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Les crises méridiennes…

Les crises méridiennes…

Comme toute gentille maman bien intentionnée, je me réjouis toujours d’aller chercher mes enfants à l’école à 11h45. Bon, oui, j’avoue, parfois je trouve que la matinée est passée bien vite et ça me coupe en plein boulot, parfois le repas n’est pas cuit et je dois arrêter le four avec du poulet à moitié cru dedans, et parfois j’ai terminé de travailler mais j’aurais bien aimé prendre le temps pour un petit café avant de partir. Ah oui, notons aussi que ça m’arrange d’être toujours un peu à la bourre… ça me dispense de participer aux discussions ras les pâquerettes d’une poignée de parents d’élèves ! Mais enfin dans l’ensemble, la perspective de retrouver mes poussinous me fait plaisir. J’adore quand ils me font coucou à travers la vitre en me voyant arriver, et quand je suis toute seule je leur fais des grimaces ou des têtes rigolotes :-)

Le truc, c’est que mes enfants, s’ils sont contents de me voir eux aussi, ont toujours un peu de mal à gérer la transition école / maman. Rien de dramatique dans l’absolu, c’est normal, et je suis habituée. Poussin était déjà particulièrement difficile à gérer lorsqu’il revenait de ses matinées de garderie à 2 ans, alors je suis rodée ! Aujourd’hui il est toujours susceptible au moment du retour à la maison mais ça va beaucoup mieux. Par contre Belette a pris le relais, et j’ai bien l’impression qu’elle le surpasse dans la catégorie « crise du retour » ! Ce qui formidable c’est qu’elle entraîne son frère, qui voit là une magnifique occasion de mettre sa douce susceptibilité au service d’une fraternelle dispute !

Ce qui déclenche ces fameuses crises du midi (appelons crises méridiennes) ? Un peu tout et n’importe quoi ! Allons-y pour un petit florilège !!!

– Il arrive parfois que Belette soit grognon dès qu’elle passe la porte de l’école, alors que tout allait bien en classe. Quand elle s’avance vers moi en traînant les pieds, tête penchée et regard vers le sol… sans perdre une seconde je me mets en mode patience !

– Arrivés à la voiture,  de nombreuses sources de mécontentement s’offrent à nous. Belette qui veut monter toute seule sauf qu’elle n’arrive pas encore à grimper sans se frotter aux bas de caisse… ce qui est juste impossible quand il pleur et que c’est tout boueux ! Poussin qui se vexe parce que je lui demande de ne pas apostropher en hurlant  ses copines qui se trouvent de l’autre côté de la rue… L’un qui veut mettre la radio, alors que l’autre veut mettre un CD… L’un qui veut ouvrir sa fenêtre alors qu’il fait 8° et  qu’il pleut… L’autre qui me demande de fermer la mienne alors qu’il fait 28° et qu’on a tous très chaud…

– Le mercredi matin, une des atsem ne travaille pas, mais elle dépanne généralement des voisins en allant récupérer leur fille à l’école. Dès qu’ils sortent, Poussin et Belette se précipitent pour pour lui faire un bisou (comme s’ils ne l’avaient pas vue depuis des mois, alors qu’ils l’ont vue la veille et la retrouveront le lendemain), ce qui est très mignon mais un peu agaçant parce que c’est souvent à ce moment-là que le minibus du ramassage scolaire arrive devant l’école. Et que lorsqu’il s’agit d’aller embrasse S., mes lutins relous n’ont aucune conscience du danger.

– Si je suis un peu juste au niveau du timing et que l’atsem en question est déjà partie, bien évidemment les enfants râlent ! Voire il faut les empêcher de se traîner par terre en couinant…

– Normalement, quand tout s’enchaîne bien, on croise S. et la petite fille qu’elle vient chercher un peu plus loin, au détour d’un tout petit chemin perdu entre deux prés. Elles sont à pied et nous en voiture, et on se fait coucou. Avec des grands gestes, un peu comme dans cette scène mythique de La Cité de la peur. Encore une fois, si le timing est mauvais, c’est le drame ! Sans public, mes enfants ont nettement moins de retenue et n’hésitent pas à hurler dans la voiture, en tapant éventuellement des pieds contre les sièges avant… Moi, j’ai juste envie de piler et de hurler aussi, mais je me retiens !

