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Même si on s’en foot un peu…

Même si on s’en foot un peu…

Nous ne sommes pas foot. Nous ne sommes déjà pas vraiment sport dans l’absolu, mais alors foot encore moins. Ni Papa-des-Champs, ni moi. Du coup, les enfants non plus. Ils savent seulement que le foot se joue avec un ballon, peut-être savent-ils vaguement qu’il faut faire entrer ce ballon dans des cages, mais pas plus. Le seule référence foot qu’ils ont, ça doit être les grands de l’école qui y jouent dans la cour de récré…

Nous connaissons à peine quelques équipes, dont on entend vaguement les noms à la radio à la fin des infos. Je sais que Saint-Etienne c’est les verts, et qu’avant ils étaient vachement forts, mais ça c’est parce que j’ai une culture années 80 très développée… Les seuls joueurs que je pourrais citer sont ceux de 1998, et je ne suis pas certaine d’avoir vu d’autres match depuis. Bref, à la maison, nous sommes archi-nuls en foot. C’est à peine si je savais que l’Euro se jouerait en France cet été. Et j’avoue que je m’en fiche absolument !

Le truc, c’est que le marketing foot fonctionne tellement bien, que ce samedi, lors d’un passage express au petit Carrefour du coin, Poussin s’est fait refourguer des images Panini de l’équipe de France. Deux paquets, qu’il a partagés avec sa sœur en rentrant à la maison. Et bien qu’ils se fichent complètement du foot, ça leur a plu. Beaucoup plu, d’ailleurs, si bien qu’ils ont passé un bon moment à les regarder, à les commenter, à jouer avec. Par contre on a dit non quand ils ont fait mine de les coller sur le frigo ! Lundi, nous avons trouvé une nouvelle image planquée dans je ne sais plus quel emballage alimentaire, cette fois avec la photo d’un joueur (Paul Pogba, un nom que je n’avais jamais entendu avant). Les enfants ont adoré pouvoir mettre un nom sur ce visage, et n’ont toujours pas eu le droit de coller la figure de ce brave garçon sur le frigo…

Ce qui est drôle, c’est que mine de rien ces petites cartes ont été l’occasion de discuter de plein de sujets.

Nous avons parlé un peu de sport, bien sûr, et plus particulièrement de football. Oui, sur cette image ils sautent tous en même temps, parce qu’à mon avis ils ont marqué un but et ça les rend contents. Non, le numéro sur le maillot de Paul Pogba n’est pas là pour indiquer son âge, regarde, chaque joueur a son propre numéro. A Belette qui pouffait, parce que « ppfff, ils ont tous le même pull », j’ai aussi expliqué le principe d’avoir une seule et même couleur pour chaque équipe, et le bleu pour la France.

Nous avons parlé coupes de cheveux aussi, parce qu’effectivement les coiffures des footballeurs sont un peu plus originales que celles qu’ont croise par chez nous.

Nous avons encore parlé couleur de peau avec Belette, qui est en pleine phase  » pourquoi il est marron le monsieur? « . Un sujet beaucoup plus simple à aborder tranquillement à la maison qu’à la caisse du Leclerc avec une fillette qui parle fort. Ce qui nous a également permis de parler géographie. Le truc, c’est que le manuel de lecture de Poussin comporte une partie sur La Réunion, et qu’il travaille dessus en classe. Il se passionne pour le sujet d’ailleurs, c’est vraiment chouette ! Sauf que du coup, dès qu’il voit quelqu’un de plus ou moins mat, il s’imagine qu’il vient de l’île de La Réunion. Alors on a utilisé le globe, on a expliqué les différences entre couleur de peau, nationalité, tout ça tout ça. Des trucs que certains adultes ont parfois du mal à saisir, mais finalement à quatre et six ans ils pigent plutôt bien ;-)

Comme on est nuls en foot et qu’on est bien incapables de nommer les joueurs sur les images Panini, les enfants se sont vraiment attachés au seul joueur dont nous nommes sûrs du nom : Paul Pogba. Ils lui font vivre des tas de trucs en utilisant sa photo, c’est surréaliste et franchement marrant ! Je ne retrouve plus sa photo du coup, il vit certainement une aventure palpitante dans une des chambres…  Il part quelquefois faire des promenades avec les Playmobils, va en vacances à La Réunion (Poussin est obnubilé, parce qu’en plus là-bas il y a des volcans, c’est juste le pied pour lui !!!). Cette semaine, j’ai même entendu le grand dire à la petite « attention je vais te coller Paul sur le front »… Un peu plus tard, pendant qu’ils étaient à l’école, j’ai vu que Poussin avait aussi écrit son nom sur le tableau…

footfootfoot

Je me moque bien de savoir qui gagnera quel match, je ne compte ni m’acheter une télé pour l’occasion, ni regarder les résultats des différentes équipes… Mais si je devais choisir un seul joueur à soutenir, obligé ce serait Paul !

