Archives du mot-clef Ecole

Une de plus !

Une de plus !

Et voilà, une rentrée de plus pour nous ! Sans stress et avec le sourire, comme les années précédentes.
C’est presque déroutant, d’ailleurs, ces rentrées qui se font toutes seules, comme une simple formalité ! Pourtant cette année il y a un peu de nouveauté pour chacun des enfants.

Belette, en moyenne section, est toujours dans sa classe multi-niveaux, mais cette fois avec une nouvelle maîtresse. « Elle est très très gentille », selon les premières impressions de la demoiselle, donc tout roule ! Et puis il faut dire que la nouvelle maîtresse ressemble à Tata, alors forcément elle ne pouvait que lui plaire! (Papa-des-Champs, qui avait vu la maîtresse en avant-première en juin, nous avait prévenus, et ne s’était pas trompé : la ressemblance est frappante.) Belette était également ravie de retrouver sa copine préférée, et malgré la fatigue elle était bien contente de sa journée.

De son côté, Poussin aussi nage en pleine nouveauté puisqu’il est passé dans la classe « élémentaire » de l’école (CE1-CE2-CM1-CM2). Avec sa meilleure copine, qu’il aime d’amour depuis son entrée en maternelle. Sautez une classe et passez directement dans la case CE1 ! Toujours sans stress, puisqu’il avait déjà passé quelques demi-journées dans cette classe en juin dernier. Je l’ai récupéré tout sourire lui aussi, en train de raconter ses vacances à la maîtresse, débitant 1000 mots à la minute ! En repensant à sa petite trogne ébouriffée quand il a débarqué à l’école il y a maintenant 4 ans, j’avoue que ça m’a fait bizarre.
Autre petite particularité pour Poussin, il a été détecté « à haut potentiel » en fin d’année scolaire. Pour le moment ça ne l’a pas empêché d’avoir une scolarité tout à fait épanouie, mais nous resterons particulièrement attentifs. Ce qui est certain, c’est que cette découverte (il a été détecté « par hasard » lors des séances avec la psy scolaire pour valider son saut de classe) explique beaucoup de ses comportements et attitudes. J’en reparlerai certainement plus tard.

Poussin était ravi : il avait déjà des devoirs !

Poussin était ravi : il avait déjà des devoirs !

Quant à moi, j’aurais bien aimé rester en Bretagne un peu plus longtemps (les enfants aussi bien sûr, on a essuyé quelques larmes en montant dans la voiture dimanche matin !) et je n’avais pas tellement envie de replonger dans le grand bain, mais finalement ce n’est pas si mal. Si les enfants ont été adorables cet été, et que nous apprécions énormément leur relative autonomie, je suis quand même contente de retrouver un peu de solitude. Et de calme. Et donc de productivité. Et de liberté.

Nous allons aussi renouer avec toutes nos petites traditions de fin d’été : sortir les fruits congelés il y a quelques mois pour en faire des confitures, cueillir des mûres, gérer notre production de légumes issue du potager, préparer notre escapade en amoureux de l’automne (Berlin nous voilà !), ranger le bois… Sans oublier mes retrouvailles avec ma machine à coudre. Mon prochain défi : une besace en liberty et en simili cuir. Un projet qui risque de me donner du fil à retordre mais sur lequel je lorgne depuis un moment. Si c’est réussi je mettrai des photos !

Le rythme des élèves (enfin !) pris en compte dans une nouvelle réforme scolaire ?

Le rythme des élèves (enfin !) pris en compte dans une nouvelle réforme scolaire ?

Cette semaine j’ai été interpellée par un article concernant la réforme des programmes scolaires. Pour une fois, j’ai été interpellée de façon positive, ce qui est assez rare pour être souligné ! Paru dans Le Monde étudiants (version web), il évoque la refonte du système de « cycles » en primaire. Si le titre met en avant l’idée selon laquelle le redoublement pourrait devenir obsolète (ce qui me paraît une bonne chose, sachant les conséquences négatives que ça peut avoir dans une scolarité), c’est la globalité du projet qui me paraît vraiment intéressante.

La publication est à lire ici : Article Le Monde-Campus.

Dans cet article-entretient, le directeur du CSP (Conseil Supérieur des Programmes) Michel Lussault définit les nouvelles orientations de cette façon :

« Nous avons profondément modifié l’approche actuelle, trop annuelle, de la scolarité, qui a comme effet détestable de mal définir les étapes importantes des apprentissages des élèves. La fin de l’année et le passage dans la classe supérieure ont trop d’importance »

Tout ça me parle énormément, et ça me rassure un peu de voir que les choses peuvent s’améliorer. Mes enfants sont scolarisés dans ce qu’on pourrait appeler une école de campagne, avec un faible effectif et surtout, les classes sont multi-niveaux. Chez nous, une classe rassemble ainsi tous les niveaux de maternelle ainsi que les CP, la seconde classe allant du CE1 au CM2. Mon Poussin et ma Belette donc n’ont fréquenté que la classe des petits pour le moment, et je dois dire que ce fonctionnement m’emballe complètement ! Les enfants ont plus de liberté dans leurs apprentissages et les choses sont moins figées. Le rythme de chaque enfant est plus facile à respecter. Concrètement, il arrive que les élèves qui présentent des facilités participent aux activités du « niveau » supérieur, et ceux qui ont plus de difficultés profitent des explications données aux plus petits.

