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Le grand livre des prénoms

Le grand livre des prénoms

Quoi de plus personnel, et donc de plus clivant, que le choix d’un prénom ?
Marqueur social, générationnel, géographique, religieux… Et comme si ce n’était pas déjà assez difficile d’être en accord avec soi-même pour trouver « le » prénom, il faut aussi faire avec les propositions et les choix de son/sa conjoint(e).

Par chance, chez nous il n’y a pas eu de grosse bataille pour les prénoms. Nous n’avions pas vraiment évoqué sérieusement cette question avant d’attendre notre premier enfant, mais juste assez pour savoir que nous étions plutôt sur la même longueur d’ondes. Il nous fallait un prénom assez classique, ni trop porté, ni trop sorti de nulle part (on évite de mélanger au hasard les lettres du Scrabble !). Un prénom non composé, non porté par des gens de notre entourage ou par des crétins croisés ça et là, et bien sûr qu’on trouve joli à prononcer. Finalement ce n’est pas si simple !
Je tiens quand même à souligner que Papa-des-Champs a été bien plus loquace pour réfuter mes choix que pour en proposer de nouveaux ! Bon, puisque contrairement à tout attente, il a quand même fini par reconnaître que mes choix initiaux étaient les meilleurs, aussi bien pour le prénom de Poussin que pour celui de Belette (qui aurait du être celui de Poussin s’il avait été une fille). Ce fut une bonne surprise, parce qu’honnêtement en les proposant j’étais sûre qu’il les refuserait. Finalement ce garçon a du goût ;-)

Avant de tomber d’accord, nous nous sommes tout de même procuré une sorte de dictionnaire des prénoms. Certes, c’est un peu cliché et ce n’est pas l’achat dont je suis le plus fière, mais sur le moment on s’est dit que ce serait pratique d’avoir un support, et pourquoi pas de découvrir ou re-découvrir des prénoms auxquels on n’avait pas pensé. Et puis entre nous, quand on a attendu longtemps d’avoir un bébé, et que la grossesse est assez avancée pour commencer à acheter des trucs, on a tendance à se lâcher un peu !

Bon, tout compte fait on aurait très bien pu se passer de ce bouquin, mais depuis toutes ces années il est resté dans notre bibliothèque. Sa position fait qu’il est parfaitement accessible sans avoir à se lever du canapé, ce qui le rend très attrayant pour toute personne assise à l’extrémité de celui-ci. Il n’est donc pas rare qu’il soit sorti par un invité se trouvant à cette place, et que l’on passe de bons moments à rire de certains prénoms (oui, c’est méchant et gratuit, mais c’est justement pour ça que c’est bon !) ou à commenter certains prénoms à côté desquels on avait jadis mis une petite croix. Une petite croix discrète au crayon de papier, mais qui n’échappe à personne !

Les enfants aussi se le sont approprié. Depuis qu’ils savent lire, c’est d’ailleurs eux qui en font la meilleure utilisation. Ils le prennent très régulièrement, ensemble ou chacun de leur côté, et le parcourent dans tous les sens. Ils aiment retrouver mes fameuses petites croix et me demander si vraiment, ils auraient pu s’appeler comme ceci ou comme cela. Ils aiment aussi retrouver les prénoms d’enfants ou d’adultes qu’ils connaissent. Belette a d’ailleurs ajouté des croix au stylo à bille (et donc beaucoup moins discrètes que les miennes…) pour cocher tous les prénoms de ses ami.e.s. Elle a également corrigé le « Eliott » du dictionnaire parce que ce n’était pas la même orthographe que le prénom de son copain. Et ce toujours au stylo bleu… tout en accusant le livre d’être « plein de fautes » ! Brave petite.

Poussin, en remarquant que le premier prénom du dico était celui du fils de son ancienne maîtresse, en a déduit que « elle n’a pas mis longtemps à trouver le prénom de A la maîtresse, dès la première page ça lui a plu ! « . Du genre, ok c’est bon, celui-ci est parfait, on va pas s’embêter à lire la suite du bouquin ! Pardon pardon pardon la maîtresse, mais ça m’avait fait tellement rire !!!