-Pour sortir du village en direction de notre hameau, deux routes sont possibles : soit la vraie route goudronnée qui allonge le trajet, soit un petit chemin à sens unique tout défoncé avec plein d’herbe au milieu. On prend donc le petit chemin, plus rapide. Sauf que pour faire plaisir aux enfants, parfois on a pris le grand… Si bien qu’à un moment, avant de démarrer, une dispute éclatait systématiquement entre celui qui voulait le grand côté, et celui qu voulait le petit ! Avec des hurlements, des pleurs, et quand par miracle ils voulaient tous les deux le grand côté, c’était trop tard pour faire demi-tour… J’ai réglé le problème en expliquant que depuis l’école, c’était le petit côté, un point c’est tout !!! Ce qui n’empêche pas Belette, quand ça lui prend, de chouiner parce que « mais moi je voulais le grand côtéééé »…. alors qu’on a roulé plus de 500 mètres et qu’il est totalement exclu de rebrousser chemin…

– Sur le chemin du retour, en plus des vaches et des chevaux dans les prés, on croise souvent des écureuils ou des chats. Plus rarement des biches ou des chevreuils, qui sortent plutôt à la tombée de la nuit, mais ça arrive. Inutile de préciser que si un des enfants ne voit pas l’animal trop choupi-mignon qui vient de passer, c’est aussi le drame !

– Evidemment, il y a aussi des chamailleries parce que tout le monde veut parler en même temps. Et des cris stridents si Poussin a le malheur de me raconter quelque chose que Belette aurait voulu me raconter elle-même. Et des pleurs si cette fois c’est Belette qui m’explique que son frère a fait un puzzle alors qu’en fait non, pas du tout, il a fait du graphisme !

– Arrivés à la maison, il y a toujours une crise à propos du poulailler. D’abord, Belette braille pour que son frère l’attende et n’ouvre pas le pondoir sans elle. Ensuite, s’il n’y a qu’un seul œuf à récupérer, il faut se mettre d’accord pour choisir qui le portera. En général ils trouvent le fameux compromis « tu le portes un peu après c’est moi »… sauf que Belette a une nette tendance à ne pas vouloir rendre l’œuf une fois qu’elle l’a dans la main ! Quand ça dégénère c’est moi qui porte l’œuf, les enfants hurlent, et je menace de récupérer les œufs AVANT d’aller les chercher à l’école la prochaine fois. Comme si j’avais le temps !

– Pour finir, il y a les disputes pour savoir qui se lavera les mains en premier, ou Belette qui explique qu’elle n’a pas besoin de se laver les mains parce qu’elle n’a touché à RIEN à l’école… Les énormes déceptions parce qu’on mange des haricots alors que lui voulait des petits pois, ou parce que je n’ai pas mis le bon verre, ou parce que pour une fois que j’ai pensé aux sets de table Belette n’en veut pas…

Je fais ce que je peux pour garder mon calme, et puis parfois je n’y arrive pas, surtout les jours où j’ai mal à la tête. Parfois j’ai envie de rebrousser chemin et de les déposer à la cantine, mais là encore je me retiens. Tous les jours je leur explique que ça m’embête vraiment que tout le monde râle et se dispute en rentrant à la maison, que je comprends leur fatigue / énervement / colère mais que purée de crotte de bique, c’est fichtrement difficile pour moi ! Je les félicite aussi quand tout va bien ou presque, et je me réjouis parce que je sais que ça ne pourra qu’aller mieux.

Heureusement il leur arrive d'être adorables et de m'offrir des bouquets cueillis dans la cour :)

Heureusement il leur arrive d’être adorables et de m’offrir des bouquets cueillis dans la cour :)