« L’approche par cycle de trois ans, que nous proposons dans notre réforme, permet de caler les apprentissages dans un autre temps et de tenir compte de la réalité de chaque élève. »

Bon, l’article n’évoque pas de classe multi-niveaux, mais il a le mérite de mettre en lumière le fait que le découpage des niveaux est arbitraire et par là-même potentiellement inefficace. Il n’y a pas besoin de réfléchir beaucoup pour se rendre compte que non, tous les enfants nés la même année ne seront pas prêts à apprendre à lire en même temps… Ni même que les enfants n’auront pas tous pigé le principe de la multiplication à 8 ans et 2 mois… Je le vois encore plus depuis que mes enfants vont à l’école et que je constate les différences parfois énormes entre les élèves d’un même niveau. Cette année, mon fils est en moyenne section avec 4 autres enfants. Une petite copine et lui sont nés en janvier, tandis que les autres sont de fin d’année. Inutile de préciser qu’à cet âge, 10 ou 11 mois d’écart c’ est énorme ! Les connaissances ne sont pas les mêmes, et la maturité non plus. Par chance, le fonctionnement multi-niveaux, ainsi que le discernement des instits, permettent de proposer à chacun des activités motivantes et adaptées.

D’autre part, cela permet de différer la question d’un éventuel saut de classe. Les élèves ne sont pas figés dans le niveau relatif à leur année de naissance. Dans notre cas, l’année prochaine Poussin devrait suivre un programme à cheval entre la grande section et le CP. C’est assez rassurant de savoir qu’il avancera à son rythme sans pour autant entrer tout de suite dans des démarches administratives parfois compliquées.

Par ailleurs, propos du redoublement, les propos de Michel Lussault sont plutôt encourageants :

Si on admet que l’idée est de faire progresser les élèves dans un cycle, puis de les faire progresser dans un autre pour les mener, in fine, à la fin du cycle de scolarité obligatoire, la notion de redoublement n’a plus de sens. Elle n’est plus à considérer comme la solution pour remédier aux difficultés scolaires. Il ne servira à rien de faire redoubler un élève en CP alors qu’on sait que nous avons encore le CE1 et le CE2 pour amener l’enfant le plus loin possible dans les objectifs de ce cycle. Il existe d’autres manières d’identifier ces difficultés et d’accompagner les élèves. Le redoublement doit être limité à quelques cas très particuliers.

Je suppose que la mise en oeuvre de ce nouveau fonctionnement demandera un petit temps d’adaptation et peut-être que les professeurs des écoles devront modifier un peu leur organisation, mais dans les grandes lignes l’idée semble pertinente. Il y a encore du chemin à parcourir avant d’envisager un fonctionnement comme celui initié par Céline Alvarez (voir par là et par ici ) mais pour une fois que l’accent est mis sur le respect du rythme de l’enfant, ça donne un peu d’espoir !

Article à retrouver sur Les Vendredis Intellos !

La rentrée pour tous, et Belette à l’école !

La rentrée pour tous, et Belette à l’école !

Depuis quelques mois Belette a envie d’aller à l’école. Voir son frère y aller chaque jour, l’attendre à la sortie et rencontrer tous les enfants, leur faire des bisous, faire des coucous à la maîtresse, traverser la classe et admirer tous les jeux qui s’y trouvent… ça lui faisait drôlement envie ! Belette est née en février 2012 et logiquement ce n’est donc qu’en septembre 2015 qu’elle est censée entrer en Petite Section. Sauf que dans notre village les enfants peuvent aller en Toute Petite Section, notamment parce que les effectifs sont très réduits (35 élèves maternelle et primaire confondues). C’est ce qui s’était passé pour Poussin. Enfin lui était un peu plus âgé et il avait commencé l’école en novembre, parce que nous venions de déménager et je voulais faire les choses doucement. Je n’ai pas vraiment d’avis sur la pertinence ou non de l’école à 2 ans et demi, j’agis seulement en prenant en compte notre situation particulière. Là en l’occurrence mes enfants ont tous les deux été demandeurs, et leur école ne présente que des conditions favorables : peu d’enfants et donc des adultes disponibles, une maîtresse habituées à gérer une classe multi niveaux, et la possibilité de ne les scolariser que le matin. Notre décision aurait certainement été différente  si les enfants avaient du aller à l’école toute la journée dans une classe surchargée (et je plains d’ailleurs les familles qui n’ont pas d’autre choix, même pour les plus de 3 ans).

