas tellement possible. Il a déjà pris un peu de congés pour notre séjour à Budapest en début de mois, et à choisir nous préférions en garder pour Noël. J’avais refait un petit stock de matériel pour bidouiller quelques travaux manuels avec les enfants, mais je m’étais aussi préparée à m’impatienter…

L'art (non maîtrisé) du Play Maïs !!!

L’art (non maîtrisé) du Play Maïs !!!

Finalement tout se passe plutôt bien et je suis contente de profiter de ces 15 jours de calme avec Poussin et Belette ! Déjà, plus le temps passe et plus je constate avec bonheur que mes enfants s’entendent vraiment bien. Ils arrivent à des âges où ils peuvent jouer ensemble, s’imaginer des petites mises en scène, discuter, rire et s’amuser comme des fous ! Evidemment ils se chamaillent aussi, mais pas plus que les autres fratries. L’avantage avec les enfants rapprochés, c’est qu’ils partagent les mêmes jeux : ils prennent autant de plaisir l’un que l’autre à jouer à la dînette, à soigner les doudous et les poupées, à jouer à l’école, et on arrive également à trouver des jeux de société qui conviennent aux deux. Ça simplifie grandement l’organisation de nos journées ! En parallèle on se réserve des moments plus individuels le week-end quand Papa est là, ou pendant la sieste que Poussin ne fait plus.

J’aime aussi beaucoup partager leurs jeux. Tout simplement les rejoindre dans leurs chambres et m’installer pour une dînette, ou pour construire des bidules en Lego par exemple. Je crois que je préfère même ces jeux simples aux travaux manuels qui nécessitent un temps d’installation puis de nettoyage qui a tendance à me rebuter ! Prendre le temps de m’asseoir avec eux et d’entrer dans leur imagination, j’adore ! Je suis toujours épatée de voir à quel point les enfants s’inventent leur propre univers en reprenant des éléments de la réalité. C’est souvent vraiment drôle, comme lorsque Belette m’annonce que sa poupée va « ponder un oeuf »  :-) Ou étonnant, quand Poussin se lance dans la construction d’une cathédrale en petites briques !

Par chance, cet automne nous offre une météo très douce et nous profitons pleinement de notre joli coin de campagne. Ces jours-ci nous multiplions les balades en forêt ou le long du chemin de Compostelle. C’est toujours aussi plaisant de leur faire découvrir des petites choses toutes bêtes, d’observer ensemble les châtaignes et leurs bogues, d’admirer les vols d’oies sauvages en partance pour le sud, de ramasser des cailloux, des glands, des bâtons… Même le chat aime nous suivre ! L’avantage du changement d’heure, c’est aussi la possibilité d’assister au coucher du Soleil à une heure raisonnable. Oui, je sais, c’est un peu déprimant de voir qu’il fait nuit à 18h, mais chez nous le ciel prend des couleurs tellement belles à la tombée de la nuit !!! Et puis je l’avoue, moi j’adore cette saison et le retour du froid ne me dérange pas, bien au contraire. J’aime penser à refaire du feu dans le poêle, à mettre des écharpes et à enfouir mes mains dans mes poches !

Cette sensation d'être seuls au Monde ! (Et la seule source de bruits à des bornes à la ronde !)

Cette sensation d’être seuls au Monde ! (Et la seule source de bruit à des bornes à la ronde !)

Cette proximité avec les enfants me fait donc particulièrement aimer ces vacances où il ne se passe rien d’extraordinaire. Nous prenons notre temps et je m’aperçois que c’est un luxe ! Avec du temps libre et très peu d’impératifs nous pouvons même multiplier les activités. En plus des jeux à la maison, des travaux manuels et des promenades, nous avons eu l’occasion de voir un très chouette spectacle de jonglerie (et Poussin a participé à un atelier cirque), et normalement nous remettrons ça demain avec un spectacle sur les étoiles. Je réalise que mes enfants ont grandi et que le quotidien avec eux est de plus en plus simple. Bien sûr lundi prochain j’apprécierai de retrouver un peu de calme et de temps pour moi, mais la perspective des vacances seule avec enfants ne pourra que me réjouir !