 

Les enfants et les écrans

Les enfants et les écrans

Si on me lance sur le sujet enfants et écrans, j’ai plutôt tendance à défendre une utilisation raisonnée de tout ce qui est télé, tablette, ordi et tout le reste. En tant que parents, nous avons toujours essayé d’être attentifs à la façon dont nos enfants étaient exposés aux écrans, convaincus qu’un juste milieu était sans doute possible et souhaitable. Le sujet me trottait dans la tête depuis un petit moment, j’ai enfin trouvé le temps d’en faire un billet. Loin de moi l’idée de faire de mes choix un modèle à suivre, ma démarche est avant-tout un partage d’expériences !

BelettePhoto

Notre choix le plus radical a été celui d’avoir une maison sans télé. Pour ne pas subir la pub, pour ne pas être tentés par les programmes « nuls mais addictifs », pour faire autre chose, et parce qu’on avait la flemme de lui trouver une place dans notre salon ! Si vous voulez plein d’autres bonnes raison de ne pas avoir de télé, je vous conseille le livre TV Lobotomie, de Michel Desmurget. Les passages sur l’impact de la télé sur les tout-petits sont assez impressionnants !
Cela ne nous empêche pas de regarder des films ou des reportages, mais sur ordinateur. Et à petite dose. Pareil pour les enfants. Quand ils étaient petits, entre 2 et 3 ans, c’était vraiment occasionnel, du genre un ou deux épisodes de Tro-Tro ou de Petit Ours Brun par-ci par-là. Maintenant on est plutôt sur des petits dessins animés de 10-15 minutes, essentiellement ceux qu’on trouve sur le replay de France 5. Personnellement je suis une grande fan de Masha et Michka, c’est mignon et très très drôle ! Le plus souvent c’est deux, pas plus, et au niveau de la fréquence ça peut-être deux fois par semaine comme pas du tout. Pas juste parce que nous sommes stricts, mais surtout parce qu’on n’y pense pas, que les enfants sont occupés à autre chose. De temps en temps, on regarde aussi des dessin animés plus longs, comme Les Trois Brigands ou Ernest et Célestine, pour ne citer que mes préférés.

Les enfants ont aussi accès aux écrans lorsqu’il s’agit de jouer. Ordi ou tablette, selon le besoin ou non d’avoir une souris, et toujours en essayant d’adapter le temps de jeu à leur âge et à leur capacité d’attention. On privilégie plutôt les petits jeux, où chacun peut jouer à tour de rôle, la condition ultime pour éviter les disputes ! Les enfants aiment bien ceux que l’on trouve sur JeuxJeuxJeux, surtout quand il y a des animaux et des princesses à coiffer. Pendants les vacances ou les dimanches pluvieux, ils font aussi des séances Minecraft avec leur papa. Poussin est trop fier de sa maison avec poulailler et jardinet, et c’est assez chouette pour apprendre à manipuler la souris. Tous les mois, on va aussi passer un moment sur le site de l’Ecole des Max, qui propose toujours un petit jeu en lien avec le livre de leur abonnement. De quoi prolonger un peu le plaisir de la lecture.

Dernier type d’écran auquel Poussin et Belette ont accès :  leurs appareils photos. Poussin en a un depuis deux ans et ne s’en lasse pas, et Belette qui lorgnait dessus depuis un moment a eu le sien pour son anniversaire. A la base je n’étais pas hyper fan des jeux électroniques, mais finalement je les trouve assez bien fichus. Les enfants aiment tout autant prendre des photos que jouer avec les petits logiciels qui permettent de les customiser en ajoutant des accessoires ou des décors. Dernièrement on a découvert la fonction qui permet de s’enregistrer et de s’écouter avec des déformations du son, on est devenus accros ! Si vous avez envie de ricaner bêtement en enregistrant des âneries et en les écoutant en version super aiguë ou en accéléré, c’est à essayer ! Je me demande même si je ne me suis pas plus amusée qu’eux…

Tout ceci ne nous empêche évidemment pas de lire, dessiner, faire des jeux de société, d’étaler des constructions en Lego et de semer des morceaux de découpage un peu partout dans la maison… Même qu’avec le retour du printemps on passe plein de temps dehors, dans l’herbe, sur un trampoline ou sur un vélo. Bref, on diversifie !