Régulièrement, les enfants jouent aussi à se choisir des prénoms au hasard. Pour rire, je les menace alors d’aller à la mairie pour opérer le changement définitif et les renommer Gertrude, Marcoul (oui, ça existe !) ou Pulchérie. Ils choisissent aussi des prénoms pour leurs futurs enfants, et ma foi Poussin a de jolis goûts, puisque son fil s’appellera Martin ou Baptiste.
Evidemment, parfois ils se disputent à force de s’affubler de prénoms bizarres, ou parce qu’ils ne sont pas d’accord sur une prononciation. Il y a quelques jours, par exemple, Belette crisait parce que pour elle, il était impensable de ne pas prononcer le P de Baptiste…

Finalement on a bien fait de l’acheter, ce bouquin !

Petite anecdote amusante pour finir : Nous avons longtemps hésité entre 2 prénoms pour Poussin, avant de faire un choix difficile quelques semaines avant sa naissance. Sauf que pendant mon neuvième mois de grossesse, les journaux ont annoncé que N. Sarkozy, président à ce moment-là, était devenu grand-père. Evidemment, le petit portait le prénom que nous avions choisi, pourtant assez peu répandu… Solal (oui, comme dans Belle du seigneur). Sur le moment, on a cru s’étouffer et on a eu peur que les gens pensent qu’on avait copié (je pouvais accoucher d’un moment à l’autre, donc le rapprochement aurait été facile à faire), ou que le gamin soit sur-médiatisé et que cette coïncidence poursuive notre fils. Alors après avoir beaucoup râlé et pleuré (activités particulièrement appréciées en fin de grossesse !), on a modifié notre choix et on ne le regrette pas du tout !
Ce qui est encore plus ironique, c’est que finalement Poussin est né le jour de l’anniversaire de cet ancien président… Et un seul point commun avec ce monsieur, je crois que c’est bien suffisant !
Et dans la série « mais purée c’est pas possible ! », il paraît que le livre qui m’a inspiré le prénom de Poussin est aussi l’un des préférés d’E. Macron, et qu’il figure même sur son portrait officiel. Damned ! Heureusement qu’il n’a pas eu de fils !

Promenons-nous !

Promenons-nous !

Promenons-nous… dans les bois, en bord de mer, sur une montagne, en pleine ville, au milieu des champs…

Ce qui est chouette avec les promenades, c’est qu’on peut les faire en pleine nature, en se ressourçant et en admirant de superbes paysages, mais aussi en ville, pour en découvrir les différentes architectures et s’imprégner de l’âme de chaque quartier. Personnellement, j’aime autant les virées en forêt que les déambulations dans les grandes villes. Ceci dit, si je devais vraiment choisir, je pense que ma préférence irait aux petits chemins qui surplombent l’océan. En Bretagne, évidemment !

Naturellement la marche est un loisir que nous aimons partager avec les enfants, qui sont depuis longtemps habitués à nous suivre. Bien sûr, nous adaptons la difficulté ainsi que le temps des promenades en fonction de leurs capacités. Ils sont maintenant de bons marcheurs, et peuvent même se surpasser si la balade leur plaît ou si l’objectif les intéresse. L’objectif peut être un joli point de vue, une glace en terrasse ou une bonne douche suivie d’un dessin animé : à adapter en fonction de la saison et des goûts de chacun !
Belette a battu son record de rando en août 2016 : 11 km de marche sur la crête Nord de la presqu’île de Crozon ! Elle avait à peine 4 ans 1/2, le paysage était magnifique, et à la fin de la journée elle a même enquillé pour une bonne balade sur le port de Camaret… mais pour ça on lui avait promis une glace ! Poussin était là aussi, toujours en tête lorsqu’il s’agit d’enchaîner les kilomètres. (Et s’il y a une crêpe au bout du chemin il peut aller encore plus vite !).