Bref, Belette voulait aller à l’école et elle savait que pour ça elle devait arrêter de porter des couches. Nous ne voulions absolument pas lui mettre de pression et nous lui avons expliqué en lui précisant qu’elle avait le choix. N’étant pas obligée de travailler à l’extérieur (ni beaucoup) je ne voyais aucun inconvénient à la garder à la maison encore un an. Surtout que dans tous les cas elle n’irait pas à l’école l’après-midi. Evidemment la perspective d’avoir mes matinées « libres » est un avantage certain pour moi, notamment en ce qui concerne mon travail, mais ça reste un plus et non une nécessité.
Belette nous affirmait donc depuis le printemps que oui, oui, elle enlèverait les couches pour aller à l’école. Mais rien de bougeait. Nous lui avons proposé de faire un essai courant juillet, mais visiblement elle n’était pas prête. Au bout d’une journée et de quelques accidents, elle a demandé à remettre des couches, ce que nous avons fait. Pour le plus grand soulagement de la machine à laver !

Persuadés que c’était un peu compromis pour l’école, nous répondions à tous ceux qui nous posaient la question que non, Belette n’irait pas cette année. Ou peut-être après la Toussaint, qu’elle serait peut-être prête d’ici là mais que ça n’urgait pas. De son côté, Belette gardait ses couches mais il lui arrivait aussi de nous expliquer pour pour aller à l’école avec Poussin elle les enlèverait. Je m’étais dit que peut-être, elle aurait un déclic une fois la rentrée passée, en voyant son frère aller à l’école sans pouvoir l’accompagner. Et j’avoue, j’appréhendais aussi un peu ses pleurs au moment de retourner à la maison alors que Poussin resterait jouer dans la cour… C’était déjà un peu difficile à la fin de l’année dernière, là je m’attendais au pire !

Belette l’étonnante, Belette fonceuse, Belette déterminée, Belette adorable a décidé de se passer de ses couches… vendredi dernier ! Moins d’une semaine avant la rentrée… Comme ça, d’elle-même, alors que nous n’en parlions plus, au moment de s’habiller elle m’a demandé de mettre juste une culotte mais pas de couche. Ce matin-là son papa avait une réunion avec les maîtresses pour préparer la rentrée (en sa qualité d’adjoint au maire, pas pour faire son parent relou, je précise on ne sait jamais !), Belette le savait et je suppose qu’elle a compris que c’était maintenant qu’il fallait agir ! Et depuis il n’y a pas eu d’accident. Elle est toute fière, et je vous avoue que nous aussi !

Bien sûr elle veut aller à l’école dès demain, et tant pis si elle nous prend un peu de court. Elle a très bien géré ce qui ne dépendait que d’elle, à nous de respecter notre parole ! Tout à l’heure nous avons donc préparé deux sacs pour l’école, et demain matin nous y accompagnerons nos deux enfants. Ca me fait un peu bizarre parce que je ne m’y attendais pas vraiment, mais je le vis plutôt bien. Le gros avantage pour cette première rentrée, c’est que je connais l’école, les instits et les atsems. Je sais que Belette connaît toutes ces personnes elle aussi, y compris la plupart des enfants de sa classe. Elle parle aussi de mieux en mieux et fait maintenant de grandes et belles phrases, elle est ainsi capable de s’exprimer assez bien pour que tout roule. Il y a donc toutes les chances pour qu’elle soit très vite à l’aise ! Et puis classe multi-niveaux oblige, elle sera avec son grand frère !!! Poussin est lui aussi ravi de cette situation. Nous lui avons toutefois bien précisé qu’il devrait laisser sa petite soeur faire sa vie, et tous les deux savent qu’ils feront certaines activités séparément. La maîtresse a l’habitude de gérer les fratries donc je lui fais confiance pour recadrer si besoin :)

Quant à moi, je n’arrive pas bien à réaliser que je vais désormais être libre 3 heures par jours ! C’est une grande étape dans ma vie de maman, et je pense que je vais savourer ces moments de calme. Imaginer que je vais pouvoir organiser mes matinées comme je l’entends me procure un immense plaisir ! Rien que la perspective de faire un brin de ménage sans personne dans les pattes me réjouit, et c’est sans parler de cuisiner tranquillement en écoutant la radio, ou de prendre un rdv sans avoir à me demander si quelqu’un pourra garder Belette ! Une nouvelle ère s’ouvre pour notre famille, et tout le monde semble satisfait de ces changements.