Du bois et du tissu, pour des anniversaires-maison !

Du bois et du tissu, pour des anniversaires-maison !

Histoire de compenser un peu un Noël sans cadeaux faits maison, nous avons mis les bouchées doubles pour les anniversaires des enfants ! L’idée était de fabriquer chacun un cadeau par enfant, en plus de ceux achetés (parce qu’on n’est pas assez doués pour fabriquer des montres et des appareils photo !). Papa-des-Champs a opté pour son domaine de prédilection : le bois, et moi pour le mien : la couture !

Poussin a eu 6 ans fin janvier.
Depuis quelques temps, il parlait d’une piscine pour ses playmobils et demandait régulièrement à son papa de lui en bricoler une. Le-dit papa n’a donc pas eu à réfléchir bien longtemps pour trouver une idée, et en quelques soirs il a fabriqué THE piscine en bois !

piscinepoussin

Je sais, on dirait qu’ils font des pompes, mais en vrai ils nagent !

Depuis, les playmos sont super contents et barbotent avec bonheur dans leur jolie piscine hors sol et écolo, puisqu’elle a été construite à partir de chutes de bois :-) Il leur arrive même de pêcher dedans !

De mon côté, j’ai fait le choix d’un cadeau plus utile que ludique, en cousant un nouveau pyjama pour mon Poussin qui grandit bien trop vite. Il adore avoir de nouveaux vêtements, et il est particulièrement fan des pyjamas originaux : je ne prenais donc pas beaucoup de risques. Le tissu est un coup de cœur, trouvé sur le site  Butinette. Le modèle est un bidouillage maison à partir du pantalon de pyjama Les Intemporels enfants et de la « tunique boutonnée » du même livre.

pyjpoussin

Et j’ai enfin réussi à caser les boutons-fleurs sur lesquels il lorgnait depuis un moment !

En l’espace de trois semaines, nous avons ainsi enchaîné trois anniversaires à la maison : Poussin, moi, et Belette. Ça a fait beaucoup de bougies et de cadeaux en très peu de temps.

Belette, donc, a eu 4 ans mi-février.
Depuis le temps que je voulais lui coudre le grand doudou Nonos des Déglingos, c’était l’occasion rêvée. La version « baby Nonos » l’accompagne depuis sa naissance, et je suis fan de ces bestioles ! Poussin a d’ailleurs le petit doudou Ratos depuis la maternité, et le grand modèle . Honnêtement les Déglingos sont assez délicats à coudre, déjà parce qu’il faut assembler plein plein plein de pièces, mais aussi parce que les explications fournies sont plutôt minimalistes. J’ai aussi la très nette impression que les dimensions des patrons ne correspondent pas à celles des doudous sur les photos du livre. Finalement je m’en suis plutôt bien sortie quand même (c’est le troisième modèle de ce livre que je couds, on va dire que je commence à maîtriser). Pour le tissu, c’est uniquement des chutes, qui viennent de mes fonds de tiroir ou de ceux de ma maman, je n’ai rien eu à acheter et ça c’est plutôt bien.

Nonos

Il est très doux de la truffe et mange bien ses croquettes :-)

Papa-des-Champs a également puisé dans sa réserve de bois pour fabriquer le cadeau de Belette : un tangram. Là encore c’est un projet qui lui trottait dans la tête depuis un moment, et finalement plutôt rapide à réaliser. Il est en frêne, les bords et les arrêtes ont été bien adoucis par un ponçage méticuleux, et le tout a été tartiné d’huile de bois de Chine (non toxique et qui sent super bon). Pour l’accompagner, on a imprimé et plastifié des modèles de figures à reproduire, et sous mes précieuses indications Papa-des-Champs a cousu un petit pochon  avec une chute de tissu.

tangram

Et hop, un lapin !

Belette a tout de suite pigé le principe et se débrouille vraiment bien pour placer correctement les pièces. D’ici quelques temps je pense même qu’on lui imprimera de nouveaux modèles.

Ces livres qui font grandir

Ces livres qui font grandir

Il y a des livres qui font rêver, des livres qui instruisent, d’autres qui font rire ou qui rendent mélancolique… Et puis il y en a aussi qui font grandir. Certains sont même tellement chouettes qu’ils font rire tout autant qu’ils instruisent, ou qui font rêver en faisant grandir tout en faisant vibrer, ou qui rendent joyeux et ému à la fois… Bref, un livre, y’a pas à dire, c’est magique !