Pendant cette deuxième semaine de vacances, quand j’ai proposé aux enfants de faire une longue promenade pour profiter du beau temps, ils étaient donc archi motivés. Je n’ai même pas eu besoin de les appâter avec quoi que ce soit ! Le plaisir de marcher peut parfois se suffire à lui-même, et c’est très bien ainsi.

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Nous sommes partis de la maison en début d’après-midi (finalement nous avons opté pour un jour sans grosse chaleur, sachant qu’on avait une partie du chemin sans ombre c’était préférable !), en empruntant la partie du Chemin de Compostelle qui passe devant chez nous. Le chemin quitte tout de suite la route et commence par descendre entre les prés, passe devant notre lavoir (enfin « notre » est un bien grand mot, en vrai c’est celui qui était utilisé par les habitants du hameau à l’époque !) puis rejoint la forêt. Là, on est restés sur la route forestière qui doit faire environ 3 km et qui mène au village. Un parcours agréable et hyper tranquille.

En tout, nous avons mis 1h30 pour faire cette première partie qui fait un peu plus de 4 km. Nous avons donc pris notre temps, mais nous en avons aussi profité pour ramasser des bâtons, pour essayer de reconnaître les différentes essences d’arbres de la forêt, et surtout nous avons récupéré tous les déchets qui se trouvaient sur notre chemin ! Comme il est malheureusement impossible de se promener sans tomber sur des tas de déchets qui n’ont rien à faire dans la nature, nous emportons maintenant un sac poubelle avec nous… C’est un petit geste tout simple, mais qui nous permet de participer à notre niveau au respect de l’environnement, et les enfants y sont particulièrement sensibles. Belette est d’ailleurs notre « œil de lynx » en chef et repère de loin toutes les merdouilles qui jonchent les fossés.

En arrivant au village, nous avons fait une bonne pause à l’ombre sur un petit coin d’herbe. Les enfants n’étaient même pas si fatigués que ça, puisque juste après avoir englouti leur goûter ils n’ont pas manqué de se courser entre les arbres ! Nous avons ensuite poursuivi notre chemin, cette fois en traversant le village puis en empruntant la route qui remonte jusqu’à chez nous, la même que pour rentrer de l’école. En voiture nous en avons pour 5 mn, à pied nous avons mis un peu plus d’une heure. Et à part dans le village, nous n’avons pas croisé une seule voiture ! Seulement un tracteur et un camion agricole, sur la première partie du trajet. Ça c’est plutôt chouette !

En tout, nous avons parcouru un peu plus de 8 km et notre escapade a duré tout juste trois heures, pause comprise, en comptant plusieurs petits arrêts : pour ramasser les ordures mais aussi pour regarder les vaches, pour écouter un âne, puis un coq, admirer un papillon, scruter un pauvre blaireau mort sur le bord de la route, et répondre aux 36 questions qui sortent continuellement de la bouche de mes deux petits curieux !

Les enfants n’ont pas râlé une seule fois, même si sur la fin Belette a commencé à avoir un peu mal aux pieds. Nous avons passé un très bon moment tous les trois, et en rentrant il restait même assez d’énergie aux enfants pour courir dans le jardin, sauter sur le trampoline et faire du bruit comme s’ils étaient 15 !

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Pour finir, un petit point sur les déchets :
Nous avons fait de notre mieux, mais nous avons du nous résoudre à laisser dans la nature un pneu, un sac poubelle trop encombrant et trop lourd pour être transporté tel quel pendant toute notre promenade, et une bouteille en verre enfouie sous un tas de ronces… C’est assez déprimant de voir tout ce que l’on peut trouver sur un trajet relativement court. C’est tout aussi exaspérant de constater que les endroits les plus sales étaient les parties de la forêt où sont réalisées les coupes d’arbres (le mythe du bûcheron soucieux de l’environnement s’effondre !), mais aussi certains passages du village (la ruelle qui monte de l’église jusqu’à la route était particulièrement crade, pour ceux qui connaissent !).