 

Lu 3 fois dans la journée, à la demande de Belette qui est maintenant fin prête !

Lu 3 fois dans la journée, à la demande de Belette qui est maintenant fin prête !

Les Mamans gâteaux… et le sexisme banalisé

Les Mamans gâteaux… et le sexisme banalisé

L’année dernière, sitôt notre Poussin à l’école, nous avons découvert l’univers formidable des petits mots dans le cahier de liaison. Et nous avons été horrifiés de remarquer qu’à chaque manifestation organisée par l’école ou par l’association des parents d’élèves, lorsqu’un goûter était prévu, on faisait appel aux « mamans gâteaux »… Comme si seules les femmes étaient foutues de touiller un peu de farine avec 3 oeufs ! Comme si la cuisine c’était forcément une affaire de bonnes femmes. Et surtout de mamans ! Passe encore qu’une jeune fille célibataire ne sache pas très bien cuisiner, du moment qu’une fois mère les fourneaux n’aient plus de secret pour elle…

Quand Papa-des-Champs a rejoint l’association des parents, il n’a pas pu s’empêcher de faire remarquer que « les mamans gâteaux » ça n’allait pas du tout. Mais il a surtout essuyé des rires… Parce que ce n’est qu’une expression. Et que ça ne veut pas dire que les hommes ne font jamais à manger, même si « tu sais ici les gens sont classiques ». Et qu’on ne va pas se prendre la tête avec tes conneries de bobo parisien… Maintenant qu’il est secrétaire de l’assoc et qu’il (ou que je !) rédige les petits mots, cette expression en a bien sûr été bannie. Il n’empêche que verbalement, elle est encore bien trop présente…

Alors oui bien sûr ce ne sont que des mots, et ça n’empêche pas que les hommes aussi passent un coup de balais ou font la vaisselle de temps en temps. Je comprends aussi que dans certaines familles, les horaires ou le mode de vie n’aident pas à l’égalité parfaite. C’est d’ailleurs un peu le cas chez nous, puisque la semaine c’est moi qui dispose le plus du temps nécessaire à la préparation des repas, par exemple. Mais jamais l’un de nous ne considère que certaines tâches sont réservés à l’homme ou à la femme de la maison ! Ce qui m’embête surtout avec ces histoires de mamans et de gâteaux, c’est que ça normalise cette idée que la femme doit faire la cuisine. Je sais bien que ce n’est pas vraiment le rôle d’une assoc’ de parents d’élèves que de faire évoluer les mentalités et les habitudes familiales ; mais je reste convaincue que si notre vocabulaire demeure sexiste, rien n’évoluera jamais. Qu’il s’agisse d’une publicité, d’un message officiel, du discours d’un enseignant ou que je sais-je encore, les mots ont leur importance. Tous à notre niveau, nous ne devrions pas véhiculer que la cuisine est un domaine féminin ! Ce qui est également valable pour le ménage, l’éducation des enfants ou le shopping…

Si je ne vais pas faire changer les mentalités toute seule (ou avec l’aide de Papa-des-Champs), j’essaie donc au moins de faire passer un message plus égalitaire. Et j’ai décidé de m’insurger à chaque remarque de ce genre. Le prochain qui me parle de « mamans gâteaux » je le mords !!! Bon, samedi dernier je n’ai pas mordu a directrice de l’école qui, à l’occasion de la kermesse, a remercié « les mamans qui ont fait des gâteaux »… mais je n’ai pas pu m’empêcher d’ajouter « et les papas aussi » ! Quelques minutes plus tard le dépit s’est tout de même emparé de moi, lorsque la présidente de l’assoc’ a demandé à des « mamans » de tenir les stands de la kermesse… Fort heureusement, quelques papas s’y sont aussi collés !…

Pour le prochain mot, j’hésite entre un message direct comme :
« les papas sont invités à faire des gâteaux »
et un message un peu plus subtil du genre :
« une fois le repassage terminé, la vaisselle essuyée et les chaussettes reprisées, les mamans seront bien gentilles de faire un gâteau »…

Allez Papa, à toi de jouer !

Allez Papa, à toi de jouer !

Ce billet était déjà en grande partie rédigé quand j’ai lu que les ABCD de l’égalité allaient certainement être supprimés, sur décision du Ministère de l’Education… Je n’ai pas encore lu d’article en détail sur ce revirement, mais j’en suis totalement perplexe ! J’espère vraiment que les professeurs des écoles resteront vigilants et que la lutte contre le sexisme restera un de leurs objectifs. J’aimerais beaucoup vivre dans un monde où ce chemin vers l’égalité soit naturel et où les profs n’aient pas besoin qu’on leur dise d’y être attentifs. Il faut croire que malheureusement tout ne soit pas si simple, c’est pourquoi nous redoublerons de vigilance à la maison !