Ceux dont j’ai envie de parler aujourd’hui, ils aident les enfants à grandir, en leur montrant par exemple l’empathie et la bienveillance. Des valeurs sur lesquelles il ne faut pas lésiner ! Des valeurs que nous pouvons tous transmettre à nos enfants, tous les jours, par notre manière d’être et par nos discours, mais qui méritent aussi d’être découvertes par le biais de fictions, à l’école, à la maison, avec toux ceux qui nous entourent.

J’ai donc fait une petite sélection d’albums que les enfants aiment bien en ce moment, et qui véhiculent de jolis messages. Bien souvent ce sont des livres que j’ai choisis parce que l’histoire avait l’air chouette, et/ou parce que les illustrations me plaisaient, ou encore des livres qui nous ont été offerts. L’intérêt est ainsi de s’approprier de jolies valeurs, mais aussi et surtout de se faire plaisir avec un bon / beau livre !

Un drôle de visiteur

drole_de_visiteur1Un livre que nous avons découvert récemment, puisque Belette l’a eu à Noël. Les illustrations, signées Clotilde Goubely, sont drôlissimes, et les bouilles des personnages hyper expressives. Elles servent parfaitement le texte d’Éléonore Thuillier, qui comme souvent conjugue à merveille tendresse et humour.  Ici, nous sommes à la ferme, entourés d’animaux tout ce qu’il a de plus classiques, lorsqu’un petit nouveau fait son apparition. Un animal étrange que les autres ne parviennent pas tout de suite à identifier. Aidés d’une encyclopédie, les animaux reconnaissent enfin ce drôle de visiteur : c’est un tigre ! Un bébé tigre, certes, mais un tigre quand même… si bien que tous se mettent à avoir peur et à vouloir le chasser. Le petit tigre est bien triste, lui qui ne demandait qu’à s’intégrer au groupe et à se faire de nouveaux amis… Heureusement, après quelques arguments et avec l’aide de sa maman, il réussira à démontrer aux autres que leurs craintes sont sans fondement . La chute est vraiment drôle, et nous rappelle que les apparences sont parfois bien trompeuses.

Tout cet album respire la tolérance, l’acceptation de l’autre et l’ouverture d’esprit. Et comme souvent, l’humour est le plus sûr moyen de faire passer le message !

Toute petite souris

toute petite sourisMon album préféré de Kimiko ! C’est l’histoire d’une petite souris adoptée par un adorable couple d’ours, et qui commence à avoir envie d’en savoir un peu plus sur ses origines. Elle part seule pour une espèce de quête initiatique à la recherche de ses parents souris, et découvre un univers totalement différent de celui qu’elle connait dans son monde d’ours. Après quelques péripéties, elle réalise que ses envies ne correspondent pas tout à fait  à celles des autres souris et décide de rentrer chez elle. Elle comprend aussi que sa place est bel et bien auprès de ses parents ours, toute petite souris qu’elle est !

Chez nous, cet album a permis d’aborder la notion de l’adoption. Je crois bien que c’est le premier exemple que les enfants en ont eu, et qui leur a permis de comprendre que les liens filiaux et affectifs n’étaient pas nécessairement induit par les liens biologiques. Le choix de deux animaux très différents aide bien à comprendre la notion d’adoption, mais aussi la nécessité pour chacun de s’adapter à l’autre. Les ours adaptent leur maison à la taille de la souris, et la souris grandit en adoptant (c’est le cas de le dire !) des attitudes et des goûts propres aux ours. On aime aussi beaucoup cette histoire parce qu’elle est pleine de tendresse, et que cette petite famille atypique est particulièrement attachante.

Et avec Tango, nous voilà trois !

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Celui-ci est un peu plus connu, et est souvent cité parmi les albums jeunesse sur le thème de l’homoparentalité. Tiré d’une histoire vraie, il gagne encore plus en mignonnerie. Nous assistons à la rencontre de Silo et Roy, deux manchots du zoo de Central Park qui tombent amoureux et se mettent à vivre en couple. Le seul couple gay parmi toute une colonie de manchots hétéros, qui ne comprend pas trop pourquoi tous les autres couvent des œufs et ont des bébés, sauf eux. Leur instinct les pousse à couver un caillou qu’ils prennent pour un œuf, sous l’œil attendri de leur soigneur. Les sentant un peu déconfits, celui-ci leur confie un œuf abandonné. Silo et Roy se mettent à le couver avec patience et bienveillance, exactement comme le font les autres couples de manchots, et deviennent les heureux parents d’un adorable bébé prénommé Tango par le soigneur.