Un Poussin, une Belette, des Zèbres… et puis quoi encore ?!

Un Poussin, une Belette, des Zèbres… et puis quoi encore ?!

Il arrive un moment où l’on pense connaître nos enfants.

Pas entièrement, mais au moins un peu. Parfois on voit juste, parfois non. Il arrive aussi que l’on se trompe complètement.

J’ai moi-même un spécimen tellement étonnant, particulier et difficile à suivre, que je me suis finalement habituée à son mode de fonctionnement. Il répond au doux (sur)nom de Poussin, et depuis toujours nous savons qu’il est un peu atypique, ne fait pas grand chose « comme les autres » (mais est-ce un mal ?), et qu’il est doté d’une sensibilité parfois déroutante.
Sans jamais vraiment nous inquiéter ni mettre de mots sur ses particularités. Malgré la fatigue, l’énervement, l’incompréhension parfois, la curiosité insatiable du gnome, son besoin d’attention permanent, et les fréquents « mais putain ce gosse va me rendre folle »…
Et puis il y a deux ans, pour valider son saut de classe, Poussin a vu la psychologue scolaire. Nous pensions qu’elle allait lui poser quelques questions pour voir s’il était assez mûr, et que ce serait vite plié. (Notez les parents hyper concernés qui envoient leur gosse en consultation sans se demander le pourquoi du comment …). Finalement c’était un vrai test, oups, avec un résultat assez clair : Poussin est dit EIP (Enfant Intellectuellement Précoce).

On ne s’y attendait pas, donc, mais connaissant notre Poussin, ça ne nous a pas vraiment étonnés. Mieux, ça nous a permis d’éclaircir pas mal de ses comportements. Des mots ont été posés sur le sentiment que nous avions toujours eu sans le verbaliser vraiment :  ce petit garçon a un fonctionnement particulier. Au quotidien ça n’a pas changé grand chose, mais dans le fond ça a permis d’apaiser quelques-unes de nos interrogations ou inquiétudes.
Personnellement, ça m’a enlevé une bonne dose de culpabilité.

J’ai compris que le caractère atypique de mon fils n’était pas (uniquement) la conséquence de ce que nous, ses parents, avions pu faire ou pas. J’ai compris que son hyper-sensibilité, son exclusivité avec moi, son besoin d’attention permanent n’étaient pas non plus en lien direct avec ce que j’avais pu merder ou pas avec lui.
Ça ne rend pas toujours les choses plus faciles, mais ça a le mérite de les rendre moins obscures.

Et pour nous, petite Belette n’était clairement pas dans ce schéma. Trop différente de son frère, sur tellement de points, et un développement parfois totalement inverse !
Par ailleurs, là où Poussin présente beaucoup de caractéristiques propres aux EIP, Belette est presque l’exacte opposée de son frère. Appliquée là il peut être brouillon, sociable alors qu’il a plus de mal dans ses relations avec les autres, indépendante autant que son frère est une petite glue…

Si bien que lorsque Belette a rencontré, elle aussi, la psychologue scolaire pour valider son propre saut de classe, nous étions sûrs et certains du résultat. Ou plutôt de la conclusion : une petite fille brillante au fonctionnement « classique ». J’avais même fait part de mon pronostic au maître de Poussin, en mode « naaannn mais je connais ma fille, elle n’a pas du tout le même mode de raisonnement que son frère, rien à voir, ce n’est pas du tout la même problématique ! ». (La mère trop perspicace….)

Alors évidemment, quand la psy m’a annoncé que Belette était « sur le même profil que son frère », ça m’a un peu décontenancée ! Pour le coup, j’ai vraiment eu l’impression d’avoir loupé un truc. Même si je n’étais pas censée détecter moi-même le haut potentiel de ma fille, c’était un peu comme si j’étais passée à côté de quelque chose.
Là où tout nous avait semblé évident, et presque de l’ordre du soulagement, avec Poussin, cette fois-ci nous nous sommes beaucoup interrogés.
Depuis, la psychologue a été vraiment rassurante, et m’a beaucoup déculpabilisée (décidément, il faut que je garde son numéro !) en m’expliquant notamment que les petites filles EIP sont souvent plus difficiles à détecter que les garçons.

Il s’avère aussi qu’en y regardant de plus près, Belette montre un certain nombre de caractéristiques qui « collent » avec ce profil. Mais pas exactement les mêmes que son frère, et pas forcément avec la même intensité, d’où notre méprise.
Passé l’étonnement qui a suivi ce résultat (j’aurais bien mis « diagnostic » mais je trouve ce terme beaucoup trop médical), nous sommes sereins.

Nos enfants sont certes atypiques, mais jusqu’à présent cette particularité leur a été plutôt favorable. Ils font partie des EIP qui s’épanouissent à l’école et ils ont eu la chance d’avoir des enseignants qui ont toujours su leur éviter l’ennui, assouvir leur curiosité et garder intacte leur soif d’apprendre. Et pour mettre en place des solutions adaptées à chacun, les classes multi-niveaux de nos petites écoles rurales sont idéales !
Je sais que pour bien des parents la scolarité des enfants précoces est semée d’embûches, alors je mesure notre chance et j’espère qu’elle durera !

Enfin, je termine avec un point vocabulaire.
Dans ce billet j’ai choisi d’utiliser l’acronyme EIP pour Enfant Intellectuellement Précoce, parce qu’il s’agit du terme le plus utilisé actuellement, notamment au sein de l’Éducation Nationale. Je ne suis cependant pas certaine que le terme « précoce » soit le meilleur, puisqu’il induit la notion de « faire avant les autres », or il ne s’agit pas d’enfants en avance, mais bien d’enfants qui ont un raisonnement différent.  Je ne suis pas non plus à l’aise avec le terme « surdoué », qui induit une échelle de valeur qui n’a pas lieu d’être. Cela fait soit prétentieux, soit bête de foire… On trouve aussi « enfant à haut potentiel », pourquoi pas, même si c’est assez vague. Et puis tous les enfants ont du potentiel, non?!

De plus en plus de parents utilisent le terme de « zèbre », qui a le mérite de bien refléter le côté original/un peu à part/étonnant de nos gamins, mais que j’ai du mal à me l’approprier. C’est peut-être très mignon dans un contexte personnel et privé, mais pas très sérieux dans un cadre plus académique…
Une expression comme « enfant au raisonnement atypique » me paraît plus pertinente, mais c’est vrai que ce n’est pas non plus hyper précis.

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Notez toutefois que EIP prend parfois tout son sens si on le traduit par Enfant Infiniment Pénible ! Ça se vérifie très bien chez nous ;-)

Même si on s’en foot un peu…

Même si on s’en foot un peu…

Nous ne sommes pas foot. Nous ne sommes déjà pas vraiment sport dans l’absolu, mais alors foot encore moins. Ni Papa-des-Champs, ni moi. Du coup, les enfants non plus. Ils savent seulement que le foot se joue avec un ballon, peut-être savent-ils vaguement qu’il faut faire entrer ce ballon dans des cages, mais pas plus. Le seule référence foot qu’ils ont, ça doit être les grands de l’école qui y jouent dans la cour de récré…

Nous connaissons à peine quelques équipes, dont on entend vaguement les noms à la radio à la fin des infos. Je sais que Saint-Etienne c’est les verts, et qu’avant ils étaient vachement forts, mais ça c’est parce que j’ai une culture années 80 très développée… Les seuls joueurs que je pourrais citer sont ceux de 1998, et je ne suis pas certaine d’avoir vu d’autres match depuis. Bref, à la maison, nous sommes archi-nuls en foot. C’est à peine si je savais que l’Euro se jouerait en France cet été. Et j’avoue que je m’en fiche absolument !