Evidemment, le premier message de ce livre est de montrer (à ceux qui en douteraient encore !) que l’orientation sexuelle d’un couple n’a aucun impact sur sa capacité à élever des enfants et à fonder une famille. Mais pas seulement. Ce que j’aime aussi avec cet album, c’est qu’il met en avant le désir de fonder une famille et la tristesse de ne pas y parvenir. Un sujet qui me touche, et qu’on a pu aborder rapidement avec les enfants en leur lisant ce livre. Et puis on y retrouve aussi le thème de l’adoption et le fait que l’ont peut être le parent d’un bébé, l’aimer et en prendre soin même si on ne l’a pas « fabriqué ».

Vous êtes tous mes préférés

vous êtes tous mes preferésUn livre qu s’adresse aux petits, voire tout petits, qui aiment entendre tout ce que l’amour de leurs parents a d’inconditionnel. L’histoire met en scène une adorable famille d’ours : la maman, le papa et les trois petits. Deux oursons et une oursonne, pour être exacte. Tous les soirs, leurs parents leur répètent qu’ils les aiment très fort, et que ce sont les oursons les plus merveilleux du monde. Quand les enfants commencent à se poser des questions et à se demander s’il n’y aurait pas « un préféré », leurs parents vont les rassurer avec tendresse et bienveillance. Chacun découvrira que sa particularité au sein de la fratrie (celui qui n’a pas de tâche sur son pelage, celle qui est une fille, celui qui est le plus petit) n’a aucune incidence sur l’amour qu’on lui porte.

Ce joli album nous accompagne depuis bien longtemps. Initialement il était destiné à Poussin, peu après la naissance de sa petite soeur. Il a tout de suite aimé cette histoire, surtout qu’à chaque fois qu’on la lit (c’est valable encore maintenant), j’en profite pour rappeler que chez nous aussi, « ils sont tous nos préférés ». Les enfants aiment encore l’écouter aujourd’hui, c’est devenu une sorte de livre doudou avant d’aller se coucher. C’est vraiment un livre que je recommande pour que chacun se rassure sur sa place dans la famille.

Laurent tout seul

laurent tout seulLaurent est un petit garçon qui s’ennuie un peu chez lui, il se lasse de ses jouets d’enfant et aimerait aller découvrir le monde. Sa maman l’autorise à aller jouer tout seul dans le jardin, mais lui demande de ne pas dépasser la barrière. Lorsqu’il lui avoue finalement avoir été un tout petit peu plus loin que la barrière, sa mère réalise que son fils a grandit, et qu’il peut bien aller jusqu’au châtaigner…. Chaque jour, il s’éloigne un peu plus. Laurent ne cesse de dépasser les limites qui lui sont fixées, tout naturellement, sans aucun esprit de rébellion, et sans jamais rencontrer la colère de ses parents. La maman de Laurent comprend que son petit est désormais grand. Et puis un jour, il part pour de bon. Un peu seul, un peu triste, il comprend que ce n’est pas toujours drôle d’être grand, et pourtant il est heureux de poursuivre sa route comme bon lui semble. Après une petite fête où il réunit famille et ami, Laurent rencontre une petite lapine qui, comme lui, est « en voyage ». Ils décident de continuer le chemin ensemble.

TOUS les symbole du chemin initiatique sont réunis dans cet album, qui oscille entre mélancolie et tendresse. La première fois que je l’ai lu, j’avoue avoir été assez surprise par le ton mélancolique, peu habituel dans les livres pour enfants. C’est sans doute ce qui a justement séduit Poussin, qui a toujours beaucoup aimé cet album. Je pense que c’est justement le ton différent qui lui plaît, et l’émancipation de ce petit lapin qui va voler de ses propres ailes (tandis que mon Poussin a longtemps précisé qu’il vivrait toujours avec nous, même quand il serait adulte !). De mon côté, je trouve qu’il montre avec beaucoup de justesse le passage de l’enfance à l’âge adulte. J’aime la façon dont Laurent Lapin gère ses émotions, et la douceur qui se dégage de toute cette histoire. Sans oublier que l’évolution progressive du personnage montre bien aux petits que tout ne se fait pas d’un seul coup, et qu’il y a plusieurs étapes avant de pouvoir aller vivre loin de ses parents.