Le truc, c’est que le marketing foot fonctionne tellement bien, que ce samedi, lors d’un passage express au petit Carrefour du coin, Poussin s’est fait refourguer des images Panini de l’équipe de France. Deux paquets, qu’il a partagés avec sa sœur en rentrant à la maison. Et bien qu’ils se fichent complètement du foot, ça leur a plu. Beaucoup plu, d’ailleurs, si bien qu’ils ont passé un bon moment à les regarder, à les commenter, à jouer avec. Par contre on a dit non quand ils ont fait mine de les coller sur le frigo ! Lundi, nous avons trouvé une nouvelle image planquée dans je ne sais plus quel emballage alimentaire, cette fois avec la photo d’un joueur (Paul Pogba, un nom que je n’avais jamais entendu avant). Les enfants ont adoré pouvoir mettre un nom sur ce visage, et n’ont toujours pas eu le droit de coller la figure de ce brave garçon sur le frigo…

Ce qui est drôle, c’est que mine de rien ces petites cartes ont été l’occasion de discuter de plein de sujets.

Nous avons parlé un peu de sport, bien sûr, et plus particulièrement de football. Oui, sur cette image ils sautent tous en même temps, parce qu’à mon avis ils ont marqué un but et ça les rend contents. Non, le numéro sur le maillot de Paul Pogba n’est pas là pour indiquer son âge, regarde, chaque joueur a son propre numéro. A Belette qui pouffait, parce que « ppfff, ils ont tous le même pull », j’ai aussi expliqué le principe d’avoir une seule et même couleur pour chaque équipe, et le bleu pour la France.

Nous avons parlé coupes de cheveux aussi, parce qu’effectivement les coiffures des footballeurs sont un peu plus originales que celles qu’ont croise par chez nous.

Nous avons encore parlé couleur de peau avec Belette, qui est en pleine phase  » pourquoi il est marron le monsieur? « . Un sujet beaucoup plus simple à aborder tranquillement à la maison qu’à la caisse du Leclerc avec une fillette qui parle fort. Ce qui nous a également permis de parler géographie. Le truc, c’est que le manuel de lecture de Poussin comporte une partie sur La Réunion, et qu’il travaille dessus en classe. Il se passionne pour le sujet d’ailleurs, c’est vraiment chouette ! Sauf que du coup, dès qu’il voit quelqu’un de plus ou moins mat, il s’imagine qu’il vient de l’île de La Réunion. Alors on a utilisé le globe, on a expliqué les différences entre couleur de peau, nationalité, tout ça tout ça. Des trucs que certains adultes ont parfois du mal à saisir, mais finalement à quatre et six ans ils pigent plutôt bien ;-)

Comme on est nuls en foot et qu’on est bien incapables de nommer les joueurs sur les images Panini, les enfants se sont vraiment attachés au seul joueur dont nous nommes sûrs du nom : Paul Pogba. Ils lui font vivre des tas de trucs en utilisant sa photo, c’est surréaliste et franchement marrant ! Je ne retrouve plus sa photo du coup, il vit certainement une aventure palpitante dans une des chambres…  Il part quelquefois faire des promenades avec les Playmobils, va en vacances à La Réunion (Poussin est obnubilé, parce qu’en plus là-bas il y a des volcans, c’est juste le pied pour lui !!!). Cette semaine, j’ai même entendu le grand dire à la petite « attention je vais te coller Paul sur le front »… Un peu plus tard, pendant qu’ils étaient à l’école, j’ai vu que Poussin avait aussi écrit son nom sur le tableau…

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Je me moque bien de savoir qui gagnera quel match, je ne compte ni m’acheter une télé pour l’occasion, ni regarder les résultats des différentes équipes… Mais si je devais choisir un seul joueur à soutenir, obligé ce serait Paul !